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Les exportations de patates de l’Î.-P.-É. reprendront « bientôt » vers les États-Unis

Des sacs de pommes de terre.

Les pommes de terre de l'Île-du-Prince-Édouard peuvent reprendre la route des États-Unis (archives).

Photo : CBC/Kirk Pennell

Les agriculteurs de l'Île-du-Prince-Édouard pourront « bientôt » recommencer à exporter leurs pommes de terre de table aux États-Unis, plusieurs mois après la suspension par le Canada des exportations, en raison de la découverte de cas de galle verruqueuse dans des champs.

Le département américain de l'Agriculture a publié jeudi un communiqué de presse indiquant que les deux pays sont parvenus à un accord. Aucune date n'est toutefois avancée pour la reprise des exportations.

L'Agence canadienne d'inspection des aliments lèvera donc son interdiction d'exporter des pommes de terre de l'Île-du-Prince-Édouard. Une interdiction demeure toutefois en vigueur pour les pommes de terre de semence ou de transformation.

Le département américain de l'Agriculture indique que les exportations peuvent reprendre sous certaines conditions, notamment que les pommes de terre proviennent uniquement de champs qui n’ont pas eu de cas de galle verruqueuse – un champignon qui défigure les pommes de terre et réduit leur rendement, mais n'est pas dangereux pour la santé – et qu'elles soient lavées et traitées pour empêcher la germination avant leur sortie de la province.

La ministre de l'Agriculture Marie-Claude Bibeau et le député insulaire Lawrence MacAulay se sont rendus à Washington le 27 janvier 2022.

La ministre de l'Agriculture Marie-Claude Bibeau et le député insulaire Lawrence MacAulay se sont rendus à Washington à la fin janvier pour tenter de dénouer l'impasse qui paralyse l'industrie de la pomme de terre de l'île (archives).

Photo : CBC

La découverte de cas de galle verruqueuse dans deux champs de l’île avait mené, en novembre, à l’arrêt en des exportations de pommes de terre fraîches, celles qui servent à la consommation directe et à la transformation.

L'Agence canadienne d'inspection des aliments a interrompu les expéditions de pommes de terre vers les États-Unis, car elle craignait que les États-Unis le fassent si le Canada n'agissait pas. Le gouvernement canadien craignait qu'une action américaine ne soit plus difficile à infirmer.

Une décision très attendue

Le premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard, Dennis King, a annoncé ce qu'il qualifie de bonne nouvelle très attendue à l'Assemblée législative jeudi.

Il a toutefois dit que certains des protocoles auxquels seront soumises les pommes de terre de l'île sont un peu préoccupants.

Le chef de l'opposition, Peter Bevan-Baker, s'est également réjoui de cette nouvelle, en précisant toutefois que le diable sera dans les détails.

Les exportations vers Porto Rico ont repris au début du mois de février. Le Conseil de la pomme de terre de l'Île-du-Prince-Édouard a déclaré que l'industrie sur l'île avait perdu plus de 25 millions de dollars avant la reprise des exportations vers Porto Rico.

Des agriculteurs soulagés

Deux hommes dans un tracteur

Robert Arsenault, à droite, accueille avec soulagement l'annonce de la reprise des exportations de pommes de terre (archives).

Photo : Radio-Canada

Sans surprise, la nouvelle est très bien accueillie par les producteurs de pommes de terre insulaires.

C'est de très bonnes nouvelles. Elles sont un peu en retard, mais au moins on a eu des nouvelles. Pour une fois, c'est encourageant, affirme l'agriculteur Robert Arsenault, qui a une ferme à Urbainville dans la région Évangeline.

Toutefois, cette décision ne signifie pas la fin de ses soucis.

Robert Arsenault a dû détruire 7 millions de livres de pommes de terre depuis le début de la crise. Il a encore 3 millions de livres de pommes de terre à écouler, mais il ne sait pas s'il pourra les envoyer aux États-Unis, en raison des nouvelles conditions d'exportation.

Ses pertes pourraient atteindre 1 million de dollars.

Si je peux vendre le restant de nos 3 millions [de livres de pommes de terre] qu'on n'a pas détruit encore... Le futur va dire si ce sera [des pertes de] moins d'un million de dollars ou pas, dit-il.

Au cours des quatre derniers mois, les agriculteurs de l’île ont dû détruire environ 300 millions de livres de pommes de terre. Environ 43 millions de dollars ont été versés en subvention aux producteurs pour les aider à traverser la crise.

L'industrie en bref

L’industrie de la pomme de terre de l'Île-du-Prince-Édouard génère environ 1,3 milliard de dollars par année.

Chaque année, la province exporte pour plus de 125 millions de dollars de pommes de terre aux États-Unis.

Environ 9 millions d'Américains consomment des pommes de terre prince-édouardiennes chaque année.

Avec des informations de Michèle Brideau, de Gabrielle Drumond, de La Presse canadienne et de CBC

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