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Le Faubourg Mena’Sen vendu à des propriétaires privés

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Cette vente fait craindre une hausse des prix pour ce complexe où les logements sont abordables.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le Faubourg Mena’Sen passe aux mains d'entrepreneurs privés. Ce complexe de 170 logements abordables pour personnes âgées, situé sur le boulevard Saint-François, à Sherbrooke, était géré par un organisme à but non lucratif, la Cité des retraités. Il a été vendu à des promoteurs immobiliers au prix de 18 millions $.

Cette vente préoccupe la Ville de Sherbrooke, mais aussi l’Association québécoise de défense des droits des personnes préretraitées, retraitées et aînées (AQDR) de l'Estrie et la Fédération des OSBL d’habitation de l’Estrie et de la Montérégie.

Avec ce qu’on voit au niveau de la crise du logement, c’est une inquiétude, souligne la coordonnatrice de la section estrienne de l’AQDR, Isabelle Guérard, qui s’inquiète de la potentielle hausse du prix des loyers.

Dans d’autres immeubles locatifs, on a vu des augmentations entre 3 et 23 %. À ce moment-là, dans le cadre du budget d’une personne aînée, ça peut amener des soucis importants, souligne-t-elle.

C’est comme ça que les spéculateurs augmentent beaucoup les loyers, quand il y a un changement de locataire, explique pour sa part le directeur de la Fédération des OSBL d’habitation de l’Estrie et de la Montérégie, Martin Bécotte.

« C’est une grande perte pour la communauté de Sherbrooke. C’est un tiers des logements financés par les programmes fédéraux dans les années 1980 que la communauté vient de perdre. »

— Une citation de  Martin Bécotte, directeur de la Fédération des OSBL d’habitation de l’Estrie et de la Montérégie.

Ça me préoccupe, on ne peut pas s’assurer de l’abordabilité des logements sur la bonne volonté des gens, réagit pour sa part la mairesse de Sherbrooke, Évelyne Beaudin.

Selon la mairesse, la meilleure garantie d’abordabilité va toujours rester d’avoir un propriétaire qui est à but non lucratif ou une coopérative.

Pour la coordonnatrice en Estrie de l’AQDR, le problème peut aussi venir de la notion d'abordabilité.

« Aujourd’hui, il faut faire attention au mot abordable. On n'a pas la même notion de l’abordabilité entre certains politiciens et les personnes qui doivent faire des choix tous les mois sur ce qu’ils vont manger, est-ce qu’ils prennent leurs médicaments ou ils sautent une journée pour payer le loyer. »

— Une citation de  Isabelle Guérard, coordonnatrice en Estrie de l’AQDR.

Pour l’Association québécoise de défense des droits des personnes préretraitées, retraitées et aînées, l’important est d’avoir une stabilité pour les personnes du Faubourg Mena’Sen.

Un promoteur a été joint par l’équipe de l’émission Vivement le retour, qui a refusé la demande d’entrevue, mais qui a affirmé qu'il n'avait pas l’intention d’augmenter de façon significative les loyers. Il prévoyait limiter cette hausse à 1,5% ou 2%.

18 millions qui iront à qui?

Vendu par la Cité des retraités de l’Estrie, qui est un organisme à but non lucratif, le montant de cette vente leur revient. Martin Bécotte rappelle qu’habituellement, lors de la dissolution d’un tel organisme, l’argent qui reste est distribué à d’autres organismes semblables.

Ce sont des immeubles qui ont été financés par les contribuables au départ, souligne-t-il.

Toutefois, il déclare ne pas être au courant de la volonté du conseil d’administration concernant ce montant, ni même si la Cité des retraités de l’Estrie souhaite exploiter ces sommes ou bien dissoudre l’organisme.

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