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L’ONU condamne le tir de missile intercontinental lancé par la Corée du Nord

Un homme regarde un écran de télévision.

Un homme regarde un écran de télévision montrant des images d'archives d'un essai de missile nord-coréen.

Photo : Getty Images / ANTHONY WALLACE

Agence France-Presse

La Corée du Nord a tiré jeudi un missile balistique intercontinental (ICBM) qui est arrivé jusque dans la zone maritime économique exclusive du Japon, rompant un moratoire qu'elle observait depuis 2017 et s'attirant une ferme condamnation de l'ONU.

Le président sud-coréen Moon Jae-in a confirmé, dans un communiqué, que le projectile lancé par Pyongyang en direction de la mer du Japon était un ICBM.

Le président sud-coréen, Moon Jae-in.

Le président sud-coréen, Moon Jae-in, lors d'une réunion du Conseil de sécurité nationale à Séoul

Photo : Associated Press

« [Il s'agit] d'une rupture de la suspension des lancements de missiles balistiques intercontinentaux promise par le président Kim Jong-un à la communauté internationale. »

— Une citation de  Moon Jae-in, président sud-coréen

L'armée sud-coréenne a indiqué avoir riposté en tirant des missiles depuis le sol, la mer et les airs vers le large de ses côtes.

L'ONU a condamné jeudi avec force ce tir et a sommé Pyongyang de cesser toute action jugée contre-productive et qui attise les tensions en Asie.

Le Conseil de sécurité devrait se réunir vendredi à la demande des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France, l'Albanie, l'Irlande et la Norvège face à ce tir sans ambiguïté par la Corée du Nord, ont indiqué des diplomates à l'AFP.

Le lancement d'un missile de longue portée fait courir le risque d'une escalade des tensions dans la région, a déclaré Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Le secrétaire général presse la République populaire démocratique de Corée (RPDC) de ne pas entreprendre davantage d'actions contre-productives.

Le premier ministre japonais, Fumio Kishida, a dénoncé un acte scandaleux et impardonnable. Le régime nord-coréen menace la paix et la sécurité du Japon, de la région et de la communauté internationale, a-t-il déclaré depuis Bruxelles, où il se trouve pour un sommet du G7.

M. Kishida et le président américain Joe Biden ont pu s'entretenir de cette nouvelle crise en marge du G7, selon un responsable de la Maison-Blanche.

Condamnant avec force le nouveau tir, la Maison-Blanche a assuré que les États-Unis prendraient toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité du territoire américain, de la Corée du Sud et du Japon.

Ce nouveau tir démontre que la Corée du Nord continue de donner la priorité à ses armes de destruction massive et à ses programmes de missiles balistiques sur le bien-être de son peuple, a déclaré la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, dans un communiqué.

Lors d'un entretien téléphonique jeudi soir, le ministre japonais des Affaires étrangères, Yoshimasa Hayashi, et le secrétaire d'État américain Antony Blinken, ont fermement condamné ce tir, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères de Tokyo.

Mettre Washington dans l'embarras

Kim Jong-un a décidé de mettre l'administration [américaine, NDLR] dans l'embarras au moment où [Joe Biden] se trouve en Europe pour un sommet de l'OTAN, estime Harry Kazianis, du centre d'études conservateur Center for the National Interest.

Le dirigeant nord-coréen prouve que Pyongyang et ses missiles sont là pour de bon, ajoute-t-il.

À son arrivée à la Maison-Blanche en 2021, Joe Biden avait promis de recentrer la stratégie américaine, plutôt axée sur l'Europe et le Moyen-Orient, vers l'Asie, où l'influence grandissante de la Chine représente ce que Washington considère comme le principal défi du 21e siècle.

Un an plus tard, le président américain doit mener la riposte occidentale à l'invasion russe de l'Ukraine, qui représente la menace la plus grave pour la sécurité du continent européen depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les résolutions de l'ONU interdisent à la Corée du Nord, frappée par de lourdes sanctions internationales pour ses programmes nucléaires et d'armement, de procéder à des essais de missiles balistiques. Ce qui n'a pas empêché Pyongyang de réaliser une dizaine de tests de ce type d'arme depuis le début de l'année.

Mais il ne s'agissait pas jusqu'à présent de missiles intercontinentaux, même si Washington et Séoul soupçonnent le régime nord-coréen d'avoir testé certains systèmes d'ICBM lors de ces lancements.

Pyongyang avait effectué trois lancements d'ICBM en 2017. L'engin alors testé, le Hwasong-15, était capable d'atteindre les États-Unis.

Fumio Kishida dans son bureau.

Le premier ministre japonais, Fumio Kishida (archives)

Photo : AFP / STR

Le missile balistique a volé pendant 71 minutes et est tombé vers 15 h 44 (6 h 44 TMG) dans la zone économique exclusive, dans la mer du Japon, à environ 150 km à l'ouest de la péninsule d'Oshima dans l'île septentrionale de Hokkaido, a déclaré le numéro deux du ministère japonais de la Défense, Makoto Oniki.

Étant donné que le missile balistique a cette fois-ci volé à une altitude de plus de 6000 km, ce qui était beaucoup plus haut que l'ICBM Hwasong-15 qui a été lancé en novembre 2017, on pense que celui d'aujourd'hui est un nouvel ICBM, a-t-il ajouté.

Selon Séoul, un essai de missile par la Corée du Nord le 16 mars dernier s'est soldé par un échec, le projectile explosant dans le ciel au-dessus de Pyongyang peu après son lancement depuis l'aéroport de Sunan, au nord de la capitale. Le régime a gardé un silence complet sur cet événement.

Pyongyang a mené le lancement d'aujourd'hui pour maquiller ce ratage, a affirmé à l'AFP Go Myong-hyun, chercheur à l'Institut d'études politiques Asan.

Des analystes s'attendaient à ce que Pyongyang, qui célébrera le 15 avril le 110e anniversaire de la naissance de Kim Il-sung, fondateur du pays et grand-père de Kim Jong-un, se livre à une démonstration de force pour marquer cette fête, la plus importante du calendrier politique nord-coréen.

Kim Jong-un considère comme très important de prouver qu'il est un dirigeant compétent avant le 110e anniversaire de Kim Il-sung, surtout à son propre peuple, a expliqué Cheong Seong-chang, du Centre d'études nord-coréennes de l'Institut Sejong.

Kim Jong-un a déclaré l'an dernier qu'améliorer les capacités militaires du pays était prioritaire pour le régime.

Priorité parmi les priorités : développer un ICBM capable de porter plusieurs ogives conventionnelles ou nucléaires suivant chacune une trajectoire indépendante, difficiles à intercepter par les systèmes antimissiles.

Ce missile, le Hwasong-17, a été surnommé le missile monstre par les analystes militaires. Il a été montré lors d'un défilé à Pyongyang en octobre 2020. On ignore à ce stade si c'est ce missile qui a été testé jeudi.

« Kim a probablement le sentiment que c'est le moment parfait pour développer des ICBM et rappeler au monde avec insistance que le Nord, contrairement à l'Ukraine, est un pays doté de l'arme nucléaire. »

— Une citation de  Ahn Chan-il, analyste spécialisé dans la Corée du Nord

Cet essai survient également alors que la Corée du Sud est en période de transition présidentielle, le chef de l'État sortant Moon Jae-in devant céder son fauteuil en mai au conservateur Yoon Suk-yeol, élu au début du mois et qui a promis d'adopter une ligne plus dure face aux provocations du Nord.

Nouvelles sanctions américaines

Par ailleurs, le département d’État a annoncé jeudi de nouvelles sanctions contre cinq personnes et entités situées en Russie, en Corée du Nord et en Chine pour des activités de prolifération. Selon le communiqué du département d’État, les activités de ces entités tombent sous la Loi de nanoprolifération décrétée contre l’Iran, la Corée du Nord et la Syrie.

Le communiqué précise que ces mesures visent à empêcher le programme nord-coréen de missiles et à souligner le rôle négatif de la Russie au niveau international de la prolifération de ces programmes.

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