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Près de 80 avis de non-conformité environnementale en 2021 en Abitibi-Témiscamingue

Un ruisseau aux couleurs verdâtres.

Le ruisseau Osisko, près du lac Rouyn (archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile

Radio-Canada a appris que 81 avis de non-conformité à la Loi sur la qualité de l’environnement ont été formulés en Abitibi-Témiscamingue en 2021. Une hausse de 23 % par rapport à 2020, où 62 avis avaient été délivrés.

Nombre d’avis de non-conformité environnementale en Abitibi-Témiscamingue

Année

Nombre d'avis de non-conformité

2021

81

2020

62

2019

N.D

2018

133

Comme l’année précédente, la Fonderie Horne de Rouyn-Noranda est l'entreprise ayant reçu le plus grand nombre d’avertissements, soit cinq.

Ayant de la difficulté à respecter la norme de toxicité à la daphnie à l’effluent numéro 12 depuis plusieurs années, la Fonderie s’est vu remettre quatre avis de non-conformité en lien avec ce problème de traitement des eaux l’an dernier. Un plan d’action a été déposé en décembre 2020 afin de corriger la situation.

L'effluent

Un effluent est de l’eau des installations d’une entreprise et qui s’écoule dans d’autres étendues d’eau. L’effluent no 12 de la Fonderie Horne se répand dans le ruisseau Osisko, visible de la piste cyclable du même nom et parvient au lac Rouyn.

Afin de calculer la toxicité au no 12, un échantillon d’eau est extrait à l’effluent et on introduit 10 truites et 10 daphnies (petits crustacés). La Fonderie Horne a donc pour problème les daphnies, puisqu’elles ne survivent pas à l’eau de l’effluent.

Glencore, propriétaire de la Fonderie Horne, a refusé notre demande d’entrevue. Par courriel, elle rappelle avoir amorcé un projet pilote visant à restaurer la qualité de l’eau sur laquelle influe l’effluent no 12. Il comprend l’installation d’une structure de déviation sous forme de rideau flottant de PVC sur le lac Osisko.

Un ruisseau dont la couleur de l'eau est verdâtre.

Le ruisseau Osisko se jette dans le lac Rouyn.

Photo : Radio-Canada

Selon l’entreprise, ladite structure permettrait de réunir la grande majorité des sources d’eau provenant de la fonderie et du bassin versant et contenant des métaux au même endroit dans le bassin pour favoriser l’efficacité du traitement avec des produits spécialisés. Elle augmenterait également la durée du passage de l’eau dans le bassin pour aider au nettoyage des métaux.

La Fonderie Horne siège à la table de concertation de l’Organisme de bassin versant du Témiscamingue (OBVT). Cette dernière tente de cerner les problèmes en lien avec la qualité de l’eau des lacs et des rivières d’une partie de la région. Le directeur général de l’OBVT, Yves Grafteaux, mentionne que plusieurs aspects liés à la Fonderie Horne sont surveillés par son organisme.

Il y a la norme pour le rejet de métaux, le respect du pH avec l’acidité de l’effluent et d’autres sortes de préoccupations dans leurs rejets. Ça reste des questions complexes et nous sommes à même de constater qu’ils font des efforts pour trouver des solutions, même si elles ne sont pas toujours faciles, fait-il remarquer.

Le cinquième avis de non-conformité concerne l’émission de poussières provenant du parc à résidus Quémont-2. La direction mentionne que l’événement est survenu à la fin du mois de novembre 2020 et les futurs travaux d’amélioration du parc ont été précipités.

Canadian Malartic

Le Partenariat Canadian Malartic arrive au deuxième rang des entreprises s’étant vu remettre le plus d’avis de non-conformité environnementale, soit un total de quatre, dont une en attente de réception.

Deux des avis concernent la mine Odyssey quant à l’installation d’un réseau de distribution d’eau potable et à l’usine qui la produit. Les deux autres touchent l’installation de la mine Canadian Malartic à propos d’une plateforme de concasseur mobile saisonnier.

La coulée de béton débute près du sol à Malartic.

Le chevalement de la mine Odyssey lors de la construction (archives)

Photo : Facebook : Partenariat Canadian Malartic

La direction n’a pas voulu accorder d’entrevue, mais explique par courriel travailler avec le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques [MELCC] afin d’améliorer les pratiques. Un plan correcteur a été soumis au MELCC, que ce soit pour les avis de la mine Odyssey ou ceux de la mine Canadian Malartic.

Une diminution marquée du nombre d’avis de non-conformité depuis le démarrage de la mine Canadian Malartic en 2011 est toutefois constatée par la minière. Elle affirme qu’entre 2011 et 2015, elle recevait plusieurs dizaines d’avis par année. En 2015, moins de quinze. De 2017 à 2020, entre quatre et un avis annuellement.

Fromabitibi

Tout comme le Partenariat Canadian Malartic, la fromagerie Fromabitibi de Macamic s’est vu remettre quatre avis de non-conformité, tous en lien avec le non-respect d’autorisations en vigueur au MELCC.

L'entreprise Fromabitibi de Macamic.

L'entreprise Fromabitibi de Macamic (archives)

Photo : Radio-Canada / Boualem Hadjouti

Invité à commenter les avis de non-conformité, le propriétaire de Fromabitibi, Guillaume Lemieux, répond qu’il s’agit de documents manquants concernant les fosses septiques. Il assure que sa fromagerie n’a pas enfreint de règles pouvant avoir directement des répercussions sur l’environnement. Les avertissements ont d’ailleurs été remis la même journée, selon lui.

Poser des questions

La directrice générale du Conseil régional de l’environnement de l’Abitibi-Témiscamingue (CREAT), Clémentine Cornille, trouve énorme le nombre d’avis de non-conformité environnementale donnés dans la région l’an dernier.

Le CREAT siège d’ailleurs dans près d’une quarantaine de comités environnementaux d’entreprises ou d’organismes. Selon la directrice générale, il s’agit de la meilleure façon d’exercer le rôle de vigie environnementale du Conseil.

Adresser des questions, voir s’il y a des enjeux. On se retourne donc vers les différents contrevenants. [...] Le plus souvent, ça va vraiment avec la volonté du promoteur de partager les informations. Nous travaillons donc à en avoir le plus possible, spécifie Mme Cornille.

Clémentine Cornille, directrice générale du Conseil régional de l'environnement de l'Abitibi-Témiscamingue (CREAT).

Clémentine Cornille, directrice générale du Conseil régional de l'environnement de l'Abitibi-Témiscamingue (CREAT).

Photo : Crédit photo / Marina Fontaine

Clémentine Cornille rappelle que les citoyens peuvent dénoncer des infractions commises par des entreprises ou des individus à la Loi sur la qualité de l’environnement au MELCC. Le CREAT peut également les appuyer et les diriger vers la bonne ressource.

Au moment d’écrire ces lignes, nous étions toujours en attente d’une réponse de la part du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, que nous avons invité à commenter les différents avis de non-conformité.

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