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Des quartiers résidentiels de Kiev touchés par des frappes russes

Une femme, debout au milieu de décombres, tient dans sa main un cadre endommagé contenant des photos de famille.

Natalie, une professeure ukrainienne retraitée, ramasse des souvenirs dans les décombres de sa maison, touchée par une frappe russe, mercredi, à Kiev.

Photo : Reuters / SERHII NUZHNENKO

Radio-Canada

Des bombes se sont abattues mercredi sur des quartiers résidentiels et un centre commercial du nord-ouest de Kiev, faisant un mort et six blessés, selon les autorités locales.

Selon le maire de la capitale, Vitali Klitschko, une frappe visant le stationnement d'un centre commercial a fait un mort et deux blessés, dans le quartier nord-ouest de Podilsk.

Un média en ligne, The Insider, a confirmé qu'une de ses journalistes, Oksana Baulina, avait été tuée à Podilsk. Elle avait fui la Russie pour enquêter sur la corruption au sein du gouvernement russe, écrit-il.

Plus tôt en matinée, des bombes avaient touché les quartiers de Chevtchenkivsky et Sviatoshynsky, faisant quatre blessés, selon un bilan de la municipalité.

Une maison a été totalement détruite et incendiée et plusieurs immeubles d'habitation ont été grêlés d'éclats d'obus et leurs vitres ont été soufflées.

Les deux quartiers sont situés à quelques kilomètres seulement de la ligne de front la plus proche, dans les environs d’Irpin, où de violents combats ont été signalés ces derniers jours.

Trois pompiers au travail dans les décombres fumants d'une maison détruite.

Des pompiers ukrainiens à pied d'œuvre dans un quartier touché par des tirs d'artillerie russes mercredi matin.

Photo : Reuters / MARKO DJURICA

Je rentrais de fumer une cigarette dehors quand, tout d'un coup, boum, le plafond s'est effondré, a raconté à l'AFP Volodymyr Okhrimenko, un retraité occupant l'une des maisons touchées. Il s'en est sorti avec une simple égratignure au front.

« J'ai perdu connaissance quelques instants, avant de pouvoir me relever. Nous étions trois, avec ma sœur et son mari, dans la maison partagée par deux familles. [...] Personne n'est mort. »

— Une citation de  Volodymyr Okhrimenko, victime d'une frappe russe

J'ai juste eu le temps de prendre quelques documents et de sortir, avant que la maison ne prenne feu, a témoigné sa sœur, choquée et les yeux rougis par la fumée.

Les quartiers touchés mercredi sont situés à quelques kilomètres au sud du centre commercial qui a été oblitéré dimanche par une autre frappe russe. Moscou a soutenu que l’armée ukrainienne y dissimulait pièces et munitions d'artillerie.

Un homme près d'une tour d'une douzaine d'étages, dont un mur a été percé. Plusieurs fenêtres de l'immeuble ont volé en éclats.

Un homme marche près d'une tour d'habitation endommagée par des tirs d'artillerie russes, mercredi, à Kiev.

Photo : Reuters / SERHII NUZHNENKO

Les bombardements russes sur Kiev ont été sporadiques ces derniers jours. Des parties de missiles, abattus par les défenses antiaériennes, ont toutefois fait des dégâts sur des immeubles et ont causé des pertes civiles.

Des drones suicides ou larguant des bombes sont également employés par l'armée russe au-dessus de la capitale, hérissée de points de contrôle, alors que tranchées et postes de combat sont aménagés à tous les coins de rue.

L'armée russe recule, selon le maire de Kiev

Kiev reste un objectif de l'armée russe, mais celle-ci est bloquée ces dernières semaines au nord-ouest et à l'est de la capitale ukrainienne, et a dû reculer ces derniers jours sur plusieurs de ces fronts, a affirmé mercredi le maire Klitschko.

Il y a toujours beaucoup d'attaques venant du nord et de l'est de notre ville, a expliqué M. Klitschko au cours d'une conférence de presse donnée au pied d'une célèbre statue de l'Archange Saint-Michel dans un parc historique du centre-ville dominant le fleuve Dniepr, qui traverse la capitale.

Près de Brovary (périphérie est de Kiev), depuis le nord derrière Liutij, se déroule une grande bataille, et selon des informations de sources officielles, la petite localité de Makariv (ouest) et la presque totalité d'Irpin (nord-ouest) sont déjà sous contrôle des soldats ukrainiens, a-t-il affirmé.

Deux hommes parlent dans des micros dans un parc. Une nuée de journalistes et de photographes les écoutent.

Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, et son frère Wladimir, en conférence de presse, mercredi, dans un parc de la capitale. Selon le maire de la capitale, 264 citoyens de Kiev ont été tués par des bombardements russes lors des quatre premières semaines de conflit.

Photo : La Presse canadienne / AP/Vadim Ghirda

Les zones d'Irpin et de Liutij étaient toutes deux le théâtre d'intenses échanges d'artillerie, mercredi, avec notamment une forte activité à l'arrière du front d'Irpin, a constaté l'AFP. Ces lignes de front restent aujourd'hui interdites d'accès à la presse, après la mort de plusieurs journalistes dans cette zone.

« Notre message aux Russes : ''quittez notre pays, rentrez chez vous''. [...] Plutôt mourir que de se mettre à genoux devant les forces russes. Nous sommes prêts à défendre chaque immeuble, chaque rue, chaque recoin de notre ville. Toute la ville a désormais des postes de combat. »

— Une citation de  Vitaly Klitschko, maire de Kiev

L'armée ukrainienne avait annoncé, mardi, avoir repris la ville de Makariv, à quelques dizaines de kilomètres à l'ouest de Kiev. La ville relie la capitale à Lviv, point de transit pour tous les Ukrainiens qui veulent quitter le pays. Cette information ne peut être vérifiée de source indépendante.

« Les forces russes évoluent probablement vers un bombardement prolongé de villes ukrainiennes à cause de l'échec de sa campagne initiale pour encercler Kiev et d'autres villes majeures. »

— Une citation de  Analyse de l'Institute for the Study of War

Plus de 100 000 civils toujours prisonniers de Marioupol

Environ 100 000 personnes sont toujours piégées à Marioupol, une ville portuaire du sud de l’Ukraine, un mois après le début de l’invasion russe. Et bien que les autorités ukrainiennes confirment la mise en place de corridors humanitaires, aucun n’est prévu dans cette ville pilonnée inlassablement par l’armée russe.

Dans une publication sur les réseaux sociaux, la vice-première ministre ukrainienne, Iryna Verechtchouk, affirme que neuf corridors ont été établis pour évacuer les civils pris dans les villes et villages du pays, mais il n’y a eu aucune entente concernant un corridor pour Marioupol.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé les forces armées russes d’avoir saisi un convoi humanitaire près de Mangush, à l’ouest de Marioupol.

Des employés des services d'urgence du pays et des chauffeurs d’autobus ont été faits prisonniers, a-t-il déclaré, ajoutant que 100 000 personnes restaient dans la ville et vivaient dans des conditions inhumaines. Dans un blocus total. Sans nourriture, sans eau, sans médicaments. Sous des tirs d'obus constants, sous des bombardements constants.

Malgré les obstacles à des évacuations, Volodymyr Zelensky a affirmé qu’un peu plus de 7000 résidents de Marioupol ont pu être évacués mardi.

Des dizaines de personnes, surtout des femmes et des enfants, marchent sur un quai.

Des réfugiés ukrainiens continuent d'affluer à la gare de train de Przemysl, en Pologne. Selon l'ONU, près de 10 millions d'Ukrainiens ont quitté leur foyer depuis le début de la guerre, dont 3,6 millions qui ont trouvé refuge à l'extérieur du pays.

Photo : Getty Images / Jeff J Mitchell

Les militaires ukrainiens soutiennent que les troupes russes sont démoralisées et que les officiels russes tentent d’enrôler d’anciens soldats afin de poursuivre l’effort de guerre.

Un haut dirigeant du port de Marioupol, qui a réussi à fuir la ville assiégée mardi, a confirmé à la BBC que la majorité de la ville avait été détruite, mais que le port restait largement intact.

L’homme, qui refuse d’être identifié pour des raisons de sécurité, a dit que six bateaux battant pavillon à l’extérieur de l’Ukraine sont prisonniers du port depuis le début de la guerre, mais que contrairement au reste de la ville, le port a souffert de relatifs petits bombardements.

Le port de Marioupol revêt une importance stratégique pour la Russie. Il s’agit du port le plus important de la mer d’Azov et d’un des plus importants en ce qui concerne l’exportation des produits agricoles ukrainiens.

Vue de l'hémicycle du parlement français. Le président Zelensky est visible sur des écrans.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est adressé par visioconférence mercredi aux parlementaires français. Il a dit attendre de la France qu'elle aide l'Ukraine à mettre fin à cette « guerre contre la liberté, l'égalité et la fraternité » et à adhérer à terme à l'Union européenne.

Photo : La Presse canadienne / AP/Francois Mori

L'armée russe accusée d'avoir détruit un laboratoire à Tchernobyl

Des responsables ukrainiens soutiennent que les Russes ont pillé et détruit un laboratoire sur le site de la centrale nucléaire de Tchernobyl.

Les occupants russes ont illégalement saisi le plus récent laboratoire, a déclaré l'Agence d'État ukrainienne pour la gestion de la zone d'exclusion dans un communiqué publié tard mardi.

Le laboratoire traite des déchets radioactifs et contient des échantillons hautement actifs et des échantillons de radionucléides qui sont désormais dans les mains de l'ennemi, a ajouté l'agence.

Le laboratoire a été décrit comme un complexe unique doté de puissantes capacités d'analyse non disponibles ailleurs en Europe.

Les Russes se sont emparés de la centrale dans les premiers jours de la guerre, retenant les travailleurs en otages pendant des semaines avant que certains ne soient libérés.

Au nord-est de Tchernobyl, les forces russes ont également bombardé et détruit un pont dans la ville encerclée de Tchernihiv, qui traversait la rivière Desna et reliait la ville à Kiev, a indiqué le gouverneur régional Viacheslav Chaus.

Les livraisons d'aide humanitaire et les évacuations de civils passaient par ce pont. Les autorités locales ont mis en garde contre une catastrophe humanitaire dans la ville, sans eau ni électricité.

Des blocs de béton et des sacs de sable sont placés devant une cathédrale.

À Odessa, dans le sud-ouest de l'Ukraine, les résidents se préparent depuis plusieurs jours à affronter un assaut de l'armée russe. Des blocs de béton et des sacs de sable ont été placés à de nombreux endroits.

Photo : La Presse canadienne / AP/Petros Giannakouris

À Soumy, à l'est de Tchernihiv, les forces russes n'ont pas encore réussi à encercler la ville, a déclaré un conseiller municipal, Andrei Baranov, à la BBC. Mais, selon lui, la ville peut tenir encore trois ou quatre semaines, sans plus.

Il souligne que des résidents peuvent toujours fuir vers Poltava, au sud, et que du matériel médical parvient dans la ville par le même couloir. Il n'en signale pas moins des pénuries de matériel médical et d'essence.

M. Baranov affirme que les bombardements russes ont touché des infrastructures importantes à Soumy, mais seulement une dizaine de maisons.

Kiev a aussi rapporté mercredi la mort de deux civils dans une frappe russe à Mykolaïv, où les Ukrainiens ont résisté jusqu'ici à toutes les attaques russes.

Mykolaïv a résisté jusqu'ici aux assauts russes, qui souhaitent prendre la ville pour pouvoir se rendre par voie terrestre à la ville portuaire d'Odessa, dans le sud-ouest du pays.

Avec les informations de Agence France-Presse, BBC, The Guardian, Associated Press, et New York Times

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