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Gestion des déchets : finis les sacs de surplus d’ordures à Gatineau

La Ville souhaite plutôt encourager les citoyens à utiliser des étiquettes

Des sacs de poubelle blancs avec le logo de la ville de Gatineau, placés sur le bord d'une rue.

Les Gatinois peuvent acheter des sacs supplémentaires pour les déchets qui excèdent la capacité de leur bac gris (archives).

Photo : Radio-Canada / Jacques Corriveau

Radio-Canada

Les Gatinois qui n’en pouvaient plus de devoir se procurer des sacs à ordures auprès de la Ville pour leurs déchets excédentaires seront heureux d’apprendre la fin de cette initiative.

Les élus ont voté en majorité, mardi, pour remplacer les sacs tarifés de surplus d’ordures par des étiquettes, un peu à l’image de ce qui se fait déjà dans d’autres grandes villes canadiennes comme Toronto et Calgary. 

Un sac à ordures noir identifié avec une étiquette orange.

Au lieu d'opter pour des sacs tarifés pour identifier les surplus d'ordures ménagères, la Ville de Gatineau va demander à ses citoyens d'utiliser des étiquettes. Sur la photo, un exemple d'étiquette utilisé à Calgary.

Photo : La Ville de Gatineau

Au lieu d’acheter les sacs de plastique vendus par la ville à 0,50 $ l’unité, les citoyens pourront bientôt se procurer, au même prix, des étiquettes qu’ils pourront apposer au-dessus de n’importe quel sac de 25 kg et moins.

Le changement doit entrer en vigueur au cours des prochains mois.

Un bac gris de 120 litres distribués par la Ville de Gatineau avec de nombreux sacs de déchets.

Seuls les nouveaux bacs gris de 120 litres distribués par la Ville de Gatineau seront autorisés pour la collecte des matières résiduelles (archives).

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Un changement économique

Après avoir évalué les performances du système des sacs, implanté en septembre 2019, le Service de l’environnement de la Ville de Gatineau en est venu à la conclusion qu’il serait plus profitable pour la Ville et les citoyens d’adopter une nouvelle façon de faire.

La vente des sacs en plastique est devenue un lourd fardeau administratif et financier, a expliqué aux élus la directrice Chantal Marcotte, lors de sa présentation au comité plénier.

En optant pour un service d’étiquettes plutôt que de sacs, la Ville pourrait faire des économies annuelles d’environ 67 000 $.

Mme Marcotte soutient que les enjeux se situent du côté de la gestion des sacs en plastique qui est très complexe, notamment en ce qui a trait à l'approvisionnement, à l’assemblage et à l'expédition.

Il y a plusieurs contrats à gérer [pour bien faire fonctionner le système des sacs en plastique], reconnaît-elle. En plus, à l’interne, on doit emmener des sacs aux endroits où on les vend, on doit prendre les inventaires, on a nos licences Shopify à tenir à jour, on doit faire le monitorage des ventes et tout le contrôle financier.

Au bout de la ligne, c’est beaucoup d’énergie dépensée pour très peu de résultats, dit-elle. En 2021, les chiffres sont bien en dessous de ce qu’on pensait vendre . Le volume des ventes s’établit à une moyenne de 1100 paquets de sacs par semaine.

Un bac de poubelles, avec un avertissement fourni par la Ville de Gatineau.

Une note est laissée par les éboueurs aux citoyens qui ne se conforment pas à la nouvelle politique sur les ordures de la Ville de Gatineau (archives).

Photo : Radio-Canada / Jacques Corriveau

Les sacs très peu populaires

Le système de sacs n’était pas non plus une mesure très populaire auprès des citoyens, a reconnu Mme Marcotte lors de sa présentation.

L’objectif du système des sacs en plastique était d’encourager les citoyens à recycler ou à composter davantage en limitant la quantité d’ordures ménagères qu’ils pouvaient mettre dans leur bac gris de 120 litres.

Or, un sondage Léger mené auprès des Gatinois en avril dernier indique que 82 % des répondants n’ont jamais acheté de sacs de surplus d'ordures, depuis l’implantation du système, il y a deux ans.

Ceux qui adhèrent au système de sacs en plastique représentent moins d’un ménage sur cinq et n’utilisent en moyenne qu’un seul sac par collecte, a précisé Mme Marcotte.

L’initiative de 0,50 $ n’incite pas les opposants au système d'incitation tarifaire à mieux trier ou réduire leurs ordures ménagères, a-t-elle conclu.

Un homme qui regarde la caméra

Edmond Leclerc, conseiller municipal du district de Buckingham (archives)

Photo : Radio-Canada

Quelques inquiétudes

Deux élus ont émis des réserves face au changement proposé par le Service de l’environnement. Le conseiller du district de Buckingham, Edmond Leclerc, craint que les étiquettes soient faciles à falsifier.

Les éboueurs dans une journée en font de la poubelle, ils travaillent fort et ils ne se poseront pas la question à savoir si le code sur l’étiquette est le bon ou pas , a dénoncé M. Leclerc. L’impression que j’ai, c’est qu’on va voir assez rapidement de fausses étiquettes.

« Un sac de vidanges, personne n'a des machines chez eux pour en imprimer. Des étiquettes, c’est pas mal plus facile. »

— Une citation de  Edmond Leclerc, conseiller du district de Buckingham

La conseillère du district de l'Orée-du-Parc, Isabelle Miron, s’inquiète pour sa part de la rapidité avec laquelle on impose un nouveau changement aux citoyens en matière de collecte des ordures ménagères.

Le changement vers les sacs est très récent. Il y a encore des gens qui essaient de s’adapter à ces changements , a-t-elle fait valoir. On est encore dans une période d’adaptation et j’aurais une inquiétude à ce qu’on arrive avec un nouveau fonctionnement.

France Bélisle répond aux questions des journalistes.

La mairesse de Gatineau, France Bélisle, est également présidente du comité exécutif (archives).

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

La mairesse France Bélisle ne partage pas les inquiétudes de ses deux collègues, même si elle anticipe une forme d’opposition.

Comme dans n’importe quel changement, je sais qu’on va frapper des poches de résistance , a-t-elle reconnu d’emblée lors d’un point de presse.

Je m’attends déjà à ce que les gens s’enflamment sur les réseaux sociaux, à la radio et dans les médias. Je pense que c’est normal, car c’est un changement, on est dans les éléments du quotidien et ça, ça bouleverse le quotidien.

« C’est une adaptation, je le comprends très bien.  »

— Une citation de  France Bélisle, mairesse de Gatineau

France Bélisle croit que la clé du succès résidera dans une campagne de communication efficace.

C’est pour ça que la ville doit être la plus facilitante possible dans la communication pour que les gens soient capables de ne pas être surpris des changements qui sont mis en place , affirme-t-elle.

Avec les informations de Nathalie Tremblay

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