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Rétablir le système de santé et se préparer à d’autres vagues de COVID-19

Québec budgète 8,9 milliards de dollars pour améliorer le système de santé et 1,7 milliard de dollars pour faire face à de nouvelles vagues de COVID-19.

Une femme passe devant une ambulance près de l'entrée des urgences d'un hôpital.

Une ambulance sort de l'entrée des urgences d'un hôpital à Montréal.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Si le gouvernement du Québec affirme que la province « amorce un retour à la vie normale », le gouvernement se prépare tout de même à d’éventuelles vagues de COVID-19 dans son budget présenté mardi. Québec jette aussi les bases de son plan de « refondation » du système de santé, grandement mis à mal par la pandémie et le vieillissement de la population.

Une somme de 1,7 milliard de dollars a notamment été réservée pour financer les coûts associés à de nouvelles vagues de COVID-19. Le gouvernement puisera les sommes nécessaires dans la provision pour les risques économiques et autres mesures de soutien et de relance, prévue dans le cadre financier et qui atteint 2,5 milliards de dollars en 2022-2023.

On l’a toujours dit : pour vaincre la pandémie, c’est des ressources illimitées, a indiqué le ministre des Finances, Eric Girard.

Le gouvernement estime qu’il dépensera 375 millions de dollars pour mener une campagne de vaccination annuelle; 350 millions de dollars pour l’achat de 60 millions de tests de dépistage rapide; 300 millions de dollars pour effectuer 30 000 prélèvements par jour pendant deux mois; 275 millions de dollars pour l’ouverture de lits additionnels, si nécessaire; 200 millions de dollars pour la gestion des accès aux installations de santé; et 125 millions pour le maintien des services d’hygiène et de salubrité.

Québec annonce également un montant de 20,5 millions de dollars pour déployer 15 cliniques de traitements pour les plus de 9000 Québécois atteints du syndrome post-COVID-19 (communément appelé COVID longue). Cinq cliniques seraient aménagées à Montréal, Québec et Sherbrooke, et 10 centres satellites seraient répartis à travers la province.

Le budget prévoit aussi le retrait graduel des subventions aux résidences privées pour aînés pour majorer le salaire de leur personnel soignant. Pour les résidences de 149 unités ou moins, la subvention diminuera à 80 % des paiements des primes en 2021-2022, puis à 20 % dans cinq ans. Pour les unités de 150 à 199 unités, la part passera de 40 % en 2021-2022 à 10 % dans cinq ans, et pour les unités de plus de 200 unités, de 20 % en 2021-2022 à 5 % dans cinq ans.

Québec estime que l’impact financier des actions mises en place pour la pandémie depuis mars 2020 est de plus de 18 milliards de dollars.

Réformer le système de santé

Québec convient que la pandémie a considérablement accentué les faiblesses du système de santé, a mis en lumière des défis de gouvernance importants et a porté au grand jour la difficulté à obtenir toutes les données nécessaires à une bonne gestion.

C’est pourquoi ce budget prévoit 8,9 milliards de dollars, dont 5,2 milliards de dollars pour rétablir le système de santé et de services sociaux et 3,7 milliards de dollars pour rehausser les soins et les services à la population. Le ministre de la Santé, Christian Dubé, doit présenter son plan complet à la fin du mois, mais le budget laisse entrevoir certains éléments qui seront annoncés.

D’abord, le budget consent un peu plus d’un milliard de dollars pour effectuer des changements importants au sein des établissements de santé; 3,4 milliards de dollars pour améliorer la gestion et la prestation du travail et 789 millions de dollars pour moderniser le système de santé.

Parmi les mesures prévues : 

  • décentraliser la planification des horaires (chaque établissement de santé pourra instaurer des horaires qui correspondent mieux à ses besoins de main-d’oeuvre);

  • éliminer le recours abusif aux heures supplémentaires;

  • améliorer la conciliation travail-famille;

  • augmenter le personnel travaillant à temps plein en milieu hospitalier;

  • ajouter un nouveau titre d’emploi de technicien en pharmacie;

  • ajouter des pharmaciens bacheliers en milieu hospitalier;

  • ajouter des agents administratifs en appui au personnel clinique.

Selon Sonia LeBel, ministre responsable de l’Administration gouvernementale et présidente du Conseil du Trésor, là ou le bât blesse, c’est [que le recours aux heures supplémentaires] est devenu une façon de gérer le réseau de la santé. [...] Ça doit devenir un usage qui est quasi inexistant et qui se résume à des cas de situation exceptionnelle. Ça ne doit pas devenir un moyen de compenser notre manque de personnel, a-t-elle indiqué.

Elle ajoute qu’un des moyens pour réduire le recours aux heures supplémentaires sera de rehausser le nombre d’employés à temps complet. Elle précise que 40 % des travailleurs dans le réseau de la santé sont actuellement à temps partiel.

Au Québec, le nombre de personnes âgées de 70 ans et plus passera de 1,2 million à 2 millions en 2041, ce qui représentera 21 % de la population. C’est la raison pour laquelle le gouvernement annonce une somme de 785 millions de dollars sur cinq ans pour renforcer les services de soutien à domicile, et de 250 millions pour améliorer les soins et les services aux proches aidants.

Une personne et une aînée se tiennent les mains.

Le gouvernement du Québec mise beaucoup sur la construction des maisons des aînés et des services à domicile bonifiés pour faire face au vieillissement de la population.

Photo : iStock

Un montant de 1,5 milliard de dollars est consenti pour l’ouverture des premières maisons des aînés et alternatives. Ce montant additionnel permettra notamment de couvrir les frais d’exploitation, l’embauche de chargés de projet, l’ajout de ressources, comme des préposés aux bénéficiaires, des services de soutien psychosocial et des activités de loisirs.

Par ailleurs, le crédit d’impôt remboursable pour le maintien à domicile des aînés sera bonifié, le taux du crédit passera de 35 % en 2021 à 40 % en 2026. Pour les aînés résidant dans un immeuble de logements, le loyer maximal admissible passe de 600 à 1200 $ par mois pour avoir droit au crédit. Cette mesure coûtera 394 millions de dollars à l’État.

Le budget Girard prévoit aussi 128,5 millions de dollars pour harmoniser les CHSLD publics et privés. À terme, le gouvernement souhaite que 20 établissements privés non conventionnés soient convertis en établissements privés conventionnés ou que les soins et services soient intégrés dans la structure d’établissements publics.

Par ailleurs, le budget précise que Québec accordera 2,9 milliards de dollars sur cinq ans pour mettre en oeuvre le Plan d’action pour l’hébergement de longue durée, qui sera bientôt présenté par le ministre de la Santé et des Services sociaux.

Québec souhaite améliorer l’accès aux services de santé et permettre aux patients orphelins d’obtenir des services rapidement en octroyant 183 millions de dollars pour déployer à l’ensemble de la province le projet de guichet d’accès implanté dans le Bas-Saint-Laurent.

Le gouvernement veut améliorer les interventions en prévention et en promotion de la santé, et accorde une enveloppe de 235,9 millions de dollars, dont 47,9 millions de dollars pour des initiatives visant à mieux prévenir les pandémies.

On annonce également 33,8 millions de dollars pour accroître la fluidité dans les urgences et les hôpitaux – notamment en ajoutant des coordonnateurs aux urgences – et 72,4 millions de dollars pour ajuster le programme de procréation assistée.

Afin d'aider les personnes vulnérables, on prévoit de surcroît 500 millions de dollars qui serviront à rehausser les services de proximité pour les jeunes en difficulté et les initiatives de santé mentale.

Le gouvernement du Québec réitère sa demande à Ottawa d’augmenter le transfert canadien en matière de santé à 35 %. Cette augmentation représenterait une somme de 6 milliards de dollars par année. M. Girard assure que les investissements annoncés lors de ce budget n'ont pas été faits en fonction d'une potentielle hausse des transferts en santé.

Les provinces canadiennes dépensent 40,5 % de leur budget en santé en 2021-2022. La part des dépenses de santé pourrait représenter près de 50 % en 2039-2040.

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