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Un organisme alimentaire de Québec au bord de la fermeture au pire moment

Un chariot de supermarché dans une allée d'épicerie.

Quelque 60 000 personnes par mois font appel aux banques alimentaires dans la région de Québec.

Photo : getty images/istockphoto / Aleksandr_Vorobev

En pleine période inflationniste et alors que le recours aux banques alimentaires atteint des niveaux jamais vus dans la région de la capitale, un organisme de Québec est au point de rupture, faute de financement.

Stéphane Paradis, directeur général de La Barrate, lance un cri du cœur au ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant. Dans une lettre qui lui est adressée, ainsi qu'à la députée locale Joëlle Boutin, il décrit une impasse depuis la perte d'un donateur majeur.

L’un de nos donateurs majeurs a cessé son versement annuel de 50 000 dollars, écrit-il. Combiné au sous-financement actuel, à la pandémie mondiale ainsi qu’à la hausse fulgurante des prix des denrées de base et du carburant, nous nous retrouvons face à des choix très difficiles.

Dans un effort de faire bouger les choses rapidement, La Barrate a obtenu des appuis de plus d'une trentaine d'organismes de la région, dont Centraide et Moisson Québec.

Si rien n'est fait, le plan d'action de l'organisme, à court terme, prévoit d'augmenter les prix de la popote roulante, des frais de livraison et des mets congelés. Sans aide, ce même plan mène à une coupure de certains services, voire à la fermeture de l'organisme, prévient-il.

La facture sera donc, dans un premier temps, refilée à d'autres organismes communautaires.

Stéphane Paradis en entrevue dans une cuisine commerciale

Stéphane Paradis est directeur général de l'organisme La Barrate.

Photo : Radio-Canada

Personnes seules et vulnérables

Fondé en 1999, l'organisme basé à Sainte-Foy dessert une vingtaine d'acteurs du milieu communautaire à Québec. Il fournit notamment des repas pour des personnes âgées ou seules, à des personnes en situation d'itinérance, à des organismes œuvrant en santé mentale et aux réfugiés du Centre multiethnique de Québec. Quelque 10 000 repas ont ainsi été fournis à des organismes en 2020-2021.

La Barrate permet également à des personnes de participer à un programme de réinsertion professionnelle, note son directeur général.

La perte de 50 000 dollars représente un peu plus de 8 % du budget de l'organisme. M. Paradis soutient qu'en y ajoutant d'autres variables, comme la hausse du coût des denrées et du transport, sa cuisine pourrait ne pas survivre à 2022, dans le pire des scénarios.

En temps normal, dans une société riche comme la nôtre, qui financerait son milieu communautaire sur le sens du monde, on n'aurait pas besoin de compter sur des fondations privées et des Centraide de ce monde, dénonce-t-il, réclamant une aide stable de la part du gouvernement du Québec.

M. Paradis dit n'être subventionné par l'État que pour une partie des services offerts par son organisme, et non pour l'ensemble de sa mission. Le gouvernement se lance la balle, dit-il aux sujets des différents programmes d'aide au milieu communautaire.

Le bureau du ministre Lionel Carmant n'avait pas réagi à cet appel de La Barrate au moment d'écrire ces lignes.

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