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Des Canadiens veulent venir en aide aux Ukrainiens LGBTQ+

Des hommes et des femmes brandissent des pancartes multicolores en forme de cœur dans une rue de Kiev, en Ukraine.

Des Ukrainiens au défilé de la fierté gaie à Kiev en 2019.

Photo : Reuters / Gleb Garanich

Des Canadiens tentent de venir en aide aux Ukrainiens de la communauté LGBTQ+, aux prises avec des problèmes supplémentaires en raison de la guerre et de leur identité.

Le metteur en scène canado-ukrainien Andrew Kushnir s'inquiète pour ses amis membres de la communauté LGBTQ+ en Ukraine. Il est en contact avec ces militants sur le terrain depuis plus de dix ans.

Les dernières semaines ont été profondément effrayantes, dit-il.

C'est une situation très complexe pour les Ukrainiens LGBTQ+. Ils sont aux prises avec de nombreux problèmes en ce moment, affirme M. Kushnir.

Certains ont besoin de médicaments parce qu'ils sont porteurs du VIH, d'autres ont besoin de poursuivre leurs traitements aux hormones qui ont subitement été interrompus, explique M. Kushnir, qui est aussi membre de la communauté LGBTQ+.

Un homme.

Andrew Kushnir est en contact avec des militants LGBTQ+ en Ukraine depuis une douzaine d'années.

Photo : Hamish Birt

En vertu de la loi martiale, tous les hommes âgés de 18 ans à 60 ans, y compris les hommes gais et bisexuels, doivent rester au pays, ajoute-t-il.

Il y a aussi de graves problèmes auxquels les femmes transgenres doivent faire face, poursuit-il.

Leurs papiers ne correspondent pas nécessairement à leur identité de genre, ce qui complique les déplacements, que ce soit pour aller d'une ville à l'autre ou pour quitter le pays.

Les personnes LGBTQ+ craignent pour leur avenir et ont peur d'être ciblées, affirme M. Kushnir.

Il ajoute que les organismes LGBTQ+ à l'intérieur et à l'extérieur de l'Ukraine, par exemple Munich Kyiv Queer, tentent de fournir des refuges, de la nourriture et des médicaments aux membres de la communauté affectés par cette guerre.

Nous devons nous assurer de répondre aux besoins spécifiques de cette communauté, soutient M. Kushnir.

Double lutte

Le mouvement LGBT est très récent en Ukraine, rappelle-t-il. Les Ukrainiens qui font partie de cette communauté sont encore aux prises avec de l'homophobie et de la transphobie.

Nous devons penser à ceux qui sont les plus marginalisés dans ces zones de guerre, croit M. Kushnir.

Avec cette guerre, les personnes LGBTQ+ défendent deux drapeaux, explique ce Canadien d'origine ukrainienne.

« Ils adhèrent à l'idée du drapeau ukrainien même si le pays ne les accepte pas encore pleinement. »

— Une citation de  Andrew Kushnir, metteur en scène gai canado-ukrainien

Il explique que certains membres qui font ouvertement partie de la communauté se battent au front pour défendre leur pays.

[Les Ukrainiens LGBTQ+] sont des gens qui ont une grande vision de ce que l'Ukraine pourrait devenir, ajoute M. Kushnir.

Ce passionné de théâtre a rencontré plusieurs membres de cette communauté lors d'un voyage il y a plusieurs années. Il espère que les Canadiens continueront d'aider les Ukrainiens pendant ce marathon.

Ils peuvent envoyer des dons en argent à des organismes fiables comme GenderZ, KyivPride et Cohort NGO, propose-t-il.

Ces fonds seront ensuite acheminés à des organismes en contact direct avec des Ukrainiens LGBTQ+ afin de leur venir en aide.

Un nouveau programme pour les Ukrainiens LGBTQ+

De son côté, la Metropolitan Community Church of Toronto lance un nouveau projet pour venir en aide aux réfugiés ukrainiens LGBTQ+ au pays ou à ceux qui tentent de venir au Canada pour fuir la guerre.

Ces personnes sont très vulnérables, indique le directeur du programme des réfugiés LGBTQ+, Dave Kerr.

La guerre en Ukraine a poussé des millions de personnes à fuir vers des pays voisins comme la Pologne et la Hongrie.

Nous sommes très préoccupés par les nombreuses violations des droits de la personne et par les conditions horribles dans lesquelles de nombreux Ukrainiens LGBTQ+ doivent se déplacer vers d'autres pays d'Europe de l'Est, écrit l'église sur son site web (Nouvelle fenêtre) (en anglais seulement).

Un homme sourit.

Dave Kerr est le directeur du programme pour les réfugiés LGBTQ+ de la Metropolitan Community Church of Toronto.

Photo : Dave Kerr/Metropolitan Community Church Toronto

La Metropolitan Community Church of Toronto offrira donc du soutien par les pairs, des séances pour le bien-être et la santé mentale, des séances d'information juridique, des conseils en matière d'immigration, de l'aide au logement et de l'aide à l'emploi, entre autres.

Ce nouveau programme permettra aussi à des groupes de cinq personnes de parrainer un réfugié ukrainien membre de la communauté LGBTQ+. Il faudra toutefois amasser un total d'au moins 18 250 $ pour pouvoir accompagner ce réfugié pendant un an, explique M. Kerr.

Il précise que tout Canadien ou résident permanent peut parrainer un réfugié ukrainien membre de la communauté LGBTQ+ s'il a plus de 18 ans et s'il n'a pas de problème d'admissibilité comme un casier judiciaire.

Même si ces personnes réussissent à fuir dans un pays voisin, elles sont persécutées en raison de leur identité, elles n'ont pas accès à des soins de santé appropriés et elles ne sont pas en mesure de travailler ni de bénéficier d'avantages sociaux, ajoute le directeur du programme des réfugiés LGBTQ+ de la Metropolitan Community Church of Toronto.

Les Ukrainiens qui sont toujours en Ukraine peuvent communiquer directement avec la Metropolitan Community Church of Toronto par téléphone, par courriel ou sur son site web. Les Canadiens qui veulent leur venir en aide peuvent le faire eux aussi.

Aidez à transformer une vie, lance M. Kerr.

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