•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le NPD pourrait aider les libéraux fédéraux à gouverner jusqu’en 2025

Les deux hommes se serrant la main.

Le Nouveau Parti démocratique de Jagmeet Singh (gauche) pourrait aider le Parti libéral du Canada de Justin Trudeau (droite) à rester au pouvoir pour encore trois ans.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Les dirigeants du Parti libéral du Canada (PLC) et du Nouveau Parti démocratique (NPD) ont conclu un accord de principe selon lequel les troupes de Jagmeet Singh soutiendraient le gouvernement Trudeau pour le maintenir au pouvoir jusqu'en 2025, ont appris CBC et Radio-Canada.

Il n'y aurait donc pas d'élections fédérales avant au moins trois ans.

L'entente verrait le NPD voter avec les libéraux lors des votes de confiance, y compris ceux concernant les quatre prochains budgets.

En contrepartie, les libéraux seraient prêts à redéfinir leurs priorités en donnant suite, par exemple, à certaines dispositions des programmes nationaux d'assurance-médicaments et de soins dentaires que souhaitent mettre sur pied les néo-démocrates.

L'accord prévoirait également que les deux partis collaborent sur les commissions parlementaires, ainsi que sur certains textes de loi.

Les explications de Madeleine Blais-Morin.

L'entente, cela dit, a encore besoin du soutien des députés néo-démocrates. Ceux-ci devaient d'ailleurs se réunir lundi soir pour en discuter, selon plusieurs sources ayant parlé sous le sceau de la confidentialité.

Le Cabinet Trudeau et le caucus libéral se sont également réunis virtuellement lundi soir pour discuter de la question, avons-nous appris. Les députés n'avaient pas été prévenus du sujet de la rencontre de dernière minute.

Lors de la réunion du caucus virtuel libéral, qui a été entachée de difficultés techniques, le premier ministre a dû faire face aux questions de certains députés qui se demandaient pourquoi l'accord était nécessaire sans la menace d'une élection à l'horizon, ont indiqué des sources à CBC/Radio-Canada.

Les discussions entre les deux partis auraient commencé peu après les élections de septembre 2021, qui se sont soldées par un autre gouvernement minoritaire. Ce sont les libéraux qui auraient tendu la main au NPD pour trouver le moyen de collaborer, selon nos informations.

Pas un accord formel de coalition

Selon les termes de l'entente de principe conclue entre les deux formations politiques, le NPD n'entrerait pas au gouvernement et ne dirigerait aucun ministère.

Dans le cadre d'un accord de confiance et d'approvisionnement, une formation d'opposition s'engage plutôt à soutenir le parti au pouvoir sur des mesures particulières dans des conditions spécifiques et à ne pas voter pour renverser le gouvernement pendant un certain temps.

Le gouvernement néo-démocrate de la Colombie-Britannique avait conclu un accord similaire avec les députés verts de la province, en 2017.

Ce type d'entente diffère d'un accord formel de coalition. Dans une coalition, généralement, deux partis ou plus partagent la responsabilité de gouverner, chaque parti étant représenté au cabinet.

Trudeau veut rester au pouvoir à tout prix, déplorent les conservateurs

Cette différence n'a pas empêché le Parti conservateur du Canada (PCC) de dénoncer lundi soir la coalition néo-démocrate-libérale, qui augure, selon lui, des jours très difficiles pour le Canada.

Cette initiative n'est rien de plus qu'une tentative insensible de Trudeau de rester au pouvoir, a déclaré par communiqué sa cheffe par intérim, Candice Bergen. Selon elle, le premier ministre veut rester au pouvoir à tout prix, notamment en adoptant les politiques dures et encore plus extrêmes du NPD.

« Les Canadiens n’ont pas voté pour un gouvernement néo-démocrate. Ce n’est que du socialisme en coulisses. Trudeau polarise la politique parce qu’il aime ça. »

— Une citation de  Candice Bergen, cheffe par intérim du Parti conservateur du Canada

Dans une vidéo en anglais publiée sur Twitter, le favori de la course à la succession d'Erin O'Toole, Pierre Poilievre, a décrié lui aussi un accord visant à étendre le pouvoir du gouvernement en supprimant les libertés et en augmentant les dépenses, les impôts et l'inflation sur le dos des gens.

Il en a aussi profité pour se présenter comme le mieux placé pour gagner le débat et les contestations procédurales sur le plancher de la Chambre des communes et repousser avec force cette attaque de la coalition.

Il faut, selon lui, mobiliser le peuple canadien pour faire pression sur les libéraux d'arrière-ban et les néo-démocrates qui ne sont pas à l'aise avec cet accord secret.

Les Communes siégeant toute la semaine, il y a fort à parier que, peu importe l'issue des discussions de lundi soir, le sujet sera sur toutes les lèvres, mardi, au Parlement.

Justin Trudeau doit tenir un point de presse à 9 h. Jagmeet Singh doit de son côté prendre la parole en conférence de presse à 10 h 30 pour expliquer comment il entend obtenir l’aide dont les gens ont besoin pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille, alors que les prix des aliments, de l’essence et du logement ne cessent d’augmenter.

Bannière

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !