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Des formations demandées pour traiter des patients avec des champignons magiques en N.-É.

La loi a été modifiée pour qu’un médecin puisse demander une exemption pour un patient.

Une microdose de champignons magiques.

Les champignons magiques pourraient aider à traiter la détresse en fin de vie et d’autres troubles d’humeur.

Photo : Andrés Saez

Radio-Canada

Certains professionnels de la santé en Nouvelle-Écosse souhaitent recevoir une formation plus poussée sur l’utilisation de la psilocybine — communément appelée les champignons magiques — pour traiter la détresse en fin de vie et peut-être d’autres troubles de l’humeur.

Toutefois, selon eux, la bureaucratie les empêche d’obtenir cette formation. Ils disent que cela nuit aux patients.

Il y a un grand besoin de cette thérapie chez les personnes qui souffrent d’anxiété en fin de vie, de dépression et d’angoisse existentielle, a déclaré Jeff Toth, infirmier diplômé et défenseur du traitement à la psilocybine.

Le fait de ne pas avoir de thérapeute formé limite l’accès des patients, dit-il.

Jeff Toth, ainsi que 15 autres fournisseurs de soins de santé de la Nouvelle-Écosse, se sont récemment inscrit à une formation sur la psilocybine, mais ils ne pourront pas la terminer sans une permission de Santé Canada.

L’exemption permet à des patients de prendre de la psilocybine, qui est considérée comme une substance illégale, dans un cadre sûr et supervisé, en fonction de besoins médicaux ou de recherche.

En janvier, Santé Canada a modifié cette règle afin que ce soit le médecin qui demande une exemption pour un patient, par le biais du programme d’accès spécial. Ils peuvent ensuite se procurer une version synthétique du médicament approuvé par Santé Canada.

Selon les critères de Santé Canada, le médecin doit démontrer que son patient souffre d’une maladie grave ou potentiellement mortelle et qu’il a besoin de psilocybine pour un traitement d’urgence.

De nombreux refus

Charlaine Sleiman, porte-parole de Santé Canada, a déclaré que le ministère avait informé 137 professionnels de la santé de son intention de refuser leurs demandes depuis ce changement.

Il y a eu une disparité régionale injuste, avec le gouvernement qui a approuvé des exemptions pour les gens de la côte ouest, a déclaré Toth.

« Aucun clinicien n’a été approuvé à l’est de Montréal, ce qui crée un précédent injuste. »

— Une citation de  Jeff Toth, infirmier diplômé et défenseur du traitement à la psilocybine.

Selon Charlaine Sleiman, depuis l’accord de quelques exemptions d’un an aux professionnels de la santé en 2020, Santé Canada a conclu que les essais cliniques sont la meilleure approche pour les professionnels de la santé qui souhaitent améliorer leurs connaissances sur la psychothérapie assistée par les psychédéliques.

Les professionnels de la santé qui souhaitent utiliser la psilocybine ou d’autres psychédéliques à des fins de formation peuvent examiner s’ils peuvent participer à cet essai ou demander leur propre essai clinique, a déclaré Madame Sleiman.

Pas d’essais cliniques

Mais selon Jeff Toth le problème est qu’il n’y a pas d’essai clinique en Nouvelle-Écosse et les directives pour en lancer un ne sont pas claires.

Santé Canada n’a pas proposé de critères spécifiques, a déclaré Jeff Toth. Ils ont dit de manière plus générique qu’ils recommandent que nous passions par des essais cliniques, mais il n’y a pas de cadres réels pour que cela se produise.

En janvier, Santé Canada n’a approuvé qu’un seul essai clinique. Celui-ci examine la sécurité de l’administration de psilocybine à des participants en bonne santé inscrits à un programme de formation en psychothérapie assistée par la psilocybine.

« Nous sommes face à ce barrage administratif. Je pense qu’il faut un peu plus d’imagination et je pense qu’il faut de plus en plus de contributions de la part des prestataires de soins de santé sur la façon d’optimiser ce traitement. »

— Une citation de  Jeff Toth, infirmier diplômé et défenseur du traitement à la psilocybine.

Jeff Toth et 12 des autres prestataires de soins de santé qui n’ont pas été acceptés par Santé Canada ont envoyé une lettre au ministre canadien de la Santé, Jean-Yves Duclos. Ils espèrent que leurs exemptions seront reconsidérées afin de pouvoir terminer leur formation.

Dans les situations où il existe un traitement médical qui réduit la maladie et qui n’a pas d’impact négatif sur la sécurité publique, le gouvernement n’a pas le choix et doit accorder l’exemption. Nous avons donc bon espoir que le gouvernement respectera la loi dans ce cas, a déclaré Nicholas Pope de Hameed Law, le cabinet qui a aidé le groupe à rédiger la lettre.

Nicholas Pope a déclaré que si les exemptions ne sont pas accordées, il portera l’affaire devant un tribunal fédéral pour qu’elle soit réexaminée.

Avec les informations de Felishia Chandler, CBC News.

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