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Ottawa aurait plus de marge dans son budget grâce à la montée des prix du pétrole

Un drapeau canadien flotte devant la tour.

La tour de la Paix du parlement à Ottawa

Photo : Reuters / Chris Wattie

La Presse canadienne

Le gouvernement fédéral pourrait se retrouver avec une marge de manœuvre additionnelle de plusieurs milliards de dollars grâce à la montée des prix du pétrole, ce qui, selon des experts, pourrait servir à réduire le déficit ou donner aux libéraux la possibilité de financer une multitude de promesses électorales.

C'est une position similaire à celle dans laquelle les libéraux se sont retrouvés en décembre dernier lorsqu'une situation économique plus rose a donné au gouvernement une marge de dépenses supplémentaire de 38,5 milliards de dollars, rapidement engloutie par 28,4 milliards de dollars de dépenses nouvelles et promises précédemment.

Depuis lors, les prix du pétrole ont augmenté encore plus que ce que le ministère des Finances avait prévu, sans aucun signe immédiat de relâchement.

La hausse des prix pourrait même réduire le déficit fédéral de cinq milliards de dollars grâce à une augmentation des recettes fiscales des sociétés pétrolières et gazières, a déclaré Trevor Tombe, économiste à l'Université de Calgary.

C'est plus que l'ensemble des dépenses fédérales prévues pour les nouveaux projets en matière de garde d'enfants, a-t-il déclaré, faisant ainsi allusion aux nouvelles dépenses de 4,9 milliards de dollars prévues au cours des 12 prochains mois et décrites dans le budget fédéral de l'année dernière.

« Il s'agit donc d'une amélioration significative du résultat net fédéral. »

— Une citation de  Trevor Tombe, économiste à l'Université de Calgary

En décembre, le ministère des Finances prévoyait que le résultat net du gouvernement afficherait un déficit de 58,4 milliards pour l'exercice qui commencera en avril, sans compter les nouvelles promesses de dépenses après deux années de déficits encore plus lourds.

Au début de mars, le directeur parlementaire du budget (DPB) prévoyait que le déficit serait de 47,9 milliards pour l'exercice qui commencera en avril en raison de recettes fiscales plus élevées que prévu.

Rebekah Young, directrice de l'économie fiscale et provinciale de la Banque Scotia, a déclaré que ses calculs aboutissent à un résultat similaire et pourraient fournir une marge de manœuvre budgétaire suffisante pour les promesses restantes de la plateforme libérale, que le DPB a estimées à 48,5 milliards sur cinq ans.

L'inflation à des sommets

Les libéraux ne reviendront probablement pas sur ces promesses, en particulier sur tout ce qui est lié aux efforts destinés à combler un écart dans le domaine des logements abordables, a soutenu Mme Young, mais ils pourraient réduire les dépenses de crainte qu'elles ne soient perçues comme étant susceptibles d'accentuer les taux d'inflation, déjà à des sommets jamais vus puis trois décennies.

« Je pense qu'ils vont faire le minimum pour tenir leurs promesses en reconnaissant ce qui se passe actuellement du côté de l'inflation. »

— Une citation de  Rebekah Young, directrice de l'économie fiscale et provinciale de la Banque Scotia

Bien qu'ils constituent un problème pour les consommateurs, les taux d'inflation plus élevés stimulent les recettes fédérales.

Une augmentation de 1 % des taux d'inflation sur un an réduit le déficit d'environ deux milliards par an, bien que cela puisse facilement être effacé par des taux d'intérêt plus élevés, que la Banque du Canada espère faire monter pour ramener l'inflation à son niveau cible.

La possibilité que les prix augmentent plus rapidement et plus longtemps est la raison pour laquelle le gouvernement et la banque centrale doivent freiner les mesures de relance ou alors risquer d'enraciner une inflation plus élevée, a déclaré l'ancien directeur parlementaire du budget, Kevin Page, maintenant président de l'Institut des finances publiques et de la démocratie de l'Université d'Ottawa.

Ce serait une erreur politique de la part du gouvernement de supposer qu'une inflation plus élevée que prévu créera une marge de manœuvre budgétaire supplémentaire qui pourrait être utilisée pour financer des programmes à plus long terme, a déclaré M. Page en citant les transferts pour les soins de santé et pour la garde d'enfants ainsi qu'un coup de pouce au budget de la Défense.

La guerre en Ukraine

La ministre des Finances, Chrystia Freeland, a fait allusion à une augmentation des dépenses militaires à la suite des mesures prises par les alliés de l'OTAN pour augmenter les budgets de la défense à 2 % de leurs économies nationales en riposte à l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Le conflit a changé le monde depuis le moment, au début de février, où le gouvernement a sondé des économistes du secteur privé quant à leurs perspectives pour aider à étayer les calculs budgétaires.

Or, à l'heure actuelle, les prix à la pompe et à l'épicerie grimpent de plus en plus à mesure que les prix mondiaux du pétrole et du blé augmentent.

« La guerre et les sanctions afférentes ont une incidence considérable sur les marchés des matières premières. Le monde est aux prises avec un choc d'approvisionnement post-pandémique. La croissance mondiale sera réduite. L'inflation sera plus élevée. »

— Une citation de  Kevin Page, ancien directeur parlementaire du budget

Les risques et les incertitudes expliquent pourquoi Mme Young a déclaré qu'elle s'attend à ce que le budget soit prudent en ce qui a trait aux perspectives économiques. Elle a dit prévoir examiner le degré de détail fourni par le gouvernement sur ses réserves financières pour faire face à tout choc qui pourrait survenir.

Mme Freeland n'a annoncé aucune date de présentation du budget, mais il devrait être déposé avant la fin d'avril.

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