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Comment une étudiante de Winnipeg s’est portée au secours de sa sœur en Ukraine

Les deux soeurs posent pour la caméra côte à côte.

Yasieniia Manko, 9 ans et Anastasiia Seleznova, 25 ans, lors d'une visite au Musée du Manitoba après leur arrivée à Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Jaison Empson

Radio-Canada

Anastasiia Seleznova est une étudiante internationale inscrite à l’Université canadienne mennonite à Winnipeg. Elle raconte comment elle s’y est prise pour secourir sa petite sœur de 9 ans, Yasieniia Manko, coincée en Ukraine au début de la guerre.

Le 24 février, quand les bombardements ont commencé dans la ville de Kharkiv où vit sa sœur, Anastasiia Seleznova ignorait comment s'y prendre pour aider sa famille en Ukraine.

Sa mère était alors en visite à Winnipeg et elle s’inquiétait grandement du sort de sa fille, de son mari et de ses parents, qui vivent en pleine zone de guerre.

On est désespérées, on est impuissantes, on ne sait pas comment gérer ça, raconte Anastasiia. On ne sait pas ce qu’on peut faire à 9000 km de distance.

Sa sœur Yasieniia s’est bientôt retrouvée dans un abri antiaérien avec ses grands-parents.

Mon souvenir le plus significatif, raconte Yasieniia Manko par le biais d’Anastasiia qui traduit ses propos en anglais, c’est quand des avions bombardiers passaient, parce que les murs tremblaient tellement que les fenêtres éclataient en morceaux. On pouvait le sentir de l’intérieur, tout mon corps tremblait, comme les murs.

Poussée par son sentiment de désespoir, Anastasiia Seleznova trouve une façon de passer à l’action. Le 4 mars, elle lance une campagne sur GoFundMe dans l'espoir d’amasser les 8500 $ nécessaires pour couvrir les frais du voyage qu'elle compte faire pour aller chercher sa sœur.

Son objectif a été atteint le 12 mars, mais elle avait alors déjà quitté le Canada depuis quelques jours. Le 5 mars, elle s'était envolée vers Cracovie, en Pologne, avec son copain, pour aller récupérer sa sœur.

Sa meilleure amie, qui vit dans l’ouest de l’Ukraine, lui avait offert de traverser le pays pour aller chercher Yasieniia à Kharkiv et de là, l'amener en Pologne.

Le 5 mars, Yasieniia a réussi à se rendre à la gare de Kharkiv, un point chaud de la ville assiégée par l’armée russe.

Il fallait bien choisir son moment, précise Anastasiia, puisque chaque jour une fenêtre de 30 à 40 minutes s’ouvrait pour laisser la population quitter les abris afin de trouver le nécessaire à leur survie ou quitter la ville.

À la gare, Yasieniia et l’amie de sa sœur ont attendu un train pendant sept longues heures.

Le train a mis 30 heures pour se rendre à Ternopil, soit deux fois le temps habituel du trajet. Elles ont ensuite pris un autobus qui les a conduites jusqu’à la frontière avec la Pologne, où un homme qu’elles ne connaissaient pas leur a offert de les amener à Cracovie.

Anastasiia est remplie d’émotion quand elle parle de l’aide de cet étranger. Les gens en Pologne sont tellement touchés par ce qui se passe, ils veulent vraiment aider et on peut le voir, on peut le sentir, on peut le voir dans les rues, c’est fantastique, dit-elle.

J’ai rencontré tellement de bonnes personnes [...] qui voient que ces gens sont dans une situation désespérée et qui tentent simplement de faire leur possible, d'être humains, ajoute-t-elle.

Les trois femmes posent ensemble devant le Musée canadien pour les droits de la personne.

Anastasiia Seleznova (à droite) et sa sœur Yasieniia Manko (au centre) sont rentrées à Winnipeg le 14 mars où elles ont retrouvé leur mère (à gauche).

Photo : Gracieuseté Anastasiia Seleznova et Yasieniia Manko

Une fois réunies en Pologne, les deux sœurs ont fait leurs adieux à l’amie d’Anastasiia. Elle a amené ma sœur en Pologne et comme cadeau d’au revoir, elles ont toutes les deux acheté le même bracelet aux couleurs de l’Ukraine, pour se souvenir de la façon dont elles se sont liées, et la façon dont elles sont liées à leur pays.

De retour au Canada avec sa sœur et son copain, Anastasiia Seleznova pense aux Ukrainiens qui ont fui leur pays.

La grande majorité ne veut pas d’un statut de réfugié, dit-elle, parce qu’ils espèrent toujours pouvoir regagner l’Ukraine.

Anastasiia a retrouvé sa mère à Winnipeg, mais son père, son beau-père, ses grands-parents et son amie sont toujours en Ukraine, au beau milieu d’un pays ravagé par la guerre.

Elle se rend compte que sa mère et sa sœur, bien qu’elles aiment Winnipeg, n’ont pas choisi d’y vivre et ne s’y sentent pas chez elles.

En attendant la suite des choses, elle les a amenées au parc Assiniboine et à La Fourche, pour voir autre chose que la guerre.

Avec les informations de Keisha Paul

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