Les Néo-Brunswickois de moins en moins outillés pour évaluer leur risque de COVID-19

Bien que le tableau de bord de COVID-19 disparaisse, les efforts de dépistage se poursuivent, confirme la santé publique du Nouveau-Brunswick (archives).
Photo : Radio-Canada / Guy LeBlanc
Prenez note que cet article publié en 2022 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.
Une disparition imminente du tableau de bord, des conférences de presse sur la COVID-19 qui se raréfient : la population néo-brunswickoise pourrait bientôt éprouver certaines difficultés à suivre l’évolution de la maladie dans la province. Et, du même coup, mal évaluer leur risque d'être infectés.
Actuellement, les indicateurs comme le nombre de nouvelles infections, les hospitalisations et les décès sont mis à jour une fois par semaine, le mardi. Auparavant, ces données étaient actualisées quotidiennement.
Or, à partir du mois prochain, elles disparaîtront complètement.
Des statistiques en lien avec la COVID-19 — on ne sait pas encore lesquelles — doivent tout de même être publiées sur le site du ministère provincial de la Santé.
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Avec l’absence de plus en plus évidente de données permettant aux gens de prendre des décisions éclairées, l’opposition officielle à Fredericton s’inquiète.
Le gouvernement donne la responsabilité aux citoyens, individuellement, de décider comment agir ou interagir avec la pandémie... mais il ne fournit pas les informations en conséquence.
C’est pourquoi il plaide pour une période transitoire de quelques mois durant laquelle le tableau de bord continuerait d’être mis à jour.
Ce n’est pas pour faire peur aux citoyens. C’est pour mieux comprendre la situation lorsqu’elle a lieu.
Plus tôt ce mois-ci, le chef du Parti vert, David Coon, tenait un discours semblable, disant que l’élimination du tableau de bord allait laisser les Néo-Brunswickois dans le noir.

Le chef intérimaire du Parti libéral, Roger Melanson, souhaite que le tableau de bord soit maintenu plus longtemps.
Photo : Radio-Canada
Des données moins fiables
La méthode de déclaration des infections à la COVID-19 a beaucoup changé au cours des derniers mois.
Les tests PCR ayant été circonscrits à une partie de la population seulement, la santé publique demandait aux gens de déclarer leur résultat positif obtenu grâce à un test de dépistage rapide réalisé à domicile.
Il est donc fort probable que le nombre de cas ait été largement sous-estimé. Maintenant, alors que le gouvernement n’oblige plus la population à déclarer une infection à la COVID-19, que reste-t-il de cette donnée?
Je crois qu’on est en train de se dire, au ministère de la Santé : "qu’est-ce que ça donne d’avoir un tableau de bord si on n’a pas des indicateurs qui sont pertinents pour le nourrir?"
présume Stéphanie Collin, professeure en gestion des services de santé à l’Université de Moncton.

Stéphanie Collin est d'avis que le taux d'hospitalisation permettra à la province de suivre l'évolution de la pandémie.
Photo : Gracieuseté de Stéphanie Collin
C'est sur le nombre d’hospitalisations qu’il faut s’attarder pour examiner les ravages possibles de la pandémie, soutient Mme Collin.
Les dirigeants et les gestionnaires du ministère de la Santé gardent cette donnée à l'oeil, pense la professeure. Tant et aussi longtemps qu’on ne sera pas ébranlés par le taux d’hospitalisation, on va continuer avec notre train-train quotidien
, affirme-t-elle.
D'après le reportage de Pascal Raiche-Nogue

