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Guerre en Ukraine : Biden met la Chine en garde, Xi cultive l’ambiguïté

Le président américain est en visioconférence avec le président chinois.

La conversation entre le président américain Joe Biden et son homologue chinois Xi Jinping a duré environ deux heures vendredi.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Agence France-Presse

Un échange très attendu qui n'a guère fait bouger les lignes : Joe Biden a mis en garde, vendredi, Xi Jinping contre les « conséquences » pour la Chine d'une aide à la Russie, tandis que le président chinois a cultivé l'ambiguïté, se bornant à estimer que des conflits militaires n'étaient « dans l'intérêt de personne ».

Le président américain a décrit les implications et conséquences si la Chine fournissait un soutien matériel à la Russie alors qu'elle mène une attaque brutale contre les villes et civils ukrainiens, lors d'un appel vidéo de près de deux heures consacré essentiellement à la guerre en Ukraine, a fait savoir la Maison-Blanche dans un communiqué succinct.

S'il n'a pas précisé à quelles représailles la Chine s'exposerait si elle fournissait une assistance à la Russie, Joe Biden a en revanche détaillé les dures sanctions économiques et financières déjà imposées par les Occidentaux au régime de Vladimir Poutine, selon la présidence américaine.

Une haute responsable américaine a indiqué que le président des États-Unis avait été franc et direct avec son homologue, manière diplomatique de dire que l'échange n'a sans doute pas été excessivement chaleureux.

Si le communiqué de la Maison-Blanche s'est fait attendre près de quatre heures après la fin de l'entretien, la Chine a, elle, été prompte à livrer sa version de la conversation autour de la crise ou situation en Ukraine, sans jamais parler de guerre.

« Travailler à la paix et à la tranquillité »

La crise ukrainienne n'est pas quelque chose que nous souhaitions voir arriver, a ainsi dit le chef d'État chinois, selon des propos rapportés par la télévision chinoise alors que l'échange était encore en cours.

Il a appelé son homologue à travailler à la paix et à la tranquillité dans le monde avec lui, selon la même source.

Là où les États-Unis pressent la Chine de prendre ses distances avec la Russie, les déclarations officielles venues de Pékin pendant et après l'échange entre les chefs d'État entretiennent une ambiguïté certaine.

Le président chinois Xi Jinping.

Le président chinois Xi Jinping refuse toujours de condamner l'invasion russe de l'Ukraine.

Photo : Associated Press / Sam McNeil

La Chine appelle ainsi les États-Unis et l'OTAN à avoir un dialogue avec la Russie sur les préoccupations de sécurité de Moscou comme de Kiev, dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères publié à l'issue de l'échange.

C'est là une thématique chère au président russe Vladimir Poutine, qui justifie l'invasion de l'Ukraine par la nécessité de protéger son pays contre les velléités selon lui expansionnistes de l'alliance militaire occidentale.

Ce même communiqué du ministère des Affaires étrangères chinois appelle aussi en termes vagues les grands pays à se respecter les uns les autres. Et il met également en garde, de manière très générale, contre toute forme de sanctions larges et sans distinction qui pourraient paralyser une économie mondiale déjà à la peine et causer des pertes irréparables.

Les lignes n'ont donc pas vraiment bougé lors de cette conversation, que Joe Biden a menée depuis la Situation Room, pièce ultra-sécurisée de la Maison-Blanche d'où les États-Unis conduisent leurs opérations les plus risquées et leurs négociations les plus ardues.

Ce sont maintenant les actions [de la Chine] que nous allons regarder, a déclaré pour sa part la porte-parole de l'exécutif américain, Jen Psaki.

Pour Joe Biden, les deux superpuissances sont certes vouées à se livrer une concurrence impitoyable sur les plans économique et stratégique, mais en maintenant un dialogue suffisant pour que cet affrontement ne soit pas facteur de chaos à l'échelle internationale.

Mise en garde chinoise sur Taïwan

Cette vision du président américain ne résisterait pas à un soutien ouvert de la Chine à la Russie, se manifestant par des livraisons d'armement ou par des accords économiques et financiers donnant à Moscou les moyens de contourner en partie au moins les très sévères sanctions occidentales.

Xi Jinping a profité de l'appel pour lancer lui aussi une mise en garde à son homologue, en estimant qu'une mauvaise gestion de la question de Taïwan aurait un impact négatif sur la relation bilatérale.

Joe Biden a répété que la politique des États-Unis concernant Taïwan n'avait pas changé et insisté sur le fait que les États-Unis continuent à s'opposer à tout changement unilatéral du statu quo.

La Chine revendique l'île. Les États-Unis, eux, s'engagent à ne reconnaître qu'une Chine tout en fournissant des armes à Taïwan pour son autodéfense.

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