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Archives

Marie-José Turcotte, un parcours sans faute dans le monde du sport

Visage souriant de Marie-José Turcotte

Marie-José Turcotte dans un studio de télévision, Jeux olympiques d'Atlanta, 1996

Photo : Radio-Canada / Jean Bernier

Radio-Canada

La journaliste et chef d’antenne aux sports Marie-José Turcotte a annoncé cette semaine qu’elle prenait sa retraite après 40 ans de carrière. Nos archives témoignent de la rigueur, du professionnalisme et de l’humanité qui ont marqué le travail de cette pionnière qui a ouvert les portes du journalisme sportif aux femmes.

Après avoir effectué son baccalauréat en histoire à l’Université de Montréal et travaillé bénévolement à la radio de CIBL, c’est en 1982 à Edmonton que Marie-José Turcotte amorce sa carrière à Radio-Canada. Elle y anime l’émission radiophonique matinale Le café show.

Dans cette entrevue qu’elle accorde à Gaston L’Heureux à l’émission L’Heure G le 1er octobre 1990, la journaliste revient sur ces premières années en Alberta qu’elle a trouvées très formatrices.

L’heure G, 1er octobre 1990

De nature timide, elle envisage d’abord de faire une carrière journalistique à l’écrit ou à la radio en tant que correspondante à l’étranger, vu son grand intérêt pour la politique internationale.

Elle se retrouvera aux sports un peu par hasard, mais surtout parce qu’elle était elle-même une grande sportive. Marie-José Turcotte a en effet fait partie de l’équipe nationale junior d’athlétisme et a gagné plusieurs médailles dans sa discipline de prédilection, le saut en hauteur.

Elle comprend donc bien la réalité de l’athlète et de l’entraînement.

Son entrée aux sports en 1985 ne fait pas toujours l’unanimité, c’est ce qu’elle explique à Gaston L’Heureux.

« Je faisais souvent des blagues en disant : le sport, c’est un peu la dernière taverne. »

— Une citation de  Marie-José Turcotte, 1990

Marie-José Turcotte est la première femme à prendre la barre d’une émission sportive au Québec avec l’animation de L’univers des sports. L’émission sera en ondes de 1988 à 1994.

Comme animatrice et comme commentatrice, elle a couvert les Jeux olympiques et de nombreuses compétitions d'envergure : championnats du monde, Jeux du Canada, du Québec, de l'Acadie, de la francophonie et du Commonwealth.

Dans ses reportages et bulletins, Marie-José Turcotte innove en introduisant souvent un volet sur les sports féminins.

« Je trouve ça toujours dommage quand on compare les sports féminins et masculins. Pour moi, le tennis féminin, c’est un autre sport, ce n’est pas du tennis masculin. »

— Une citation de  Marie-José Turcotte, 1990

Elle participe également à l’émission Les héros du samedi, dont le thème musical et les compétitions sportives des jeunes auront marqué les samedis matin de toute une génération.

Dans cet extrait du 3 août 1985, nous pouvons entendre le populaire thème d’ouverture de l’émission. Au bassin olympique de l'Île Notre-Dame à Montréal, Marie-José Turcotte et Lucie Guay présentent des compétitions de canoë-kayak bantam (13 ans et moins) et cadet (14 et 15 ans), garçons et filles.

Logo d'introduction de l'émission Les héros du samedi avec bassin olympique, kayaks et kayakistes en arrière plan.

Les héros du samedi, 3 août 1985

Photo : Radio-Canada

Marie-José Turcotte participera à la couverture des Jeux olympiques à 17 reprises, dont 15 à titre de chef d’antenne. Elle occupe ce poste pour la première fois en 1988 pour les Jeux de Calgary.

À l’émission Tam Tam magazine du 21 août 2000, l’animateur Sébastien Benoît lui demande de revenir sur ses meilleurs souvenirs olympiques.

Tam Tam magazine, 21 août 2000

Marie-José Turcotte en décrit alors trois : la médaille d’or de Kerrin Lee-Gartner sur la piste de Méribel à Albertville en 1992, la victoire de Donovan Bailey, Bruny Surin, Robert Esmie et Glenroy Gilbert au 4 x 100 m lors des Jeux olympiques d'Atlanta le 3 août 1996 et la première médaille d’or de l’Algérie avec la victoire d’Hassiba Boulmerka aux Jeux de Barcelone en 1992.

Avec Marie-José Turcotte, l’humain passe avant tout, et son amour des athlètes est perceptible à l’écran.

Athènes, 22 août 2004

C’est entre autres le cas vis-à-vis de Chantal Petitclerc, championne en athlétisme handisport, qui, le 22 août 2004 aux Jeux d’Athènes, remporte une médaille d’or au 800 mètres.

Une médaille d’or qui ne compte malheureusement pas dans les médailles canadiennes, parce que le sport est toujours considéré comme en démonstration aux Jeux olympiques de 2004.

Avec chaleur et bienveillance, l’animatrice discute avec la multiple médaillée, frustrée de cette réalité.

« Nous, on est très, très fiers de toi, et on te voit d’abord comme une athlète; et pour nous, cette médaille-là, elle compte aussi. »

— Une citation de  Marie-José Turcotte, 2004

Marie-José Turcotte sera aux premières loges pour constater l’important progrès du Canada aux Olympiques au fil des ans. Dans une entrevue qu’elle accorde à Jacinthe Lacombe-Cliche des Communications institutionnelles à Radio-Canada avant les Jeux de Sotchi en 2014, la journaliste déclare que les ressources investies dans le sport au fil des ans ont porté leurs fruits.

« Quatorze médailles aux Jeux de Vancouver, en 2010, c’était une première. Il y a 30 ans, on s’émerveillait d’en récolter une. »

— Une citation de  Marie-José Turcotte, 2014

En 2016, François Messier, directeur des sports à Radio-Canada, offre à Marie-José Turcotte de porter la flamme olympique à Fortaleza au Brésil en vue des Jeux olympiques de Rio. Un moment qu’elle vivra avec beaucoup de fébrilité et d’émotion.

Le Téléjournal, 7 juin 2016

Le 7 juin 2016 au Téléjournal, l’animatrice Julie Drolet discute avec Marie-José Turcotte de son expérience comme porteuse de la flamme olympique.

Plusieurs prix ont souligné l’excellence du travail de Marie-José Turcotte. De nombreux prix Gémeaux pour la meilleure animation d’une émission sportive, notamment pour les émissions Adrénaline et L'univers des sports, le prix de journalisme René­ Lecavalier en 1991 et 1992 et le prix de journalisme en loisir Molson en 1995.

Le 21 novembre 2014, Marie-José Turcotte est décorée de l’Ordre du Canada pour sa contribution au journalisme sportif et pour avoir tracé la voie aux femmes dans ce métier.

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