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Enquête sur la mort d’Autochtones à Thunder Bay : une preuve vidéo présentée au jury

Deux voitures de police devant une école en hiver.

Un coroner mène une enquête sur les décès de deux Autochtones survenus en détention au poste de police de Thunder Bay. (Archives)

Photo : CBC/Kris Ketonen

Radio-Canada

Une vidéo montrant le mauvais traitement réservé à un Autochtone au poste de police de Thunder Bay sera montrée au jury dans le cadre de l’enquête sur les décès d’Autochtones détenus par la police.

En janvier 2021, les avocats du service de police de Thunder Bay et ceux qui représentent les agents de police impliqués dans le dossier ont demandé que les vidéos soient exclues de l’enquête, puisqu’elles ne concernent pas les individus au cœur de l’enquête.

Le coroner David Cameron cherche à élucider les circonstances entourant la mort de deux hommes autochtones placés en garde à vue à Thunder Bay en 2014 et en 2017.

Don Mamakwa, de la Première Nation de Kasabonika, a été arrêté pour intoxication publique le 2 août 2014 et a été retrouvé mort dans sa cellule quelques heures plus tard.

Marlon Jerry McKay, connu sous le nom de Roland McKay, est également décédé dans une cellule du poste de police de Thunder Bay, le 20 juillet 2017, après avoir été arrêté pour intoxication publique.

Enseigne à l'entrée du poste de police.

C'est la deuxième fois en moins de cinq ans que la Commission civile de l'Ontario sur la police enquête sur la police de Thunder Bay.

Photo : Radio-Canada / CBC / Marc Doucette

M. Cameron cherchait à admettre des vidéos de surveillance de l'expérience de détention d’un autre Autochtone, Dino Kwandibens de la Première Nation Whitesand, qui a été détenu la même nuit que M. Mamakwa.

Dans ces vidéos prises dans la nuit du 2 août 2014, M. Kwandibens est traîné à l'intérieur du poste de police par deux agents qui l'insultent et le maltraitent.

Portrait de Dino Kwandibens.

Dino Kwandibens, de la Première Nation de Whitesand, a été arrêté et détenu au poste de police de Thunder Bay la même nuit que Don Mamakwa, le 2 août 2014. (Archives)

Photo : Sargent & Son Funeral Chapel

Les familles de Don Mamakwa et de Roland McKay ont insisté pour que les images de M. Kwandibens soient admises, même s’il s’agit de cas distincts, car elles montrent comment le racisme policier influe sur le traitement des Autochtones dans la ville.

Le coroner soutient que la vidéo aidera le jury d'enquête à mieux comprendre l'attitude des policiers.

Pour déterminer si le racisme, les préjudices ou les stéréotypes ont joué un rôle dans la mort de M. Mamakwa, il ne faut pas travailler en silos, explique le coroner dans sa décision publiée mercredi.

« Un autre homme autochtone a eu une expérience similaire la même nuit, suggérant qu’il y a des problèmes systémiques. »

— Une citation de  David Cameron, coroner responsable de l'enquête sur la mort d'Autochtones au service de police

Les avocats du coroner ajoutent que les expériences de M. Kwandibens et de M. Mamakwa sont liées.

L'avocat Julian Falconer

L'avocat Julian Falconer représente les familles de deux Autochtones décédés alors qu'ils étaient détenus par la police de Thunder Bay.

Photo : CBC/Martin Trainor

Pour Julian Falconer, l’avocat représentant les familles de M. Mamakwa et M. McKay, l’admission des vidéos dans le cadre de l’enquête est une victoire, surtout après les démarches entamées par la police pour exclure cet élément de preuve.

« Même en 2022, les policiers de Thunder Bay continuent d’essayer de cacher la vérité. Ils n’ont rien appris, et le racisme continue. »

— Une citation de  Julian Falconer, l’avocat représentant les familles de M. Mamakwa et M. McKay

Selon M. Falconer, ceux qui ont le pouvoir et qui prennent les décisions politiques à Thunder Bay aiment les policiers. Ils ne sont pas autochtones. La police protège ceux qui ne sont pas autochtones.

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