•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’OMS suspend l’approbation du vaccin de Medicago

Une infirmière prépare un vaccin.

L'OMS s'attend à rejeter le vaccin candidat de Medicago contre la COVID-19 en raison des liens de la pharmaceutique avec l'industrie du tabac.

Photo :  CBC / Evan Mitsui

Même s'il a déjà été approuvé par Santé Canada, le vaccin contre la COVID-19 de Medicago pourrait ne pas être retenu par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en raison des liens de l'entreprise avec le cigarettier Philip Morris, qui en est actionnaire minoritaire.

Basée à Québec, la compagnie pharmaceutique espère voir son vaccin – le Covifenz – utilisé par l'OMS dans le cadre de son initiative de vaccination internationale COVAX.

Or, depuis 2005, cette agence onusienne a une politique très stricte en ce qui a trait aux accords qui peuvent être conclus avec des entreprises ayant un lien fort avec l'industrie du tabac ou les armements. C'est le cas de Medicago, qui a Philip Morris comme actionnaire minoritaire.

Pour cette raison, le processus d'approbation est [...] suspendu, a déclaré en point de presse Mariângela Simao, directrice générale adjointe de l'OMS pour l'accès aux médicaments, les vaccins et les produits pharmaceutiques, jeudi.

Et il est très probable qu'il ne sera pas accepté pour la licence d'utilisation d'urgence, a-t-elle ajouté.

Un travailleur en équipement de protection avec des plantes.

Un travailleur de Medicago examine des plantes utilisées dans la production de vaccin.

Photo : Reuters

Il s'agit d'une situation prévisible, selon Gaston De Serres, médecin-épidémiologiste à l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Medicago a fait le choix d'accepter, il y a quelques années, Philip Morris comme étant un de ses actionnaires en sachant très bien la position de l'OMS, a-t-il souligné à Tout un matin, jeudi, sur ICI Première, à Montréal.

« L'OMS a été claire depuis des années qu'un des plus grands tueurs au monde, c'est la cigarette. Ils ont dit de façon très ferme : "Nous, on n'encouragera aucunement les produits ou les producteurs de produits qui encouragent les cigarettiers". »

— Une citation de  Gaston De Serres, médecin-épidémiologiste à l'INSPQ

Le président de Medicago, Takashi Nagao, a écrit dans un communiqué de presse que la pharmaceutique n'avait pas reçu de communication officielle de l'OMS.

Nous comprenons que cette décision est liée à l'actionnaire minoritaire de Medicago et non au profil d'innocuité et d'efficacité démontré de notre vaccin contre la COVID-19, a-t-il déclaré.

Un porte-parole de Medicago a indiqué que la société avait seulement été informée que la demande était en suspens. Il rappelle par ailleurs que la décision de l'OMS n'est pas liée à l'innocuité ou à l'efficacité du vaccin contre la COVID-19.

Ottawa vante le vaccin

Le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, a souligné jeudi que la décision de l'OMS n'est pas encore prise et que le gouvernement fédéral travaille avec Medicago afin de s'assurer que ses relations avec l'OMS se fassent correctement et que les informations soient parfaitement partagées.

M. Duclos a insisté sur le fait que le vaccin de Medicago a été homologué par Santé Canada, une agence de réglementation reconnue partout sur la planète, et qu'il pourrait être bon pour beaucoup d'autres êtres humains à travers la planète.

Le fédéral a investi 173 millions de dollars dans Medicago en 2020 pour soutenir le développement du vaccin Covifenz et aider l'entreprise à accroître sa production.

Il a également signé un contrat pour acheter au moins 20 millions de doses, avec des options pour 56 millions de plus, mais sa stratégie vaccinale repose désormais uniquement sur les vaccins à ARNm de Pfizer-BioNTech et de Moderna.

Jean-Yves Duclos en conférence de presse.

Le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, affirme que les Canadiens pourront utiliser les vaccins de Medicago même si l'OMS devait arriver à la décision qu'elle rejette le vaccin.

Photo : Reuters / BLAIR GABLE

Au Québec, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) attend l'approbation du Comité d'immunisation du Québec avant de distribuer le vaccin.

Il est trop tôt pour déterminer à quel moment débutera l’administration du vaccin au Québec, a-t-il réitéré par courriel à Radio-Canada jeudi. Le tout dépendra des avis scientifiques et des livraisons.

L'utilisation du vaccin de Medicago a été autorisée par Santé Canada le 24 février pour les personnes de 18 à 64 ans. L'innocuité et l'efficacité de ce vaccin chez les personnes de moins de 18 ans et de plus de 64 ans n'ont pas encore été déterminées.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !