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Travailleurs étrangers sous-payés à Lévis : le gouvernement envoie la CNESST

L'enseigne de la Villa mon domaine, à Lévis.

La Villa mon domaine, à Lévis

Photo : Radio-Canada / Hadi Hassin

Québec envoie des enquêteurs de la CNESST à la résidence Villa mon domaine, à Lévis, jeudi, après que des employés eurent reçu un salaire dérisoire, selon un organisme d'aide aux immigrants de Lévis.

Trois enquêteurs se rendront sur les lieux de la résidence, a confirmé le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Jean Boulet, jeudi après-midi.

Dans une enquête journalistique publiée jeudi matin, le journal Le Devoir a révélé que des travailleurs étrangers temporaires de la Villa mon domaine, à Lévis, auraient été payés entre 50 et 70 $ par semaine seulement.

Jean Boulet a la bouche ouverte.

Le ministre québécois du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Quand j'ai lu l'article du Devoir, j'ai trouvé ça révoltant, intolérable, inacceptable. Les travailleurs étrangers temporaires, ce sont souvent des personnes vulnérables, a réagi le ministre.

« Je me suis assuré qu'on intervienne rapidement. Cet après-midi, il y a déjà trois inspecteurs qui sont présents sur les lieux. On va s'assurer de prendre les mesures qui s'imposent rapidement. On va faire enquête, si c'est fondé, on va corriger le tir. »

— Une citation de  Jean Boulet

En matinée, l'opposition avait demandé au gouvernement d'enquêter sur ces allégations.

La majorité des employeurs posent de bons gestes, mais dans certains cas, pour qu'il n'y ait pas de dérive, il faut que ce soit bien mieux encadré, a réagi la chef du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, jeudi matin.

On est surpris, on est choqués. Comment est-ce qu'on peut espérer avoir [...] des travailleurs sans les payer? Comment est-ce qu'on peut fonctionner dans un mode comme celui-là? a aussi demandé Joël Arseneau, porte-parole du Parti québécois en matière de santé. À ce moment-ci, le gouvernement ou le CISSS doit certainement enquêter sur la situation, croit le député des Îles-de-la-Madeleine.

Joël Arseneau, député des Îles-de-la-Madeleine.

Joël Arseneau, député des Îles-de-la-Madeleine (archives)

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Des formes de travail au Québec qui s'apparentent à de l'esclavagisme, ça me surprend toujours un peu, a dénoncé sans détour le porte-parole de Québec solidaire en matière de santé, Vincent Marissal. Je présume qu'il y aura des enquêtes qui se feront.

Impayé

L'organisme d'accueil aux immigrants Le Tremplin confirme qu'elle accompagne depuis janvier 2021 plusieurs de ces travailleurs d'origine africaine dans leurs démarches contre l'établissement. Le Tremplin assure d'ailleurs avoir contacté la CNESST à plusieurs reprises pour dénoncer la situation, sans réponse.

La première personne qui est venue nous voir, c'est parce qu'elle n'avait pas accès à ses relevés de salaire. On a pris contact avec la résidence et puis on s'est rendu compte qu'elle ne versait pas les primes COVID, confirme Christine Orain, coordonnatrice des services aux personnes immigrantes à l’organisme Le Tremplin. [La résidence] a commencé à le faire qu'une fois qu'on a exigé que les gens aient accès à leur relevé de paye.

Mme Orain affirme que des employés étaient payés en carte de crédit prépayé. C'était leur salaire, ajoute la coordonnatrice, qui affirme que six personnes ont contacté Le Tremplin pour des raisons similaires. On s'est dit : "Oups! Il y a vraiment un problème dans cette résidence-là".

Certains de ces travailleurs, selon elle, étaient déjà au Québec au moment où ils ont été embauchés par l'employeur. Elle assure que les employés qui ont contacté Le Tremplin ont tous quitté la résidence après avoir reçu des permis de travail temporaire.

Collaboration

Le CISSS de Chaudière-Appalaches confirme avoir été mis au courant de la situation l'été dernier et est intervenu depuis.

« Plusieurs suivis ont d'ailleurs été réalisés par le CISSS depuis l’été 2021 et un plan d'amélioration y est déployé. Des rencontres à fréquence régulière sont d'ailleurs tenues depuis ce temps sur ce dit plan d'amélioration, entre le CISSS et les responsables de la ressource. »

— Une citation de  CISSS de Chaudière-Appalaches

Nous avons une bonne collaboration de la part des exploitants de cette ressource à ce propos, ajoute le CISSS.

Ébranlés

Joints à leur résidence jeudi matin, les propriétaires de l'établissement se disent ébranlés par la situation et nient les allégations des employés rapportées par le centre Le Tremplin.

Nathalie Gauthier et Éric Simard indiquent être aux prises pour une première fois avec ce genre de situation en 17 ans d'activité.

Au moment d'écrire ces lignes, les propriétaires avaient refusé les demandes d'entrevues de Radio-Canada.

Avec la collaboration de Marie-Pier Mercier et Hadi Hassin

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