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Les animaux de compagnie, futures victimes de la rareté des logements à Rimouski?

Un chat sur un tapis de salle de bains.

Au Québec, la loi permet aux propriétaires d’interdire les animaux, sauf dans le cas des personnes en situation de handicap, et ce, en vertu de la Charte des droits et libertés de la personne.

Photo : Frédérique Matthews

La crise du logement qui sévit à Rimouski complique la vie des locataires en quête d’un nouveau domicile. Les recherches seraient d’autant plus ardues lorsqu’ils possèdent un compagnon à quatre pattes.

À l’été 2021, Frédérique Matthews a pris seule le volant de sa voiture et longé le fleuve en direction de l’Est-du-Québec pour la première fois de sa vie. Aux abords de la route, le fleuve scintillait et un coucher de soleil majestueux flamboyait. Ça a été un coup de foudre total, se remémore-t-elle.

Frédérique Matthews est assise sur un sofa.

Frédérique Matthews est partie seule en voiture en 2021 afin de découvrir l'Est-du-Québec pour la première fois.

Photo : Frédérique Matthews

Depuis, la jeune trentenaire originaire de Gracefield, au nord de Gatineau, n’a qu’une idée en tête : se bâtir une nouvelle vie à Rimouski.

J’ai vu la vue sur le fleuve et sur la ville et ça a fait comme ''Wow, c’est ici que je veux faire ma vie!". C’est comme si j’arrivais chez nous. C’est comme ça que je me sentais, raconte Mme Matthews.

Or, ses recherches pour dénicher un appartement s’avèrent infructueuses et s’étirent depuis déjà de longs mois. Elle essuie des refus à chaque appel. La raison, selon elle ? Elle cohabite avec ses deux chats et son chien.

Dès qu’on mentionne qu’on a des animaux, soit on ne nous répond plus, soit c’est non. Juste non. Pas d’explications, rien, témoigne-t-elle. J’en ai vu beaucoup aussi que c’est un chat, pas deux. Et si tu es chanceux, ils acceptent un petit chien, mais sinon, ils n’acceptent pas les animaux.

Au Québec, la loi permet aux propriétaires d’interdire les animaux sur le bail d’un logement locatif.

La Société protectrice des animaux constate une hausse du nombre d'abandons, tant à Montréal qu'à Québec. Selon cet organisme, les animaux sont victimes de la crise du logement.

La directrice générale du Centre de services animaliers de Rimouski, Jeanne Mercier, s’étonne que la loi ne soit pas à jour alors qu’un foyer québécois sur deux vit avec un animal. C'est ce que mentionne le dernier rapport de l’Association des médecins vétérinaires du Québec.

Mme Mercier appréhende le 1er juillet, lendemain de la fin de la plupart des baux au Québec. C’est sûr qu’il y a mille et une solutions pour éviter l’abandon. Mais dans le cas de la pénurie de logements, il n’y a pas mille solutions. C’est vraiment ça, le problème.

Une femme dans une salle d'adoption de chats.

Jeanne Mercier est directrice générale du Centre de services animaliers de Rimouski depuis 2021.

Photo : Radio-Canada / Simon Rail-Laplante

En Ontario, une loi invalide les clauses qui interdisent la possession d’animaux dans des logements locatifs.

Ailleurs au pays, en 2020, la Ville de Vancouver a adopté une motion pour obliger les propriétaires à accepter les animaux de compagnie. Le gouvernement de la Colombie-Britannique n’a toutefois pas encore modifié sa loi sur la location résidentielle.

Un animal comme un membre de la famille

Le Comité logement Bas-Saint-Laurent, qui milite en faveur d’une plus grande tolérance envers les animaux, rappelle que les locataires sont responsables de leur animal.

La loi est assez claire, évoque d’emblée le porte-parole du comité, Alexandre Cadieux. Si un animal cause des dommages à l’appartement, le propriétaire peut ouvrir un dossier au Tribunal administratif du logement, comme dans le cas de n’importe quel dommage qui serait causé à son bien, et obtenir un dédommagement en conséquence, voire l’expulsion des locataires si la situation ne se règle pas.

Lorsque le bail stipule que la présence d’un animal est interdite, le locataire doit respecter cette clause. Toutefois, si le bail n’interdit pas les animaux, un locataire peut se procurer un animal en tout temps.

Selon Alexandre Cadieux, il est illégal au Québec qu’un propriétaire exige un dépôt de sécurité inscrit au bail. Le propriétaire a cependant le droit de le demander au locataire sans le relier au bail, explique-t-il.

Un chien dans un refuge.

Les animaux sont peu nombreux en ce moment au Centre de services animaliers de Rimouski, mais la directrice générale s'inquiète à l'approche du 1er juillet.

Photo : Radio-Canada / Simon Rail-Laplante

La Charte des droits et libertés de la personne stipule qu'un propriétaire ne peut pas proscrire la présence d’un animal auprès d’une personne qui vit avec un handicap.

Selon le porte-parole du Comité logement Bas-Saint-Laurent, un flou persiste dans la loi en ce qui a trait aux gens qui ont un animal pour des raisons thérapeutiques ou en raison d’une maladie auto-immune. On a pas mal de personnes qui se font refuser un appartement à cause de leur animal, même avec un billet du médecin, témoigne M. Cadieux.

Pour contribuer à mettre fin à cette crise, locataires et défenseurs des droits des animaux demandent au gouvernement provincial de considérer les compagnons domestiques comme des membres de la famille.

Quant à Frédérique Matthews, elle sera forcée de retarder son déménagement tant qu'elle ne dénichera pas un appartement qui accepte les animaux. Il est hors de question, pour elle, de les abandonner.

Il y a encore de bons propriétaires d’animaux qui prennent soin de leurs choses, qui prennent soin des choses et des immeubles des autres, même si ce n’est pas à eux, assure la jeune femme.

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