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Biden qualifie Poutine de « criminel de guerre »

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Le président Joe Biden, répondant aux questions des journalistes.

Photo : Associated Press / Patrick Semansky

Pour la première fois, le président américain Joe Biden a traité son homologue russe Vladimir Poutine de « criminel de guerre », tranchant avec le ton prudent adopté jusqu'ici par son administration depuis le début de l'offensive russe en Ukraine.

Oh! Je pense qu'il est un criminel de guerre, a répondu le président américain à une journaliste, presque à la volée, en marge d’un événement à la Maison-Blanche, avant de rebrousser chemin.

Le président américain, qui a annoncé une aide supplémentaire de 800 millions $US pour la sécurité de l'Ukraine un peu plus tôt dans la journée sans utiliser des termes aussi durs, avait d'emblée répondu par la négative. Il est ensuite revenu sur ses pas pour demander à la reporter de reposer sa question, qu'il semblait dans un premier temps avoir mal comprise.

Alors que l’armée russe continue de pilonner les grandes villes d’Ukraine, le Kremlin a vivement condamné les propos du locataire de la Maison-Blanche.

Nous considérons comme inacceptable et impardonnable une telle rhétorique du chef de l'État [américain], dont les bombes ont tué des centaines de milliers de personnes dans le monde entier, a réagi le porte-parole de la présidence russe, cité par les agences TASS et Ria Novosti.

Jusqu'ici, la Maison-Blanche et le département d'État avaient condamné les actions russes sans équivoque, refusant toutefois d'accuser Moscou de crimes de guerre et préférant invoquer la tenue d'enquêtes.

Seule l'ambassadrice américaine à l'ONU avait franchi ce pas dans une entrevue à la BBC, ce qui pouvait davantage donner l'impression d'un impair diplomatique que d'un réel changement de ton de la part de l'administration Biden.

D'autres leaders étrangers, dont le premier ministre britannique Boris Johnson et le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, n'ont pas hésité pour leur part à dénoncer des crimes de guerre.

La Maison-Blanche semble atténuer les propos de Biden

Le président américain a parlé avec son cœur de ce qu'on voit à la télévision, a soutenu en point de presse la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, après la sortie de Joe Biden, citant des actes barbares, des actes horribles, perpétrés par un dictateur étranger qui menace et prend la vie de civils, touchant des hôpitaux, des femmes enceintes, des journalistes et d'autres personnes.

Le président a répondu à une question directe qui lui était posée et a réagi à ce qu'il a vu à la télévision, que nous avons tous vu, a-t-elle ajouté, insistant de nouveau sur l'enquête en cours au département d'État.

De toute évidence, si la Russie cible intentionnellement des civils, il s'agit d'un crime de guerre, a-t-elle ajouté, semblant vouloir diminuer la portée des propos du président.

Lors de son annonce d'une aide sécuritaire supplémentaire pour soutenir l'Ukraine face aux troupes russes, le président Biden a condamné des attaques dépravées, promettant au pays envahi par la Russie la solidarité des États-Unis et de leurs alliés.

« Le peuple américain sera inébranlable dans son soutien au peuple ukrainien face aux attaques immorales et contraires à l'éthique de Poutine contre les populations civiles. »

— Une citation de  Joe Biden, président des États-Unis

Malgré les démentis de Moscou, les médias font d'état de l'intensification des bombardements sur des zones résidentielles et des infrastructures civiles.

Mercredi, les autorités ukrainiennes ont d'ailleurs accusé les forces russes de nouvelles atrocités, affirmant entre autres que ces dernières avaient bombardé un théâtre de Marioupol où s'étaient réfugiés des centaines de civils, et d'avoir tiré sur des personnes qui faisaient la queue pour acheter du pain à Tchernihiv.

En matinée, Volodymyr Zelinsky a livré, à distance, un vibrant plaidoyer devant le Congrès, renouvelant entre autres son appel en faveur d'une zone d'exclusion aérienne.

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Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, qui s'est adressé au Congrès américain, a été ovationné.

Photo : Getty Images / Drew Angerer

Selon un bilan de l'ONU qui ne cesse de croître, l'offensive russe a tué, en date du 16 mars, à minuit, 726 civils ukrainiens en plus d'en blesser 1174. Au 12 mars, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait de son côté confirmé un total de 31 attaques contre des structures médicales, dont celle sur un hôpital pour enfants de la ville assiégée de Marioupol, dans le sud de l'Ukraine, qui a suscité l'indignation de la communauté internationale.

Sans oublier les trois millions de civils qui ont fui le pays, d'après le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR).

Le Sénat uni derrière Kiev

La guerre lancée en Ukraine par la Russie semble rapprocher un Congrès autrement polarisé et divisé – même si ce n'est que sur cet enjeu.

Faisant preuve d'une rare unanimité, le Sénat américain a adopté, mardi, une résolution condamnant entre autres le président russe Vladimir Poutine et la Russie en raison d'actes d'agression s'élevant au niveau de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre contre le peuple ukrainien et d'autres personnes.

Ironiquement, la position américaine à adopter à l'endroit de la Russie était pourtant une pomme de discorde à Washington pendant les années Trump, plusieurs républicains emboîtant le pas à un président républicain qui refusait de hausser le ton face au maître du Kremlin et critiquait l'Ukraine.

La résolution, présentée par le républicain Lindsey Graham, condamne fermement la violence, les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et les violations systématiques des droits de la personne qui sont continuellement perpétrés par les forces armées russes et leurs mandataires, ainsi que par les commandants militaires du président Poutine, sous la direction du président Vladimir Poutine.

Le texte, qui cite aussi des actes qui représentent des crimes de guerre commis au cours des deux dernières décennies en Tchétchénie, en Géorgie, en Ukraine et en Syrie, soutient en outre la tenue d'enquêtes internationales sur d'éventuels crimes de guerre commis par la Russie.

Moscou dans le viseur de la justice internationale

La guerre lancée par Moscou il y a trois semaines est dans la mire de plusieurs instances pénales nationales et internationales, dont la Cour pénale internationale (CPI) et le Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

Les justices allemande et espagnole, selon le principe de compétence universelle, ont elles aussi ouvert une enquête sur de possibles crimes de guerre commis par les troupes russes.

Plus tôt dans la journée, la Cour internationale de justice (CIJ), le plus haut tribunal de l'ONU, a ordonné à Moscou de suspendre immédiatement sa campagne militaire en Ukraine, se disant profondément préoccupée par l'ampleur des combats.

Il y a une dizaine de jours, la Russie a refusé de comparaître lors de l'ouverture des audiences devant la CIJ, qui a lancé une procédure à la demande des autorités ukrainiennes.

Les organisations de défense des droits de la personne, comme Human Rights Watch et Amnistie internationale, ont dit avoir documenté de sérieuses violations des lois de la guerre par Moscou, entre autres le recours à des bombes à sous-munitions, interdites par la Convention d'Oslo, et à des armes thermobariques, prohibées par la Convention de Genève.

Avec les informations de Washington Post, et ABC News

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