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Le SCFP dépose une plainte à la Commission du travail et de l’emploi du N.-B.

Des grévistes alignés sur le trottoir. Ils ont des masques sur le visage à cause de la pandémie et brandissent des affiches jaunes en forme de poing levé.

Des travailleurs membres du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) en grève le 29 octobre 2021 à Moncton, au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Guy LeBlanc

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Au Nouveau-Brunswick, le Syndicat canadien de la fonction publique annonce qu’il dépose une plainte auprès de la Commission du travail et de l’emploi de la province. Le syndicat dénonce le fait que plus de 4000 employés n’ont pas encore reçu le remboursement de leur salaire rétroactif et exige des paiements immédiats.

À la suite d’une grève générale des 11 sections locales du SCFP à l’automne dernier, le gouvernement a signé plusieurs conventions collectives avec ses employés.

La Loi sur les relations de travail dans la fonction publique prévoit que la province doit effectuer les paiements dans les 90 jours suivant la signature des contrats, soit le 14 mars.

Au début du mois, le gouvernement a avisé certaines sections locales qu’ils ne recevraient pas leurs paiements à temps.

Selon le syndicat, plus de 4000 travailleurs du SCFP n’ont pas reçu ces paiements.

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Le président du SCFP au Nouveau-Brunswick, Stephen Drost (archives)

Photo : CBC/Jacques Poitras

Le président du SCFP du Nouveau-Brunswick, Stephen Drost, qualifie la situation d’inacceptable. Le gouvernement doit payer pour le travail qui a déjà été effectué, dit-il.

Le syndicat dénonce aussi que le gouvernement demande des mois supplémentaires pour finaliser les remboursements. Selon lui, les remboursements étaient prévisibles, le gouvernement savait qu’il devait respecter le délai de 90 jours.

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Le SCFP du Nouveau-Brunswick annonce en conférence de presse qu'il a déposé une plainte à la Commission du travail et de l'emploi de la province.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Les employés de la fonction publique touchés travaillent dans différents secteurs, tels que dans le milieu correctionnel, du travail social, de la sténographie judiciaire, du transport et du tourisme, entre autres (sections locales 1190, 1251, 1418 et 1840).

Le gouvernement est responsable de la rémunération de ces employés, par Service NB.

Le syndicat ne jette pas le blâme sur les travailleurs de ce service, mais plutôt sur leur employeur, soit le gouvernement, qui n’a pas mis en place assez de ressources pour effectuer les remboursements de salaires rétroactifs à temps, selon lui.

Les employés gouvernementaux d’autres sections locales ont déjà reçu leur remboursement, comme dans le secteur de la santé et de l'éducation. Le syndicat précise que ces secteurs ont des employés qui s’occupent du service de la paie et la province n’est donc pas impliquée au niveau administratif.

Autres demandes du SCFP

En plus d’exiger le remboursement immédiat des sommes rétroactives à ses membres, le syndicat demande, dans sa plainte officielle, que le gouvernement fournisse le calcul des sommes rétroactives pour chaque employé, afin de s’assurer qu’aucune erreur n’a été commise.

Selon le syndicat, des sténographes juridiques ont reçu leurs paiements rétroactifs, mais étaient erronés.

Le SCFP exige aussi que des dommages-intérêts compensatoires soient payés aux travailleurs touchés et demande même que des dommages-intérêts punitifs soient versés par la province, en raison de la conduite flagrante du gouvernement.

Pour le syndicat et ses membres, le gouvernement est dans le tort, car il n’a pas respecté le délai de 90 jours pour effectuer les paiements.

« Si c’est la province qui brise la loi, il doit y avoir des conséquences. »

— Une citation de  Simon Ouellette, porte-parole du SCFP du N.-B.

Le comportement du gouvernement est inacceptable, c’est une situation qui était entièrement prévisible, affirme Simon Ouellette, porte-parole du SCFP.

Selon lui, le gouvernement avait amplement le temps de mettre les ressources nécessaires pour répondre à ses obligations.

La plainte a été déposée à la Commission du travail et de l’emploi du Nouveau-Brunswick et une audience est prévue le 21 mars. Le syndicat espère que la Commission analysera les arguments du syndicat et qu’elle exigera de la province à mettre les bouchées doubles pour régler le problème, affirme Simon Ouellette.

Ajout de ressources

De son côté, le gouvernement affirme avoir demandé une extension dans le versement des paiements en raison du niveau plus élevé que d'habitude de dossiers à traiter. La province ajoute que des ressources supplémentaires ont été allouées au service de la paie, mais que cela n'a pas été suffisant.

Le traitement des paiements rétroactifs reste un processus largement manuel. Les agents de paie doivent effectuer des calculs individuels séparés pour des milliers de travailleurs, explique une porte-parole du gouvernement du Nouveau-Brunswick.

La province précise que Service NB a ajouté 19 employés pour la mise en œuvre des nouvelles conventions collectives et de la rémunération rétroactive et que six employés supplémentaires seront embauchés sous peu.

« Un gouvernement irresponsable »

Vendredi dernier, les libéraux avaient déjà dénoncé ce retard de paiements, le considérant comme un manque de respect envers les employés. 

Le chef de l’opposition officielle, Roger Melanson, estimait qu’il s’agissait d’une tentative du gouvernement Higgs de punir les travailleurs et travailleuses pour avoir fait la grève l’an dernier.

De son côté, Kevin Arseneau, député du Parti vert, croit qu'il s’agit d’une mauvaise gestion et que le gouvernement doit assumer ses responsabilités.

Le syndicat, dans ce cas-ci, a tout à fait raison de demander des réparations, le gouvernement a été très irresponsable et Higgs et son gouvernement, encore une fois, fait fi des lois. C’est comme si tout le monde doit suivre la loi sauf Higgs et son gouvernement, c’est tout à fait inacceptable, lance-t-il.

Avec des informations d'Alix Villeneuve

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