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Lent rétablissement du crabe des neiges dans l’estuaire et sur la Côte-Nord

Crabiers au quai de Rimouski.

Alors qu’en 2018 les crabiers de l'estuaire se sont partagé 2230 t, c’était 1213 t l’an dernier, soit presque deux fois moins.

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Radio-Canada

L’état de la biomasse commerciale de crabe des neiges des zones 17 et 16, soit les zones fréquentées par les crabiers de l’estuaire et de la Côte-Nord, est demeuré stable comparativement à l’an dernier.

Selon ce qui a été présenté aux pêcheurs cet hiver, la biomasse disponible à la pêche serait comparable à celle de l’an dernier.

C’est presque une bonne nouvelle pour les pêcheurs de l’estuaire et de la Côte-Nord qui ont subi d’importantes baisses de leurs allocations au cours des dernières années.

Depuis 2018, les 39 détenteurs de permis de la zone 17, qui englobe l’estuaire jusqu'à Rivière-à-Claude et à Pointe-des-Monts, doivent composer avec des diminutions du total admissible des captures (TAC).

Alors qu’en 2018 l’allocation totale était de 2230 t, c’était 1213 t l’an dernier, soit presque deux fois moins.

Des bacs pleins de crabes des neiges le 3 avril 2021.

Les deux zones, 16 et 17, sont dans le creux d'un cycle (archives)

Photo : Radio-Canada / Lambert Gagné-Coulombe

Cette année, les pêcheurs de la zone 17, dans l’estuaire, pourraient toutefois subir une légère diminution de 5 % de leur allocation, selon ce que les biologistes ont recommandé à la gestion des pêches.

Deux autres scénarios, soit le statu quo ou une augmentation du quota de 10 % retenus selon l’approche de précaution, ont aussi été présentés.

Cédric Juillet, biologiste responsable de l'évaluation de la biomasse au MPO, explique que le stock de la zone 17 évolue selon des cycles de 8 à 10  ans. Il est présentement dans le creux de la vague. On attend, dit-il, la prochaine vague qui s’en vient. On essaie d’avoir des indices pour savoir quand.

Ces indications, qui proviennent des relevés scientifiques, permettent de croire que la population de crabes de l’estuaire se rétablit peu à peu.

Parmi ces signes, Cédric Juillet souligne en autres l’augmentation de la densité de femelles primipares. C’est important. Il faut savoir qu’on pêche des mâles adultes de 95 mm et plus de largeur de carapace. Si on a des mâles, ça veut dire qu’on a aussi des femelles reproductrices qui sont là.

Il y a aussi d’autres indices, comme le recrutement d'adolescents, qui permet de voir que des mâles seront disponibles à la pêche d’ici un an ou deux après leur mue finale, ajoute le biologiste.

Sur la Côte-Nord

Ces indicateurs sont plus évidents dans la zone voisine qui longe la Côte-Nord jusqu’à Natashquan.

Dans la zone 16, de récents relevés de chalut, effectués en 2021 dans la baie de la rivière Sainte-Marguerite, permettent d’entrevoir un meilleur recrutement autour de 2023-2024.

Selon les observations des biologistes du MPO, cette saison, la biomasse serait aussi semblable à celle de l’an dernier.

Une camionette des pêcheries Uapan est stationnée à côté du Stormin Norman au parc d'hivernage.

Le Lady Léanne aux côtés du Stormin Norman des pêcheries Uapan au parc d'hivernage (archives)

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Les trois scénarios soumis à la gestion des pêches par les biologistes varient entre le statu quo, le plus prudent, et une hausse de l’allocation de 20 % par rapport à 2021, soit le scénario le plus risqué pour la ressource.

La prudence reste de mise. On est vigilants et on attend de voir les signes qui vont confirmer ce qu’on comprend du cycle, commente Cédric Juillet.

Si le rétablissement se confirme, l’augmentation de la biomasse s’étendra sur plusieurs années, ajoute M. Juillet.

D’autres facteurs pourraient jouer. La température de l'eau du Saint-Laurent, sa salinité et son taux d’oxygène sont des facteurs qui ont des effets sur la population de crabes des neiges. Ça nous prend des données au niveau local, indique le biologiste du MPO.

Une banque de données est en cours de construction, ce qui aidera à expliquer les changements chronologiques et spatiaux de la biomasse du crabe des neiges dans les zones 16 et 17.

Les plans de pêche du crabe des neiges de l’estuaire et de la Côte-Nord, qui détermine entre autres les allocations et les dates de départ, seront publiés d’ici la fin du mois.

L’an dernier, le départ des crabiers de la zone 17, les premiers à lancer la saison, avait été fixé au 24 mars à 5 h. Ceux de la Côte-Nord étaient partis le 1er avril.

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