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Hausse du prix des fertilisants : les producteurs de grains s’inquiètent

Moissonneuse-batteuse dans un champ de blé, avec le soleil juste au dessus de l'horizon et un petit arbre à l'arrière-plan.

Une importante part des importations canadiennes de fertilisants provient de la Russie. (archives)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le conflit en Russie fait exploser le coût des engrais azotés pour les agriculteurs, le pays étant l'un des principaux fournisseurs de fertilisants des Canadiens. Les producteurs de grains de l'Estrie sont de plus en plus inquiets, car ils estiment que ces fertilisants sont essentiels à leurs cultures.

On a la station de recherche à Lennoxville. Des recherches ont été faites. Quand on ne met pas d’engrais, on n’a pas de démarreur pour le maïs, c’est 50 % de la production qu’on n’a pas, 50 % de baisse de rendement, explique Stéphane Vaillancourt, le président de la Fédération des producteurs de grains de L'Estrie. Cette dernière compte 400 membres, dont la majorité se trouvent dans la région de Coaticook.

L'an dernier, l'engrais azoté coûtait près de 650 $ la tonne. Actuellement, le prix se situe à près de 1200 $ la tonne.

Stéphane Vaillancourt devant des silos à grains.

Stéphane Vaillancourt est président des producteurs de grains en Estrie.

Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette

On achète en Russie parce que l'engrais part d’un port en eau profonde. Le Canada et les alliés empêchent les bateaux d’accoster, alors les bateaux qui arrivent de Russie ne peuvent livrer leur marchandise, dont les engrais azotés, indique M. Vaillancourt. Il y a 35 % des besoins où l’on n'a pas d'engrais. Il y a 35 % du volume que les fournisseurs ne savent pas où prendre.

Il précise par ailleurs que se tourner vers l’Australie pour s'approvisionner en engrais est une option moins intéressante, car le volume de navires y est moins important.

Ils ont doublé de prix, et ça monte encore. Tous les jours, ça monte, ça monte, ça monte. Même si on ne veut pas être impliqué dans la guerre, on subit les conséquences de cette guerre. 

Une citation de Stéphane Vaillancourt, président de la Fédération des producteurs de grains de L'Estrie

Plus de 90 % des agriculteurs ont acheté leurs semences avant la guerre. Les commandes vont arriver. C’est difficile de se retourner de bord, ajoute-t-il.

De nombreux obstacles

Les producteurs font déjà face à de nombreux autres obstacles, dont le prix du carburant à la hausse et l’inflation généralisée, souligne Stéphane Vaillancourt. Selon lui, la situation pourrait entraîner une crise alimentaire

Des producteurs estiment qu'il faudra éventuellement refiler la facture aux consommateurs, surtout si le conflit perdure. Le président de la Fédération des producteurs de grains lance aussi un cri du cœur au gouvernement.

Ce n’est pas vrai que les institutions financières vont prêter des sous aux agriculteurs parce que l’engrais a doublé, le carburant a doublé. Ça va prendre des aides du gouvernement fédéral. 

Une citation de Stéphane Vaillancourt, président de la Fédération des producteurs de grains de L'Estrie

La ministre de l'Agriculture Marie-Claude Bibeau discute avec les producteurs. Elle doit aussi participer à l'Assemblée générale annuelle des producteurs de grains du Québec la semaine prochaine.

Je comprends qu’il y a une demande pour certains programmes d’urgence, un peu de type COVID, peut-être, donc c’est quelque chose qu’on étudie en ce moment. On essaie de travailler aussi dans le moyen terme pour voir de quelle façon notre chaîne d’approvisionnement alimentaire peut être de plus en plus résiliente face à ces nouveaux risques auxquels on n’avait pas à faire face il n’y a pas si longtemps, souligne la ministre.

Selon le cabinet de la ministre Bibeau,  la Russie représente 17 % des importations totales d’engrais au pays, et 43 % au Québec. 

La menace d'une grève du Canadien Pacifique (CP) plane aussi sur les agriculteurs. L'entreprise ferroviaire est responsable d'expédier 75 % des engrais utilisés au Canada, selon Fertilisants Canada. Un médiateur a été nommé par le gouvernement fédéral pour accompagner les parties. 

Avec les informations de Guylaine Charette 

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