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Fermeture de plusieurs RPA dans Charlevoix : les aînés écopent

L'extérieur d'une grande maison en hiver.

La Maison au petit bonheur de La Malbaie doit fermer ses portes d'ici juillet.

Photo : Radio-Canada / Camille Carpentier

En difficulté, de nombreuses résidences privées pour aînés ont mis la clé sous la porte au cours des dernières années dans Charlevoix. Alors que des aînés sont poussés à l’extérieur de leur milieu de vie en raison d’un manque de places, des intervenants réclament davantage de soutien gouvernemental pour ces résidences de proximité.

Comme partout dans la province, des propriétaires de petites résidences pour aînés de Charlevoix jettent l’éponge face à des défis financiers et de main-d'œuvre grandissants.

Un modèle difficilement viable

La Maison au petit bonheur de La Malbaie fermera ses portes d’ici le premier juillet. Les résidents ont été mis au courant le mois dernier.

Ce sont des difficultés financières qui ont poussé le conseil d’administration à prendre la difficile décision. On en a pleuré, pis on en pleure encore. C’est pas évident, partage avec émotion la secrétaire-trésorière du conseil d’administration de la résidence, Julienne Tremblay.

La résidence doit héberger au moins huit personnes pour être rentable, ce qui n’était pas toujours possible en raison du roulement des résidents. Chaque départ signifiait une modification temporaire des services offerts. On ne peut pas arriver, offrir les mêmes services avec la même qualité de service, explique le vice-président du conseil d’administration de la résidence Bruno Savard.

Un homme et une femme en entrevue.

Bruno Savard et Julienne Tremblay ont dû prendre la déchirante décision de fermer la Maison au petit bonheur.

Photo : Radio-Canada

Financement difficile

Nicole Boudreault-Côté est présidente du conseil d'administration de la résidence Lanoyée à Notre-Dame-des-Monts.

Elle ne craint pour l’instant pas pour le futur de sa résidence. Elle juge toutefois que le modèle de financements des petites RPA, qui n’ont généralement de revenus que les loyers perçus aux résidents, n’est pas viable à long terme. Faut faire des levées de fond, des bingos, des soupers spaghetti, sauf que ça fait deux ans qu'on n'a pas pu faire ça parce qu'on est en pandémie. Donc, on n'a plus d'autres sous, ajoute-t-elle, affirmant que la pandémie les a particulièrement fragilisés.

Qui dit financement précaire, dit salaires précaires. La pénurie de main-d'œuvre est donc le nerf de la guerre pour beaucoup de résidences qui ont pris la décision de fermer.

Nicole Boudreault-Côté

Nicole Boudreault-Côté est présidente du conseil d'administration de la résidence Lanoyée.

Photo : Radio-Canada

Le Dr Lucien Rodrigue est médecin et membre du comité exécutif du Parti québécois dans Charlevoix-Côte-de-Beaupré. Il remarque de plus en plus le découragement des propriétaires de petites résidences, qui en raison de difficultés financières, peinent à attirer et retenir des employés.

Il croit que le gouvernement doit aider financièrement les résidences, afin que les emplois qu’ils offrent soient plus compétitifs. Il y a tellement d'emplois maintenant, ils peuvent aller n'importe où avec de meilleures conditions, ajoute-t-il.

Déracinement

Le cabinet de la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants affirme que plusieurs programmes ont été créés depuis le début de la pandémie pour soutenir les RPA de plus petite taille, même s’il reconnaît que certaines résidences avec un modèle d’affaires moins compétitif ont dû fermer leurs portes récemment.

Toutefois, il indique que le nombre de places dans des milieux de vie pour aînés continue de croître année après année, avec la construction de plus grandes résidences, comme la Résidence pour personnes âgées des Bâtisseurs à La Malbaie en 2019.

Mais pour le Dr Rodrigue, les petites résidences jouent un rôle clé pour garder les aînés dans leur milieu, et méritent leur place dans le système de santé. Pour leur santé physique et leur santé psychologique, être capable de se déplacer, de sortir, de reconnaître leur environnement, c’est stabilisant, et c’est favorable à leur bien-être, affirme-t-il.

Le Dr Lucien Rodrigue.

Dr Lucien Rodrigue est médecin et membre du comité exécutif du Parti québécois dans Charlevoix-Côte-de-Beaupré.

Photo : Radio-Canada

La municipalité de Saint-Siméon est frappée de plein fouet par cette vague de fermetures. En peu de temps, deux résidences ont fermé, forçant les aînés à quitter leur milieu pour s’installer souvent dans des municipalités qui leur sont étrangères, plus loin de leurs proches.

Le maire Sylvain Tremblay constate donc un nouveau type d’exode : celui des aînés. Selon le politicien, chaque fois qu’un citoyen quitte le village, celui-ci se dévitalise un peu plus. Plus longtemps les gens restent avec nous, plus ça fait en sorte que c'est un milieu dynamique autant pour les jeunes que les personnes âgées. Depuis quelques années, on les perd dans les deux extrémités, ce qui est très malheureux, déplore-t-il.

Sylvain Tremblay croit que l’amélioration des services de soins à domicile pourrait être une autre solution pour garder les aînés dans leur communauté.

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale affirme de son côté travailler en collaboration avec la députée de la région et la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants ainsi qu'avec les partenaires du milieu, dont les élus municipaux pour identifier des solutions aux problèmes vécus par les petites RPA.

Avec la collaboration de Camille Carpentier

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