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Une coalition réclame 20 nouvelles aires protégées dans l’Est-du-Québec

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La coalition souhaite que plus de territoire du sud du Québec, soit de la portion plus habitée de la province, soit protégé. (archives)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Un regroupement d'organisations environnementales, citoyennes, de communautés autochtones et de professionnels de la santé réclament que Québec multiplie les annonces pour la création de 70 nouvelles aires protégées dans le sud de la province. Vingt de ces zones visées sont situées dans l'Est-du-Québec.

Les organismes SNAP Québec, Nature Québec, le Conseil des Innus de Pessamit, Greenpeace Canada, Environnement Côte-Nord, le Conseil régional de l’environnement du Bas-Saint-Laurent, le Conseil régional de l’Environnement de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, le Comité de protection des monts Chic-Chocs de la Réserve faunique de Matane et le Conseil québécois du loisir font notamment partie de cette coalition.

Elle dénonce le fait que le gouvernement se prive de plusieurs kilomètres carrés d'aires protégées sous la pression, selon elle, des industries forestière, gazière et pétrolière.

Concrètement, 70 projets ont été jugés comme étant prioritaires par la coalition. Elle demande au gouvernement de François Legault de protéger ces zones et d'envoyer un message clair à ce propos lors de la présentation du budget provincial la semaine prochaine.

De ces 70 projets visés par la coalition, trois se situent au Bas-Saint-Laurent, sept en Gaspésie et dix sur la Côte-Nord.

Selon la directrice principale de la Société pour la nature et les parcs (SNAP) Québec, Alice de Swarte, la protection de ces aires situées dans des territoires de coupes forestières ne devrait pas constituer un frein au développement économique du Québec.

C'est déjà arrivé dans le passé qu'on entende des prophéties sur l'impact de certains projets de conservation par rapport aux emplois en région ou aux retombées économiques, aux impacts économiques de la création d'aires protégées. Ce n'est pas forcément quelque chose qui est vérifié par la suite. [...] Donc, encore une fois, on manque aujourd'hui d'un cadre pour évaluer les coûts et bénéfices associés à la création d'aires protégées, explique-t-elle.

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La coalition estime que l'industrie forestière met parfois de la pression sur le gouvernement pour freiner la création d'aires protégées. (archives)

Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

Le directeur de la conservation à la SNAP Québec, Pier-Olivier Boudreault, avance aussi que la coalition a beaucoup d'attentes en ce qui a trait à la fin prochaine de l'exploration et de l'exploitation gazière et pétrolière dans la province qui devrait annuler beaucoup de contraintes à la création d'aires protégées, notamment en Gaspésie.

La création d'aires protégées dans les secteurs où des entreprises détenaient des licences d'exploitation ou d'exploration des hydrocarbures était limitée.

Maintenant qu'on va de l'avant vers la fin d'un régime d'hydrocarbures au Québec, bien ça vient lever ce dernier obstacle-là. Donc, on espère que, d'ici aux élections, il y ait un mouvement de la part du gouvernement, aussitôt qu'on va sanctionner le projet de loi pour que les licences d'exploration d'hydrocarbures soient retirées et qu'on puisse aller de l'avant avec ces projets [de création d'aires protégées], poursuit M. Boudreault.

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En jaune : les emplacements des permis d'exploration pétrolière et gazière au Québec

Photo : Radio-Canada / ministère des Ressources naturelles

La directrice générale du Conseil régional de l'Environnement Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (CREGIM), Caroline Duchesne, estime elle aussi que la création d'aires protégées sera facilitée par l'abandon de l'exploration et de l'exploitation des hydrocarbures au Québec.

L'ensemble de la Gaspésie était "claimée", comme on dit. Donc, il y avait un propriétaire de "claim" pour faire de l'exploration. Alors, c'était très difficile et il fallait que ces permis-là soient abandonnés pour que le ministère puisse les reprendre, ces parcelles de terrains là, pour les protéger, rappelle-t-elle.

En plus de l'exploitation forestière, gazière et pétrolière, la coalition croit que le développement hydroélectrique peut contrecarrer la création d'aires protégées, notamment sur la Côte-Nord.

Des aires protégées accessibles aux plaisanciers

La coalition souligne aussi l'importance, selon elle, de protéger des secteurs près des milieux où la population est plus concentrée et non seulement ceux du nord du Québec.

Pier-Olivier Boudreault estime que certaines de ces aires seraient notamment menacées par l'étalement urbain, mais elles représentent également des avantages au plan du développement économique et touristique.

« Ce qu'on fait valoir, c'est que ces aires protégées là ne sont pas des cloches de verre. Ce sont des endroits où les gens peuvent aller, où on peut développer le tourisme. »

— Une citation de  Pier-Olivier Boudreault, directeur de la conservation à la SNAP Québec

La directrice générale du Conseil régional en environnement du Bas-Saint-Laurent (CREBSL), Luce Balthazar, note toutefois qu'il reste certains détails à être négociés, notamment en ce qui a trait aux droits de chasse et pêche et aux droits de passage.

Il y a quand même un peu de lenteur, de [manque] de volonté politique, au niveau du ministère de l'Environnement lui-même. Pas mal de manque de ressource aussi, de personnel pour répondre à toutes les demandes, soutient-elle.

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Les aires protégées pourraient être rendues accessibles aux randonneurs et même possiblement aux chasseurs et aux pêcheurs. (archives)

Photo : Radio-Canada/Isabelle Larose

Le gouvernement du Québec s'est dit prêt, en avril 2021, à se fixer comme objectif de protéger 30 % du territoire québécois d'ici 2030.

En décembre 2020, il se réjouissait d'avoir atteint sa cible de 17 % de territoire protégé, soit la cible de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique qu'il s’était engagé à respecter pour 2020.

En février dernier, Québec a annoncé la création de 10 nouvelles aires protégées dans le sud du Québec d’une superficie totale de 300 km2 situés dans les régions de la Côte-Nord, des Laurentides, de Lanaudière et de l’Outaouais.

Dans une réponse transmise par écrit à notre demande d'entrevue pour réagir aux souhaits de la coalition, le ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les Changements climatiques mentionne que le gouvernement poursuit son travail pour protéger plus de territoires en considérant les enjeux environnementaux, sociaux et économiques.

De nouvelles cibles internationales en matière de protection de la biodiversité devraient être fixées officiellement lors de la prochaine Conférence des Parties de la Convention sur la diversité biologique, à l’automne 2022. Le gouvernement du Québec se positionnera ensuite en toute cohérence avec celles-ci, indique aussi le ministère.

Le ministère souligne également que les projets restant dans la banque de territoires, qui étaient à l’étude à l’automne 2020 et qui sont situés dans le sud du Québec pourront notamment contribuer à l’atteinte des futures cibles en matière de territoire protégé dans la province.

D'après les informations de Jean-Philippe Guilbault

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