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Pas assez de données pour évaluer les stocks de morue

La tête d'une morue.

Le moratoire sur la pêche à la morue a été déclarée il y a 30 ans, en 1992. L'espèce demeure encore sous la zone critique de reconstitution, selon le ministère des Pêches et des Océans.

Photo : The Associated Press / Robert F. Bukaty

Pêches et Océans Canada n’a pas assez de données pour évaluer le stock de morue du Nord en 2022, soit 30 ans après le moratoire qui a secoué l’industrie des pêches de Terre-Neuve.

Les ennuis mécaniques imprévus d’un navire de recherche ont entraîné des lacunes suffisamment importantes dans la collecte des données pour annuler l’évaluation du stock cette année.

L’automne dernier, l'embrayage du treuil principal du navire Alfred Needler est tombé en panne.

Le navire Alfred Needler.

Le navire Alfred Needler a connu des problèmes mécaniques importants.

Photo : Radio-Canada

Un de nos navires était en panne pour la durée d’un de nos relevés plurispécifiques, affirme Brian Healey, gestionnaire de la division des ressources aquatiques du MPO. En gros, ça a réduit notre capacité de 50 % l'automne dernier.

Ces données sont essentielles à la gestion durable des pêches, selon le site web du ministère, et dans un communiqué ce dernier assure qu’un plan d’atténuation est en place.

Un problème grave

La perte de ces données est un problème grave, mais nous avons plusieurs autres années de données et nous avons des modèles prévisionnels, assure M. Healey.

Au cours de la dernière année, plusieurs scientifiques du MPO ont affirmé au micro de Radio-Canada que des problèmes mécaniques ont nui à la qualité des données scientifiques.

Nous n'avons pas de données cette année, a affirmé la biologiste, Karen Dwyer, en novembre dernier, en répondant à une question sur le zooplancton au large de Terre-Neuve. Nous avons eu des problèmes avec les navires et d’autres problèmes opérationnels cette année, et l'an dernier c’était la pandémie, alors il nous manque des données en ce moment.

En 2016, un rapport (Nouvelle fenêtre) de la commissaire à l’environnement et au développement durable a aussi fait état de déficiences dans les activités de collecte de données. La défaillance mécanique de certains navires avait entraîné des lacunes dans l’information et des préoccupations au chapitre de la qualité, selon la commissaire à l’époque, Julie Gelfand.

Des décisions éclairées?

Dans une déclaration, le MPO assure que grâce à notre programme scientifique exhaustif et à notre processus décisionnel de gestion, nous sommes confiants dans notre capacité à prendre des décisions éclairées pour ces stocks au cours des prochains mois, en ajoutant que nous bénéficions du fait que la morue du Nord est l’une de nos espèces pour laquelle nous avons une richesse de données.

Jim Winter, ancien journaliste de CBC qui a couvert l’industrie de la pêche de Terre-Neuve-et-Labrador pendant des décennies, croit cependant que les données du MPO ne sont pas fiables si elles ne sont pas collectées régulièrement.

Faire des évaluations épisodiques, c’est diminuer la valeur des informations, explique-t-il. Si on n’a pas les bonnes informations, comment est-ce qu’on va prendre des décisions qui sont précises ou qui ont une chance d’être éclairées?

Un rôle plus important pour les pêcheurs?

Le président du syndicat FFAW-Unifor soutient que s’il existe des lacunes dans les données, le MPO devrait consulter davantage les pêcheurs.

Keith Sullivan.

Keith Sullivan, président du syndicat FFAW-Unifor, espère que les pêcheurs soient davantage consultés.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

C’est un bilan qui laisse à désirer. Le gouvernement fédéral parle souvent de l’importance de la science. Voici un relevé qui est d’une importance primordiale pour plusieurs espèces, affirme Keith Sullivan. Il faut discuter avec les pêcheurs de ce qu’ils observent, pour qu’ils puissent aider le ministère à comprendre les données qu’on a déjà collectées.

Le MPO estime que le stock de morue du Nord est relativement stable depuis 2017, mais demeure encore sous la zone critique de reconstitution.

En 2018, il a annoncé qu’une évaluation du stock de morue serait effectuée chaque année pendant cinq ans.

Le ministère avait déjà raté cette cible. L’évaluation de 2020 a été perturbée par la COVID-19.

Avec des informations de Todd O'Brien, de CBC

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