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Garderies : 3400 nouvelles places et une baisse de frais dès décembre

Une enfant de 11 mois, vêtue d'une veste rose, s'amuse sur un tapis rouge montrant des personnages qui entourent un jeu de marelle numéroté.

Les parents d'enfants de moins d'un an paient jusqu'à 41 $ par jour pour les envoyer dans une garderie au Nouveau-Brunswick (archives).

Photo : Getty Images / Sean Gallup

Des parents néo-brunswickois pourraient voir leurs frais de garde d'enfants diminuer dès décembre.

Le gouvernement provincial a partagé cette semaine son plan avec les exploitants de garderies dans la province. Ce plan découle de l’entente fédérale-provinciale qui vise à réduire les frais quotidiens à 10 $ par jour par enfant d’ici 2026.

On y apprend qu’une première baisse des frais aura lieu en décembre. Les familles à faible revenu recevront une plus grande part des économies dans un premier temps.

En décembre 2022, les frais quotidiens moyens des parents seront réduits de 50 %. Plus de 11 000 familles du Nouveau-Brunswick profiteront d'une réduction d’environ 3000 $ par année de leurs frais pour leurs services de garderie éducatifs, peut-on lire.

La réduction des frais à 10 $ par jour est prévue en mars 2026. On précise qu’il s’agira de frais moyens qui viseront en particulier les familles à faible et à moyen revenu.

Première page du rapport intitulé Accord Canada–Nouveau-Brunswick sur l'apprentissage et la garde des jeunes enfants à l'échelle du Canada.

Le rapport intitulé Accord Canada–Nouveau-Brunswick sur l'apprentissage et la garde des jeunes enfants à l'échelle du Canada a été présenté aux exploitants de garderies le 14 mars 2022.

Photo : Gouvernement du Nouveau-Brunswick

Une grille tarifaire sera rendue publique d’ici la fin de l’année, mais on ignore encore quels montants seront exigés des familles selon leurs revenus.

En ce moment, les ménages qui ont un revenu annuel de moins de 80 000 $ bénéficient de frais de garde réduits s’ils envoient leurs enfants dans un centre de la petite enfance désigné. L’an dernier, 3628 enfants étaient inscrits à ce programme de subventions.

Une autre partie de la baisse des frais sera financée par des subventions aux exploitants de garderies désignées.

Les frais de garde au Nouveau-Brunswick varient d’une région à une autre, mais en moyenne, les parents d’un nourrisson de moins d’un an paient 41,30 $ par jour. Pour un enfant d’âge préscolaire, la moyenne est de 35 $ par jour.

La part du lion au secteur à but non lucratif

D’après le plan de la province, 3400 nouvelles places seront créées, dont 500 d’ici deux ans.

De ce nombre, 2400 places seront établies dans des centres de la petite enfance à but non lucratif et dans des garderies en milieu familial. Les 1000 autres nouvelles places seront intégrées dans les garderies à but lucratif qui ont obtenu une désignation de centre de la petite enfance.

Il faut savoir qu’en ce moment la grande majorité des garderies sont à but lucratif au Nouveau-Brunswick et qu’elles sont donc des entreprises. Sur les 598 garderies de la province, 339 sont à but lucratif. La plupart de ces garderies (305) ont obtenu une désignation comme centre de la petite enfance, ce qui les contraint à suivre des normes provinciales.

La province souhaite qu’une partie de ces entreprises fassent une transition volontaire vers le modèle à but non lucratif

Cela dit, on n’écarte pas la possibilité de créer davantage de places dans le secteur des garderies à but lucratif.

Si la province devait voir la nécessité démontrée de créer plus de 1000 places dans le secteur à but lucratif pour mieux répondre aux besoins des familles, le Nouveau-Brunswick présenterait un plan pour créer des places supplémentaires dans le secteur à but lucratif, au comité de mise en œuvre, aux fins de discussion pour que le Canada et le Nouveau-Brunswick s’entendent sur la voie à suivre, apprend-on.

Des subventions pour le recrutement et la rétention

La province admet que les problèmes de recrutement et de rétention du personnel sont criants. Une éducatrice qui possède une formation reçoit en ce moment 19 $ l’heure. Le plan provincial prévoit une augmentation qui portera le taux horaire à 23,47 $. Pour le personnel qui n'a pas de formation, le salaire passera de 14,90 $ l'heure à 16,79 $ l'heure.

C’est un pas dans la bonne direction, selon Renay Martin-Landry, propriétaire du Centre éducatif Le Platinum, à Dieppe, mais il faut des mesures de rétention du personnel.

Renay Martin-Landry près d'un sapin de Noël et devant un mur décoré de peintures.

Renay Martin-Landry, propriétaire du Centre éducatif Le Platinum, à Dieppe, au Nouveau-Brunswick

Photo : Radio-Canada

C’est un sujet assez chaud. Beaucoup d'éducatrices formées sortent du secteur pour aller chercher un travail à l’extérieur du secteur de la petite enfance. C’est vraiment difficile de garder nos éducatrices formées. C’est difficile de garder nos éducatrices, point. Cet enjeu pèse lourd dans le secteur de la petite enfance en ce moment, déplore-t-elle.

Déception pour les services après classe

Le plan présenté cette semaine vise uniquement les frais pour la garde des enfants de moins de six ans. Les services de garde après classe ne pourront donc pas obtenir de subventions.

Sylvie Lang est directrice du centre parascolaire Entre Amis à Dieppe. Elle dénonce vivement la décision d'exclure les enfants d'âge scolaire.

Sylvie Lang, par vidéoconférence.

Sylvie Lang pense que le travail des éducatrices qui oeuvrent auprès des enfants d'âge scolaire n'est pas assez valorisé.

Photo : Radio-Canada

« C'est un coup dur [...] Pourquoi les services après classe ont-ils été oubliés? C'est de valeur. »

— Une citation de  Sylvie Lang, directrice du centre parascolaire Entre Amis à Dieppe

Il y a encore du chemin à faire sur le plan de la compréhension et de la raison d'être des services après classe. On n'est pas reconnus à notre juste valeur. Ce n'est pas des centres de gardiennage; on est des éducateurs, on offre une éducation additionnelle aux enfants, ajoute-t-elle.

Elle pense que la situation sera difficile pour les parents qui devront passer de 10 $ pour une journée complète à la garderie de leur enfant d'âge préscolaire à plus de 20 $ par jour pour un service après l'école.

Je pense qu'on devrait être accueillis d'une façon ou d'une autre dans cette entente du fédéral, pense Mme Lang, qui espère qu'il y aura une mobilisation des parents.

Renay Martin-Landry croit également que le travail des éducateurs dans les services après classe doit être valorisé.

Ça me déçoit. Le ministre Cardy a vraiment besoin de voir l’importance du soutien et de l’accompagnement que les éducatrices après classe apportent aux enfants qui arrivent de l’école. Au point de vue émotionnel [...] il y a tout un monde entre l’école et la maison le soir. Quand on les reçoit, il y a tout un bagage d’émotions et de choses qu’ils ont vécues pendant la journée et c’est l’éducatrice qui est portée à soutenir et à accompagner ces enfants, observe Mme Martin-Landry, du Centre éducatif Le Platinum.

Des consultations doivent être menées au cours des prochains mois à la grandeur de la province avec les parents et d’autres partenaires communautaires.

Avec des informations de l'émission La matinale d'ICI Acadie et d'Héloïse Rodriguez-Qizilbash

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