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L’AFO dévoile ses priorités pour les prochaines élections ontariennes

Le drapeau franco-ontarien.

Les Franco-Ontariens ont plusieurs attentes en vue des élections de juin prochain (archives).

Photo : Radio-Canada

En prévision des élections provinciales de juin prochain, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a dévoilé, mardi, les principaux chantiers auxquels l’organisme souhaite que le prochain gouvernement s’attaque.

La plateforme franco, comme la nomme l’organisme, s’oriente autour de quatre thèmes : l’augmentation de la main-d'œuvre bilingue, l’accès aux soins de santé de longue durée en français, l’augmentation de l’espace francophone en Ontario et l’appui au secteur des organismes sans but lucratif.

Des priorités largement inspirées par la pandémie des deux dernières années et qui ont été établies en concertation et à l’aide d’un sondage, mené en septembre, auprès des quelque 150 organismes et des institutions membres de l’AFO, insiste le président de l’organisme Carol Jolin, en entrevue à Radio-Canada.

Ce document a été mis ensemble à partir de tout ce que nos membres nous ont dit qui doit être amélioré au niveau des services en français en Ontario, explique-t-il.

« La pandémie nous a donné des pistes sur lesquelles on doit travailler. C'est ce qu'on fait dans ce document pour sensibiliser les partis et les candidats et faire en sorte qu'on puisse améliorer les services en français en Ontario. »

— Une citation de  Carol Jolin, président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario

L’organisme porte-parole des Franco-Ontariens espère nourrir la réflexion des partis et des candidats et, surtout, obtenir des engagements. Une sensibilisation d'autant plus importante qu'elle peut permettre d'éviter de revivre la crise linguistique de 2018, estime M. Jolin.

Le but, c'est que les partis soient bien conscients des priorités de la communauté francophone. [...] Et on veut s'assurer que ces priorités vont se retrouver dans les plateformes électorales des différents partis, explique le président de l'organisme, précisant que le document a déjà été remis à tous les partis et que l'AFO et ses membres feront du démarchage politique dans les prochains mois à l'approche du scrutin.

Pour convaincre les candidats et les partis, l'AFO rappelle, en s’appuyant sur les chiffres du recensement de 2016, que sur les 124 sièges que compte l’Assemblée législative, environ le tiers comptent au moins 2000 francophones.

Des idées pour les partis

En matière de pénurie de main-d'œuvre, l’AFO propose d’insister sur le continuum de l’éducation de langue française de la petite enfance au postsecondaire,  et ce, alors que l’Ontario négocie actuellement une entente avec le fédéral dans le domaine de la petite enfance.

C'est extrêmement important qu'on puisse avoir des garanties de places francophones. Et dans la même veine, au niveau de la plateforme franco, on parle d'éducateurs et éducatrices. On est en grave pénurie, donc il y a du travail qui doit être fait pour former, recruter, former et s'assurer qu'on a une main-d'œuvre francophone pour pouvoir donner ces services dans les garderies, illustre M. Jolin.

Carol Jolin dans un hall de l'assemblée législative avec des colones en marbre.

Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin (archives)

Photo : Radio-Canada

Il demande également d’augmenter l’immigration francophone et de travailler à l’immersion.

Pour y parvenir, l’organisme lance plusieurs idées, comme établir des passerelles avec d’autres provinces et pays francophones pour attirer des éducateurs et des enseignants francophones, créer des places dans les facultés d’éducation partout en Ontario ou développer un modèle de gouvernance par et pour les Franco-Ontariens des centres de la petite enfance, la gouvernance actuelle bilingue étant un frein au développement de ce système, selon l’AFO.

L'Université de Sudbury.

L'AFO souhaite que l’Université de Sudbury devienne l’institution universitaire francophone pour la région (archives).

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

Après la crise à l’Université Laurentienne, le porte-parole de la communauté franco-ontarienne rappelle également son souhait que l’Université de Sudbury devienne l’institution universitaire francophone pour la région à l’aide d’un financement de base annuel.

C'est un dossier extrêmement complexe [...] et évidemment, c'est une priorité de la communauté [...]. On continue de travailler activement sur ce dossier avec les deux paliers de gouvernement. On a eu des discussions très positives. Mais c'est un dossier de longue haleine, qui ne va pas se régler dans quelques mois. [...] Je suis optimiste qu’on va être capable de faire en sorte qu'on puisse avoir une troisième université franco-ontarienne, avance M. Jolin.

L’AFO propose également que soit encouragée une plus grande collaboration entre les institutions francophones en formant un réseau universitaire francophone inspiré par le modèle des universités du Québec.

En matière d’immigration, l’AFO suggère de convaincre Ottawa d’augmenter de façon importante le nombre d’immigrants que la province peut sélectionner annuellement dans une entente exigeant que l’Ontario continue d’atteindre tous les ans sa cible en immigration francophone, soit 5 %. Une cible fixée par le gouvernement provincial en 2012 et qui n’a jamais été atteinte depuis.

Priorité à la santé

Dans le sondage mené par l’AFO auprès de son réseau, l’accès à des services de santé en français a été plébiscité et se retrouve en première position, souligne l'organisme, juste devant les soins de longue durée et le postsecondaire de langue française.

Raison pour laquelle l’organisme demande, notamment, de concevoir un plan pour augmenter le recrutement de main-d'œuvre francophone et bilingue et d’investir dans les soins de santé en français de première ligne, en prévoyant un pourcentage pour les services en français dans chaque initiative menée par le gouvernement.

Un stéthoscope aux couleurs du drapeau franco-ontarien.

L’accès à des services de santé en français est une priorité, selon l'AFO (archives).

Photo : Radio-Canada

Selon l’organisme, les bureaux de santé publique locaux devraient être assujettis à la Loi sur les services en français et donc avoir des obligations linguistiques. Il est nécessaire, selon lui, d’augmenter aussi l’accès à des soins de longue durée en français en priorisant les désignations culturelles en vertu de la loi, indiquant que si les aînés francophones représentent 5,5 % des personnes de 75 ans et plus de la province, seulement 1,9 % des foyers de soins de longue durée sont désignés sous la Loi sur les services en français et 0,05 % ont une désignation culturelle.

[Ce qu'on veut, c'est] qu'on puisse donner des services en français, avoir du personnel en français et qu'on tienne compte de qui nous sommes lorsqu'on donne des services, explique le président de l'AFO.

« On veut profiter de ce qu'on a vu, par exemple au niveau des services de soins de longue durée, pour améliorer [les services en français], parce que la pandémie nous a révélé qu'il y avait de graves lacunes. »

— Une citation de  Carol Jolin, président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario

Alors que le gouvernement progressiste-conservateur a fait voter, comme il s’y était engagé, une modernisation de la Loi sur les services en français, l’AFO invite le parti qui sera au pouvoir après les élections à se servir des nouvelles possibilités qu’offre la loi en augmentant les services offerts en français dans des régions qui ne sont pas désignées bilingues.

Actuellement, 20 % des francophones vivent dans des régions non désignées, rappelle l’organisme.

La ministre des Affaires francophones a le pouvoir de donner des services [en français] dans des régions non désignées. [...] On est en train de travailler avec les membres dans les régions pour identifier ces services, explique M. Jolin.

Durement touchés par deux ans de pandémie, les organismes sans but lucratif franco-ontariens devraient également recevoir davantage d’aide financière, milite l’AFO, qui plaide aussi pour une réduction de leur fardeau administratif.

Il y a plusieurs organisations qui ont dû mettre du personnel à pied, couper des services... Ce qu'on veut, c'est rebâtir les services comme ils étaient avant la pandémie, conclut M. Jolin.

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