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Les bombardements s’intensifient sur Kiev, où un couvre-feu est décrété

Un pompier étreint une femme.

Un pompier réconforte une femme près d'un immeuble résidentiel visé par une frappe russe, peu avant l'aube mardi, à Kiev.

Photo : afp via getty images / Aris Messinis

Radio-Canada

Au 20e jour de la guerre, les sirènes d'alerte ont encore une fois retenti à travers toute l'Ukraine. À Kiev, les bombardements se sont intensifiés et ont atteint plusieurs immeubles résidentiels du centre de la capitale, sur laquelle les troupes de Vladimir Poutine continuent de resserrer leur étau.

Des immeubles résidentiels de plusieurs étages se trouvant dans les quartiers de Sviatochine, Podil et Lukyanivska, tous situés dans le nord-ouest de la capitale, non loin du centre, ont été bombardés mardi.

À Sviatochine, c'est un immeuble de 15 étages qui a été visé. Quatre personnes ont été retrouvées mortes dans les décombres, mais les secours ont pu en sortir une quarantaine d'autres saines et sauves.

À Lukyanivska, c'est une station de métro qui a été touchée. Elle a dû être fermée de manière temporaire.

Une femme étendue sur une civière est transportée par plusieurs pompiers.

Les pompiers sortent le corps d'une femme d'un immeuble visé par une frappe russe à Kiev,le 15 mars 2022.

Photo : afp via getty images / Aris Messinis

Lundi, le Kremlin avait affirmé que l'armée russe n'excluait pas la possibilité de prendre le contrôle total des grandes villes qui sont déjà encerclées, ce qui fait craindre qu'un assaut soit lancé de manière imminente sur la capitale.

Oleksiy Arestovych, un conseiller du président Volodymyr Zelensky qui participe aux négociations avec Moscou, a prévenu que la guerre entre l’Ukraine et la Russie est à la croisée des chemins. Soit nous nous mettons d’accord lors des discussions actuelles, soit les Russes tenteront une nouvelle offensive et il y aura des discussions ensuite, a-t-il dit.

Kiev, que les forces russes tentent d'encercler, s'est vidée d'au moins la moitié de ses quelque 3 millions d'habitants depuis le début du conflit, le 24 février.

Affirmant qu'il s'agit d'un moment dangereux et difficile pour Kiev, le maire Vitali Klitschko a décrété un couvre-feu de 35 heures qui doit entrer en vigueur mardi dès 20 h, soit 14 h (HAE), et ce, jusqu'à jeudi matin 7 h, soit 1 h (HAE).

Il est interdit de circuler en ville sans autorisation spéciale, sauf pour se rendre dans des abris, a-t-il expliqué.

« La capitale est le cœur de l'Ukraine et elle sera défendue. Kiev, qui est actuellement l'avant-garde de liberté et de la sécurité de l'Europe, ne sera pas abandonnée. »

— Une citation de  Vitali Klitschko, maire de Kiev

Le maire Klitschko a aussi appelé les hommes du pays à affluer vers la capitale pour la défendre.

En entrevue à la BBC, les deux généraux ukrainiens responsables de la défense de la capitale ont expliqué comment leurs forces combattent pour maintenir l’artillerie russe hors de portée et pourquoi ils estiment avoir des atouts qui changeront la donne.

La topographie et le terrain de la ville sont du côté de l'Ukraine, a indiqué le général Andreï Krischenko, précisant que Kiev est grande et tentaculaire : Elle est traversée par des rivières; non seulement le puissant fleuve Dniepr, qui divise Kiev en deux, mais aussi ses affluents.

Une femme a les mains et le visage noirs.

Une résidente évacuée d'un immeuble frappé à l'aube par l'armée russe, à Kiev, le 15 mars 2022.

Photo : Getty Images / Chris McGrath

Un caméraman de Fox News, Pierre Zakrzewski, et une journaliste ukrainienne qui l'accompagnait, Oleksandra Kuvshinova, ont par ailleurs été tués lundi dans une attaque près de Kiev, a confirmé la chaîne de télévision américaine. Ils se trouvaient avec le journaliste Benjamin Hall, un correspondant de Fox News qui a été blessé.

Cette nouvelle survient après celle, dimanche, de la mort de Brent Renaud, un photographe et réalisateur américain primé qui documentait les évacuations à Irpin, en banlieue de nord-ouest de Kiev.

Neuf corridors humanitaires devaient d'ailleurs être ouverts mardi, notamment en banlieue de Kiev, mais aussi dans les régions de Soumy, de Kharkiv et de Donetsk, selon une annonce de la vice-première ministre Iryna Vereshchuk.

Selon la Croix-Rouge, plus de 100 autobus ont quitté Soumy mardi transportant des milliers de civils vers le centre de l'Ukraine.

2000 voitures quittent Marioupol

Plus à l'est, les Russes tentent toujours de prendre Marioupol, ville portuaire stratégique sur la mer d'Azov, assiégée depuis des jours.

Mardi, la mairie a annoncé que 2000 voitures privées avaient réussi à quitter la vielle assiégée, et que 2000 autres attendaient de pouvoir faire de même. La veille, c'est 160 voitures qui avaient réussi à quitter la ville. Il s'agissait de la première évacuation de civils depuis que la ville est entièrement encerclée.

Le couloir humanitaire emprunté par les colonnes de véhicules relie Marioupol à Zaporijia, via Berdiansk, sur environ 270 km de route.

On ne sait toutefois pas combien de personnes sont arrivées à fuir dans ces évacuations, mais de 300 000 à 400 000 personnes, sur une population d'environ 450 000, seraient toujours prises au piège.

Les autorités locales estiment désormais que plus de 2300 civils ont perdu la vie depuis le début du siège russe, qui a plongé la ville dans une situation humanitaire critique. Les habitants y vivent terrés dans des caves, privés d'eau, d'électricité, de chauffage et de nourriture.

En entrevue à la BBC, le maire Sergei Orlov a fait savoir que la situation se dégrade d'heure en heure.

« On reçoit beaucoup d'appels. Par exemple, une mère qui dit : "J'ai un enfant entre les mains en train de mourir de faim". Et malheureusement, on ne peut rien faire. »

— Une citation de  Sergei Orlov, maire de Marioupol

Selon un autre témoignage relayé par la BBC, des employés et des patients du plus gros hôpital de la ville, de même que des citoyens forcés de s'y rendre, sont pris au piège par l'armée russe, qui ne leur permet pas d'en sortir, selon le gouverneur de la région.

Les patients continuent d'être traités dans le sous-sol du bâtiment et quiconque tente d'en sortir est visé par les balles des soldats russes.

Située à environ 55 kilomètres de la frontière russe et à 85 kilomètres du fief séparatiste de Donetsk, Marioupol est la plus grande ville encore aux mains de Kiev dans le bassin du Donbass, qui comprend les régions de Donetsk et de Louhansk.

La prise par Moscou de cette ville portuaire serait un important tournant dans l'invasion de l'Ukraine. Elle permettrait de faire la jonction entre les forces russes venues de la Crimée annexée, qui ont déjà pris les ports de Berdiansk et Kherson, et les troupes séparatistes et russes dans le Donbass.

Le contrôle de la région de Kherson revendiqué

Le ministère russe de la Défense a annoncé mardi que son armée avait pris le contrôle total de la région de Kherson, dans le sud de l'Ukraine. Cette information est invérifiable de source indépendante pour le moment.

Les troupes russes avaient déjà annoncé avoir pris le contrôle de la ville de Kherson (250 000 habitants), au début de mars. La région compte quant à elle 1 million d'habitants en temps de paix.

Selon des responsables américains de la Défense, à partir de la région de Kherson, les troupes russes pourraient ensuite se diriger vers la ville Mykolaïv (1,12 million d'habitants), située à environ 70 kilomètres au nord-ouest, avant de viser Odessa (990 000 habitants), principal port ukrainien sur la mer Noire.

Les habitants d'Odessa se préparent à une offensive russe depuis des jours déjà, tandis qu'à Mykolaïv, déjà pilonnée par l'armée russe, les services d'urgence ont trouvé le corps de sept personnes dans les ruines d'une école, frappée par un raid dimanche.

Notre dossier Guerre en Ukraine

L'aéroport de Dnipro détruit

Dans le centre-est du pays, la ville de Dnipro, jusqu'à récemment épargnée, a été de nouveau la cible de frappes russes. L'aéroport a été bombardé mardi, ce qui a causé des destructions massives, selon le maire, qui n'a pas évoqué de victimes dans l'immédiat.

Dans la nuit, l'ennemi a attaqué l'aéroport de Dnipro. Deux frappes. La piste de décollage et d'atterrissage a été détruite. Le terminal est endommagé. Destructions massives, écrit Valentin Reznitchenko, gouverneur de la région sur Telegram.

Un peu plus au nord, les villes de Kharkiv et Chernihiv continuent d'être pilonnées par l'armée russe, selon les autorités locales.

Une grue retire des débris d'un toit effondré.

Des équipes de secours retirent des débris d'un immeuble effondré après une frappe russe, le 15 mars 2022, à Kharkiv.

Photo : Reuters

Avec les informations de Agence France-Presse, BBC, et Reuters

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