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Affaire Carpentier : la ministre Geneviève Guilbault pressée d’agir

Les partis d'opposition réclament une enquête publique à la suite du reportage d'Enquête.

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Geneviève Guilbault, vice-première ministre du Québec et ministre de la Sécurité publique

Photo : Radio-Canada

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À la lumière des révélations de l’émission Enquête sur l’affaire Carpentier, les partis d’opposition à l’Assemblée nationale demandent à la ministre de la Sécurité publique (MSP) d’intervenir auprès de la Sûreté du Québec (SQ) et exigent que la lumière soit faite sur l’opération de juillet 2020 à Saint-Apollinaire.

Les partis d'opposition se disent très troublés de voir la SQ se féliciter de l’opération de recherche, malgré les révélations du reportage, et la ministre Geneviève Guilbault refuser de commenter.

Québec solidaire ne passe pas par quatre chemins et réclame une enquête publique. Le rapport [de la coroner] ne dit pas tout, constate Sol Zanetti, député de Jean-Lesage. On sent que la vérité est incomplète et qu'il faudrait aider à la faire surgir.

Dans le reportage diffusé jeudi dernier, des policiers et d'anciens policiers ont dénoncé une série de graves erreurs commises lors de l’opération de recherche pour retrouver Martin Carpentier et ses deux filles en juillet 2020. Ces éléments n’ont pas été identifiés dans le rapport de la coroner.

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Martin Carpentier est disparu avec ses filles le soir du 8 juillet 2020 après un accident sur l'autoroute 20, à Saint-Apollinaire. Il a transité par une roulotte avec elles avant de les tuer et de s'enlever la vie.

Photo : Radio-Canada

Des sources ont notamment parlé d’un manque de ressources sur le terrain et d’une coordination déficiente.

Selon Sol Zanetti, il y a assez d'éléments troublants sur la table pour le justifier, pour justifier qu'on aille plus loin.

« Il faut vraiment qu'on fasse une enquête pour délier les langues. [...] Lever l'omerta qu'il a l'air d'y avoir en ce moment autour de l'organisation de la Sûreté du Québec. »

— Une citation de  Sol Zanetti, député solidaire de Jean-Lesage
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Sol Zanetti est député de Québec solidaire dans la circonscription de Jean-Lesage.

Photo : Radio-Canada

Des policiers ont aussi raconté qu’ils avaient manifesté leurs craintes en 2019 à la suite d’une grande restructuration des équipes d’urgence. Certains ont tiré la sonnette d’alarme auprès de leurs patrons et même de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault.

Certains, qui sont encore actifs à la Sûreté du Québec, ont aussi avoué leur frustration et leur impuissance quant à des ratés qu’ils ont observés non seulement à Saint-Apollinaire, mais aussi lors d’autres opérations de recherche.

Et il y a des choses qui remettent sérieusement en question la capacité de la Sûreté du Québec à assurer la sécurité des enfants et des citoyens en général dans les cas de recherche comme ça sur le terrain, dit M. Zanetti.

Le chef parlementaire du Parti québécois (PQ) abonde dans le même sens et demande que le Bureau du coroner complète son travail.

« Le doute a été semé sur le travail qui a été fait et qui doit être complété. »

— Une citation de  Joël Arseneau, député des Îles-de-la-Madeleine et chef parlementaire du PQ
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Joël Arseneau, député des Îles-de-la-Madeleine et chef parlementaire du PQ

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

S’il souhaite lui aussi une enquête publique pour faire la lumière sur les événements de l’été 2020, M. Arseneau considère que le gouvernement doit tout de même agir rapidement pour corriger la situation.

On peut déjà, avec les informations révélées par l’émission Enquête, convenir qu’on a des ressources qui existaient au Québec qui ont été démantelées et qui doivent être reconstituées si on veut protéger le public.

M. Arseneau s’attend à ce que le gouvernement reconnaisse qu’il y a eu un cafouillage, qu’il y a eu de grandes lacunes, des ratés incroyables dans cette recherche sur la disparition des deux jeunes filles.

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Martin Carpentier était décrit par ses proches comme un père présent, aimant et dévoué pour ses deux filles.

Photo : Famille Lemieux

Joël Arseneau estime que le gouvernement doit surtout reconnaître que la décision de la SQ, en février 2019, de démanteler ses unités d’urgence permanente a eu une incidence sur cette opération et qu’aujourd’hui, on n'a toujours pas ces ressources-là pour les déployer sur le terrain.

On s’attend à un peu plus de responsabilité de la ministre, un peu moins de nonchalance, dit-il. La SQ doit rendre des comptes à la population et à la ministre responsable sur ses décisions ou l’absence de décision. Dans ce cas-ci, on se demande comment la SQ peut justifier le démantèlement d’une équipe d’urgence permanente avec les conséquences qu’on connaît aujourd’hui.

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Le siège social de la Sûreté du Québec, rue Parthenais, à Montréal

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Au Parti libéral du Québec (PLQ), le porte-parole en matière de Sécurité civile souhaite aussi la tenue d'une enquête publique. Si ça prend ça [une enquête publique] pour que des policiers puissent témoigner de leur expérience de terrain, si ça prend ça pour faire réfléchir la ministre, tant mieux, soutient Jean Rousselle, député libéral de Vimont.

Plusieurs sources de différents milieux et bien au fait du dossier nous avouent qu'elles souhaitent le déclenchement d'une enquête publique en espérant être appelées à témoigner.

« Que ce soit une enquête publique ou peu importe, il faut que la lumière soit faite absolument. Il ne faut plus que ça se reproduise. »

— Une citation de  Jean Rousselle, député libéral de Vimont

M. Rousselle salue le geste des policiers qui se sont rendus jusqu’à la ministre Guilbault, en 2019, pour dénoncer le démantèlement des unités d’urgence permanentes à la SQ. Étant lui-même un ancien policier, il sait le courage que cela représente. Il s’explique mal, par contre, que la ministre Guilbault n’ait pas agi après la visite des policiers.

Ce qui est urgent, selon Jean Rousselle, c'est de prendre les moyens pour corriger le problème rapidement, parce qu'on est déjà en retard.

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