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Le transport collectif cherche à reconquérir ses usagers

Dans la plupart des grandes villes canadiennes, l’achalandage avoisine les 60 % par rapport aux niveaux prépandémiques.

Des usagers entrent dans le train à Calgary.

L'achalandage dans les transports en commun de Calgary était toujours inférieur à 50 % par rapport au niveau prépandémie.

Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette

Les sièges se remplissent chaque jour un peu plus dans les autobus et trains des grandes villes canadiennes après la fin des mesures sanitaires. L’achalandage est cependant loin d’un retour à la normale, ce qui laisse les décideurs dans le flou quant à l’avenir des transports en commun.

Il y a sans aucun doute une augmentation de l’achalandage depuis un mois, au point où les gens doivent s’asseoir les uns à côté des autres, constate la Calgarienne Andrea Braun qui attend son train au centre-ville.

À quelques mètres, sur le même quai, Alanna Roberston apporte un bémol : Cela augmente, mais c’est loin d’être la folie. Je prends le train à l’avant-dernier arrêt et je n’ai aucun problème pour trouver un siège.

Un achalandage toujours en baisse

Selon Stephen Tauro, le porte-parole de la société des transports de Calgary, Calgary Transit, le nombre d’usagers a augmenté de 8 % depuis la fin des restrictions sanitaires, le 1er mars. La fréquentation est cependant la moitié de ce qu'elle était avant la pandémie.

C’est le cas dans la plupart des grandes villes canadiennes, où l’achalandage avoisine les 60 % par rapport aux niveaux prépandémiques. Avec des ventes de billets en baisse, toutes les sociétés de transport affichent des manques à gagner de dizaines de millions de dollars.

Les gouvernements fédéral et provinciaux ont injecté de l’argent pour soutenir les transports en commun, mais cela ne peut pas durer très longtemps, selon la professeure associée d’études urbaines à l’UQAM Florence Junca-Adenot.

À court terme, elle croit que la fin des obligations de télétravail devrait continuer à faire croître l’achalandage.

Les coûts élevés de l’essence partout au pays devraient également inciter plus de personnes à prendre les transports en commun. Selon l’Association canadienne du transport urbain, chaque hausse de 10 cents du litre d’essence accroît la fréquentation de 1,4 %.

Mais de là à regagner 100 % d’achalandage, il y a un pas. On ne peut pas dire qu’on lève le confinement, et tout redevient comme avant, souligne Mme Junca-Adenot.

La société des transports du Grand Vancouver, TransLink, a lancé une campagne de publicité pour inciter ses anciens usagers à revenir. Calgary s’apprête à faire la même chose, mais de manière limitée.

C’est une des plus importantes questions et une des plus grandes incertitudes. Nous ne savons pas si nous retournerons à un achalandage de 100 %, explique M. Tauro.

La campagne de publicité de TransLink

Avant de trop investir dans des changements, Calgary Transit veut évaluer si ses usagers auront changé leurs habitudes.

« Nous sommes en mode d'attente. »

— Une citation de  Stephen Tauro, porte-parole, Calgary Transit

Selon le spécialiste du transport public chez Deloitte Andrew Pau, des transformations sont inévitables.

Si on pense à un retour à la normale comme en 2018, 2019, je pense que notre avenir sera différent, explique-t-il.

Moins de trajets de la banlieue au centre-ville

Le télétravail ou des modèles hybrides de temps de travail ont changé les déplacements des Canadiens, selon Andrew Pau. De nombreuses personnes ont également déménagé en dehors des grands centres pour gagner de l'espace.

Je ne pense pas que nous allons voir la fin des trajets vers le centre-ville. Mais les sociétés de transport vont devoir s’intéresser à la façon dont elles desservent les zones en dehors du centre-ville, affirme Andrew Pau. Cela va être un défi de penser à ces trajets de banlieue à banlieue pour rendre visite à la famille ou participer à des activités récréatives.

Ce dernier kilomètre de trajet ne doit pas forcément se faire en autobus ou en train, mais il fauda envisager d’autres formes de mobilité comme des navettes, des programmes de partage de vélo ou de trottinettes, selon lui.

Mme Junca-Adenot abonde dans le même sens. La post-pandémie va atténuer la pression sur les heures de pointe, pense-t-elle. [On devra] faire plus de sur-mesure, essayer d’aller desservir des secteurs qui étaient moins bien desservis et voir comment améliorer les services en dehors des heures de pointe.

L’Association canadienne du transport urbain espère qu'il y aura un soutien financier constant des gouvernements pour aider à s’adapter à cette nouvelle demande.

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