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L’Est-du-Québec a perdu plus de 15 % de ses restaurants en deux ans

Un restaurant vide.

Le nombre de permis de restauration a diminué de plus de 20 % au Bas-Saint-Laurent et sur la Côte-Nord depuis le début de la pandémie. (archives)

Photo : The Canadian Press / Graham Hughes

Radio-Canada

Les deux dernières années ont été très difficiles pour les restaurateurs. Les mesures sanitaires additionnées à la rareté de la main-d’œuvre ont eu des conséquences fâcheuses pour des milliers d’entre eux à l'échelle provinciale. L’Est-du-Québec n’y échappe pas.

L'Association Restauration Québec a colligé le nombre de permis en restauration délivré par le ministère de l’Alimentation, des Pêcheries et de l’Agriculture (MAPAQ) depuis février 2020, soit un mois avant l'éclatement de la crise sanitaire, jusqu’à aujourd’hui.

Selon ces données, depuis le début de la pandémie, 3666 services de restauration ont fermé leurs portes au Québec.

Au Bas-Saint-Laurent et sur la Côte-Nord, il y a eu une diminution de 20 % du nombre de permis depuis deux ans. Il s'agit d'un établissement sur cinq.

En Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, le nombre de permis délivré est de 14 % moins élevé qu'il l'était avant la pandémie.

Pour l'ensemble de la province, la diminution se chiffre à 17 % depuis 2020.

Variation dans le nombre de permis de restauration entre février 2020 et janvier 2022

Région

Variation du nombre de permis de restauration

Variation du nombre de permis de bars et brasseries

Bas-Saint-Laurent

-114 permis (-20,8 %)

0

Côte-Nord

-53 permis (-20,0 %)

0

Gaspésie–Îles-de-la Madeleine

-44 permis (-14,1 %)

+1

Un exemple parmi d'autres, celui du restaurant L'Eau à la bouche, de Mont-Louis, qui a fermé ses portes l'automne dernier.

Les propriétaires, qui songeaient à vendre leur commerce, avaient de la difficulté à recruter des employés.

Les mesures sanitaires imposées par le gouvernement ont été compliquées à suivre pour eux.

La goutte qui a fait déborder le vase a été l'application du passeport vaccinal.

Les gens qui arrivaient de l’Ontario, qui étaient de l’extérieur de notre province, n’avaient pas les papiers requis. Quelqu’un arrivait et on devait faire des choix. On ne pouvait pas prendre de réservations. On était vraiment bloqués de partout, explique Clarisse Bernatchez, copropriétaire du restaurant L'Eau à la bouche.

Une toile qui représente le restaurant L'Eau à la bouche de Mont-Louis  avec sa terrasse et ses auvents colorés.

Après 20 ans, le restaurant L'Eau à la bouche de Mont-Louis a fermé l'automne dernier, faute de relève.

Photo : Artiste: Sylvain Gagnon

Pour des représentantes de chambres de commerce de la région, ces problèmes ne font que commencer.

Selon elles, avec l’augmentation du prix de l’essence et des aliments, d’autres restaurateurs fermeront leurs portes si rien n’est fait.

De l'aide est nécessaire, estime la présidente de la Chambre de commerce de Matane, Lucie Dumas.

« Cette industrie-là a absolument besoin d’aide et ça prend quelqu’un, une équipe, du monde qui va s’asseoir et qui va les impliquer, qui va s’asseoir pour faire une réflexion à long terme sur cette industrie-là. »

— Une citation de  Lucie Dumas, présidente de la Chambre de commerce de Matane

Le coût des denrées alimentaires a augmenté de façon très importante et il y a des limites à refiler la facture au consommateur qui vient au restaurant pour se faire plaisir. Les restaurateurs font de moins en moins de marges [de profits]. Les clients ne veulent pas payer de plus en plus cher pour un même service. Les menus sont moins élaborés. L’industrie a vraiment besoin d’aide, poursuit-elle.

La présidente-directrice générale de la Chambre de commerce de la MRC de Rivière-du-Loup, Claudette Migneault, abonde dans le même sens.

Selon elle, la pandémie a aggravé la rareté de personnel.

« Ce n'est pas d’hier qu’on en parle [de la rareté de la main-d'œuvre], mais on n’était peut être pas autant sensibilisé. C’est sûr qu’il faut des solutions pour soutenir les restaurateurs dans cette relance-là. »

— Une citation de  Claudette Migneault, présidente-directrice générale de la Chambre de commerce de la MRC de Rivière-du-Loup

Ils ont besoin d’être soutenus dans cette relance-là, que ce soit par des mesures transitoires ou encore [par des mesures créatives et flexibles] pour attirer de la main-d’œuvre, soutient-elle.

D'après un reportage de Jean-François Deschênes, avec la collaboration de Fabienne Tercaefs

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