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Guerre en Ukraine : Moscou et Pékin nient avoir conclu une alliance

Le président russe Vladimir Poutine s'entretient avec le président chinois Xi Jinping par vidéoconférence.

Le président russe Vladimir Poutine s'entretient avec le président chinois Xi Jinping par vidéoconférence, le 15 décembre 2021 (archives).

Photo : Associated Press / Mikhail Metzel

Radio-Canada

Moscou et Pékin démentent les accusations de Washington selon lesquelles la Russie a demandé l'aide économique et militaire de la Chine pour mener la guerre en Ukraine et contourner les sanctions occidentales.

Ce sont de fausses nouvelles que les États-Unis propagent constamment à l'encontre de la Chine, a déclaré un porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian.

Même son de cloche du côté russe. La Russie n'a pas sollicité d'aide militaire auprès de la Chine et a toutes les ressources militaires nécessaires pour atteindre ses objectifs en Ukraine, a souligné lundi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Plusieurs médias, dont le New York Times, affirment pourtant l'inverse. Reuters, par exemple, écrit que les États-Unis ont informé leurs alliés de l'OTAN et plusieurs pays asiatiques que la Chine avait fait part de sa volonté de fournir une aide militaire et économique à la Russie, à la demande de Moscou, pour soutenir sa guerre en Ukraine.

Le message, envoyé par câble diplomatique et remis en personne par des responsables du renseignement, mentionnait également que la Chine devait démentir ces plans, selon l'agence de presse, qui cite un responsable américain ayant requis l'anonymat.

Notre     dossier Guerre en Ukraine

La perspective que Pékin offre une aide financière à la Russie est l'une des préoccupations majeures du président américain Joe Biden.

La Chine a été l'un des rares pays à éviter de critiquer les Russes pour leur invasion de l'Ukraine. Les Chinois se sont également abstenus lors des votes de l'ONU dénonçant la Russie et ont critiqué les sanctions économiques imposées à Moscou.

Le dirigeant chinois Xi Jinping a également accueilli Vladimir Poutine pour l'ouverture des Jeux olympiques d'hiver à Pékin, trois semaines seulement avant l'invasion russe le 24 février.

Une rencontre à haut niveau à Rome

Malgré les accusations, la Chine et les États-Unis tentent d’arrondir les angles. Le conseiller à la sécurité nationale du président américain, Jake Sullivan, a d'ailleurs rencontré lundi à Rome le plus haut responsable du Parti communiste chinois pour la diplomatie, Yang Jiechi.

Le conseiller à la sécurité nationale et notre délégation ont exprimé directement et très clairement nos préoccupations concernant le soutien de la Chine à la Russie à la suite de l'invasion, et les implications qu'un tel soutien aurait pour la relation de la Chine non seulement avec nous, mais avec tous les autres pays du monde, a déclaré après la rencontre le porte-parole du département d'État, Ned Price.

Avant les pourparlers, Jake Sullivan avait carrément averti la Chine de ne pas aider la Russie à échapper aux sanctions décrétées contre celle-ci dans les dernières semaines.

Nous ne permettrons pas cela, avait-il prévenu, ajoutant qu'il y aura absolument des conséquences si la Chine aide la Russie à contourner les sanctions.

Christian Latreille s'entretient avec Guy St-Jacques, ex-ambassadeur en Chine et chercheur à l'Institut d'études internationales de Montréal.

La Chine devrait en effet faire attention de ne pas s'aliéner les Occidentaux, qui ont fait montre de beaucoup de solidarité depuis le début de la guerre en Ukraine, estime Guy St-Jacques, ex-ambassadeur du Canada en Chine et chercheur à l'Institut d'études internationales de Montréal.

Après tout, les échanges commerciaux entre la Chine et l'Union européenne atteignaient l'an dernier 800 milliards $, alors que ceux entre la Chine et la Russie ne représentaient que 140 milliards, a-t-il souligné lundi en entrevue à ICI RDI.

Sans compter que l'Ukraine est un pays central de la nouvelle route de la soie, un projet d'infrastructure titanesque lancé en 2013 par le gouvernement chinois.

« Il faut [que les Chinois] pensent à tout ça, parce que plus la guerre se prolonge, plus il risque d'y avoir un impact important pour l'économie mondiale, ce qui veut dire que l'économie chinoise serait aussi affectée. »

— Une citation de  Guy St-Jacques, ex-ambassadeur du Canada en Chine et chercheur à l'Institut d'études internationales de Montréal

Cela dit, Pékin a déjà livré des armes à Moscou avant l'invasion de l'Ukraine, affirme M. St-Jacques, et la propagande de la Russie, selon laquelle son intervention en Ukraine est légitime, trouve son chemin dans les réseaux sociaux chinois.

Ainsi, la réponse de Pékin à Washington, lundi à Rome, a probablement été : Si vous, vous fournissez des armes à l'Ukraine, pourquoi nous ne le ferions pas à la Russie?, croit l'ex-ambassadeur canadien.

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, et Associated Press

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