La flambée du prix de l’essence est un fardeau dans les régions rurales

Le prix de l'essence a augmenté rapidement au début de mars.
Photo : CBC / Simon Smith
Prenez note que cet article publié en 2022 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.
Les hausses successives des dernières semaines ont amené les prix à la pompe à des niveaux qui n’ont pas été vus depuis longtemps dans les provinces de l’Atlantique.
Le prix de l’essence ordinaire en libre-service a légèrement diminué mais demeure encore élevé. Si des automobilistes sont tentés de réduire leurs déplacements pour ménager leur portefeuille, la chose est souvent impossible lorsqu’on vit en milieu rural.
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Jean-François Maheu, un résident de Saint-Joseph-de-Kent, au Nouveau-Brunswick, doit parcourir une cinquantaine de kilomètres pour se rendre au travail.
L’augmentation du prix de l’essence a donc une incidence considérable sur ses finances.
C'est presque 100 km par jour. Quand ç'a monté en haut de 1,80 $, je dirais qu'un plein, c'est pas loin de 100 $
, fait-il observer.
Établi en région avec sa famille depuis un peu plus d'un an, il n'a pas le choix d'utiliser sa voiture, et pas seulement pour gagner sa vie.
Les enfants veulent aller à la gymnastique. Il faut calculer ça, le samedi matin, se rendre à Moncton. Aller magasiner, c'est de la planification
, soupire-t-il.
Peu d'options
Puisque les transports en commun sont inexistants, rares ou peu efficaces à l'extérieur des grands centres urbains, une des rares solutions de rechange au véhicule personnel est, pour certains, le covoiturage.
Moi, j'ai la chance de pouvoir covoiturer avec des collègues. On se donne un coup de main pour ça et on économise beaucoup
, dit M. Maheu.
À Fredericton, les partis d’opposition plaident pour que les répercussions de la hausse du prix de l'essence ne soient pas subies seulement par les consommateurs.
Le député libéral de Restigouche-Ouest demande que le gouvernement du premier ministre Blaine Higgs intervienne sans tarder.
Que ce soit des mesures temporaires ou des mesures permanentes, il y a des mesures que le gouvernement peut prendre. Et moi, je dirais à M. Higgs : "Mettez vos culottes et agissez tout de suite, ça presse!"
, dit Gilles LePage.
L’agriculteur Kevin Arseneau, député du Parti vert dans Kent-Nord, déplore le manque de solutions offertes. Je me vois très mal dire à quelqu'un qui a de la misère à mettre du pain sur la planche de faire du bicycle au travail
, martèle-t-il. C'est pas ça, une stratégie de transport en commun! La solution doit être collective.
En région, les citoyens sont conscients du fait que peu de solutions pourront être élaborées à court terme. Ils doivent donc se résigner.
Mon métier ne me permet pas de travailler à la maison. Il faut que je me rende à l'école. On n'a pas le choix, il faut vivre avec
, dit Jean-François Maheu.
D’après le reportage de Sarah Déry
