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Fin de District 31 : les petits deuils et la grande libération de Luc Dionne

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Après plus de 700 épisodes, Luc Dionne dit au revoir à l'équipe de « District 31 ».

Photo : Aetios / Arcouette&Co.

Radio-Canada

Ça y est. Le scénariste Luc Dionne a mis le point final aux textes de la très populaire série policière District 31, rendez-vous quotidien de près de 2 millions de téléspectateurs et téléspectatrices, il y a quelques jours.

Le public devra faire ses adieux au commandant Daniel Chiasson et à son escouade le 21 avril prochain lors de la finale de la sixième et dernière saison de la série.

Pour Luc Dionne, créateur de District 31, la fin de ce marathon de 720 épisodes se traduit par une succession de petits deuils.

D’abord, celui de l’écriture, un exercice qu’il aimait accompagner d’une musique de circonstance en fonction de l’épisode en chantier.

« C’est faire mes adieux à des personnages que j’ai aimés et qui m’ont habité de façon constante, sept jours par semaine, pendant six ans. »

— Une citation de  Luc Dionne, créateur et scénariste de District 31
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Luc Dionne reconnaît que le commandant Daniel Chiasson, joué par Gildor Roy, lui ressemble beaucoup.

Photo : Radio-Canada

Ensuite, le deuil du plateau de tournage, des acteurs et actrices ainsi que de l'équipe de production. Et finalement, l’ultime au revoir au public au moment où son œuvre sera diffusée pour une dernière fois.

N’allez toutefois pas croire que Luc Dionne est déjà nostalgique, car pour lui, la fin de District 31 vient aussi avec une nouvelle forme de liberté.

Au-delà de ça, de ces petits moments de deuils, c’est aussi une espèce de libération. C’est assez paradoxal, notre métier : quand on écrit une quotidienne, on est là à décrire la vie, mais on n’a pas le temps de la vivre, dit-il.

Le scénariste promet donc de se remettre au diapason de la société et de refaire un paquet de trucs qu’il n’avait plus le temps de faire ces dernières années, faute de temps.

Arriver au bout de l'histoire

Après six saisons de District 31, Luc Dionne admet avoir eu peur de se répéter.

C’est un décor qui existe depuis de nombreuses années, même chose pour les costumes, les couleurs… À un moment donné, il y a une espèce de facilité à tous les niveaux. On ressent une espèce de relâchement collectif sur certains trucs, explique-t-il.

Autre signe d’essoufflement : le scénariste raconte avoir ressenti le besoin de sacrifier l’un de ses personnages chouchous, le sympathique Stéphane Pouliot, afin de générer une dynamique dramatique.

S’il faut que je commence à éliminer des personnages pour me nourrir dramatiquement, peut-être que je peux passer à autre chose, dit-il en riant.

« Quand c’est rendu que tu dois prendre un morceau de viande de la vache qui te donne du lait pour te nourrir, tu sais que tu as commencé à faire le tour. »

— Une citation de  Luc Dionne, créateur et scénariste de District 31
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Le personnage de Stéphane Pouliot, alias « Poupou », joué par le comédien Sébastien Delorme.

Photo : Aetios Productions

Irremplaçable

Récemment, la productrice de District 31, Fabienne Larouche, a mentionné au journaliste Patrice Roy que la plume de Luc Dionne aurait difficilement pu être remplacée par celle de quelqu'un d'autre.

N’importe qui peut écrire District 31, lance l’auteur en guise de réponse. Mais ça n’aura pas ma couleur, ma texture, mes expressions, nuance-t-il.

« Les gens qui me connaissent bien me disent toujours : "On n'a pas besoin de tes nouvelles, on écoute le commandant Chiasson et on sait comment tu vas." »

— Une citation de  Luc Dionne, créateur et scénariste de District 31

Luc Dionne a d’ailleurs toujours été l’unique auteur de District 31. Un pari un peu fou, si l'on considère le rythme de production effréné de la série-phénomène, mais qui assure une certaine continuité dans le style et dans l’histoire, selon lui.

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Les comédiens et comédiennes de « District 31 » lors de l'enregistrement de la finale de la saison 5.

Photo : Aetios

En tant que scénariste, confier un texte à un réalisateur, c’est comme mettre un enfant au monde et le donner au voisin pour qu’il l’élève. Déjà ça, c’est difficile. Si en plus il faut qu’il y ait plusieurs pères et plusieurs mères, là, on ne se retrouve plus, explique-t-il avec un demi-sourire.

Luc Dionne avoue aussi n’écrire que pour lui-même, estimant être, en quelque sorte, le téléspectateur moyen de District 31.

Comme je suis un être absolument normal, pas plus intelligent ou nono que n’importe qui, je me dis que si, moi, ça me plaît, ça risque de plaire aux gens en général, dit-il.

« Écrire un long métrage, une série ou une quotidienne, c’est un peu comme la cuisine. On fait les plats qu’on aime. »

— Une citation de  Luc Dionne, créateur et scénariste de District 31
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Luc Dionne dans un local de production de la série.

Photo : Radio-Canada / LisaMarie Noël

Tourner la page

Est-ce ardu d'écrire les derniers dialogues d’une série ayant marqué l’imaginaire de centaines de milliers de personnes? Oui, mais pas tant que ça, si l'on regarde le contexte mondial, tempère Luc Dionne avec humilité.

Il n’y a rien de difficile quand on travaille en temps de pandémie, car il y en a qui ne travaillent pas. Il y a plein de spectacles qui ont été annulés. D’autres ont travaillé très fort sur le terrain, relate-t-il.

« Je me verrais très mal commencer à me plaindre parce que je dois écrire quatre épisodes en trois jours. »

— Une citation de  Luc Dionne, créateur et scénariste de District 31

Quant à son avenir professionnel, Luc Dionne ne s’inquiète pas outre mesure. Après 30 ans de métier, il ne reste que le plaisir d’écrire, conclut-il.

Ce texte a été écrit à partir d'une entrevue réalisée par René Homier-Roy, animateur de l'émission Culture Club. Les propos ont pu être édités à des fins de clarté et de concision.

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