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Envoyé spécial

Protéger la liberté de presse en Ukraine

Une journaliste et un caméraman réalisent un reportage sur le champ de bataille, sous le regard d'un soldat armé et devant un tank.

Les journalistes se retrouvent souvent dans des situations dangereuses, dans un contexte de conflit armé.

Photo : afp via getty images / SERGEI SUPINSKY

Les images ont fait le tour du monde. Plusieurs équipes de journalistes ont été la cible de balles en Ukraine depuis le début de l’invasion, dont l’équipe britannique de Sky News. L’organisme Reporters sans frontières vient d’ailleurs d’inaugurer le Centre de la liberté de la presse à Lviv, dans l’ouest du pays.

Une trentaine d’ensembles d’équipement de protection seront mis à la disposition des journalistes ukrainiens, mais aussi des médias étrangers qui souhaitent se rendre dans les zones de combat.

Ces ensembles comprenant des gilets pare-balles, de casques de protection et des trousses de premiers soins pourront être prêtés aux journalistes qui en feront la demande. L’équipement est un don d’un média suédois. L’organisme Reporters sans frontières espère qu’une soixantaine d’ensembles supplémentaires seront bientôt disponibles.

[Les journalistes ukrainiens] ne sont pas des reporters de guerre qui ont suivi des stages sur leur protection, soutient Christophe Deloir, secrétaire général de Reporters sans frontières. Ce ne sont pas des reporters de guerre qui ont du matériel. Ce ne sont pas des reporters qui sont allés à la guerre. C'est la guerre qui est venue à eux, donc ils ne sont pas préparés.

Dans le but de prioriser la sécurité, des séances de formation seront aussi offertes sur la prévention du danger et les façons de couvrir de façon sécuritaire des événements en zone dangereuse.

Les risques d’enlèvement sont élevés dans les zones de combat en Ukraine et la prise pour cible de journalistes néerlandais et britanniques depuis deux semaines inquiète Reporters sans frontières. L'organisme reconnaît cependant que les risques sont nettement moins élevés que lors de récents conflits comme les guerres en Syrie ou en Irak.

« Mais quand on regarde ce qui s'est passé au cours des dernières semaines, quand on voit certaines des pratiques de l'armée russe, on ne peut être qu'extrêmement inquiets pour les journalistes ukrainiens et pour les journalistes étrangers qui sont nombreux à couvrir ce conflit. »

— Une citation de  Reporters sans frontières

Travailler comme journaliste en zone de conflit n'est jamais chose facile, surtout pas pour les reporters ukrainiens, qui n'ont pas eu le choix d'apprendre sur le tas. Le reportage de Philippe Leblanc

Lutter contre la propagande et la désinformation

Avec le Centre pour la liberté de presse de Lviv, Reporters sans frontières veut aussi s’attaquer à la désinformation dans ce conflit.

Les différents journalistes ont donc accès à un espace de travail dans les bureaux de ce qui était un centre d’information touristique de la municipalité.

Le but visé est de faciliter les conditions de travail afin de lutter contre la désinformation observée sur les ondes de médias russes, mais aussi contre celle qui est très répandue, d’un côté comme de l’autre du conflit, sur les réseaux sociaux.

C'est notre rôle à tous, en tant que citoyens, de faire en sorte que des dispositions soient adoptées, y compris légales, qui favorisent le journalisme de qualité, qui favorisent la fiabilité de l'information, qui évitent que sur les plateformes numériques et sur les réseaux sociaux soient favorisés les propos de haine, les rumeurs ou les manipulations de toutes sortes.

La ville de Lviv a été choisie pour l’établissement de ce centre pour la liberté de presse, car elle est devenue l'une des principales bases de travail des organismes humanitaires et des journalistes. Le ville demeure sécuritaire pour le moment, malgré les sirènes d’alarme prévenant de possibles raids aériens qui retentissent de temps à autre.

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