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La solidarité de l’OTAN, un atout pour l’Ukraine dans sa guerre contre la Russie

La ministre de la Défense canadienne, Anita Anand.

« On ne veut pas avoir une troisième guerre mondiale », a affirmé la ministre de la Défense canadienne, Anita Anand.

Photo : Radio-Canada / Benoit Roussel

Micheline Laflamme

Lance-roquettes, grenades, fusils sans recul, munitions : l’aide militaire fournie par le Canada à l’Ukraine pour repousser l’offensive russe augmente de semaine en semaine et totalise maintenant plus de 117 millions de dollars.

Cette contribution n’est pas banale. Toutefois, la ministre de la Défense nationale, Anita Anand, insiste, dans une entrevue aux Coulisses du pouvoir, sur la solidarité dont fait preuve l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) à l’égard de l’Ukraine. Le Canada est un des 30 pays de l'OTAN. Tous les pays font des choses importantes comme livrer des armes. Et ça, c’est la différence. L'OTAN est unie, maintenant. C'est une alliance solide. Et ça, c'est la chose la plus importante pour aider les Ukrainiens.

Anita Anand insiste aussi sur la formation militaire dispensée par le Canada à 33 000 membres de l’armée ukrainienne depuis 2015 grâce à l’opération UNIFIER. Ces soldats repoussent aujourd’hui la machine de guerre russe sans pouvoir compter sur une zone d’exclusion aérienne au-dessus de leur territoire. Le président ukrainien, Volodymyr Zelinsky, l’a réclamée à plusieurs reprises, mais il a essuyé une fin de non-recevoir. On ne veut pas avoir une troisième guerre mondiale, a expliqué la ministre de la Défense.

Par contre, si Vladimir Poutine choisissait de s’en prendre à un membre de l’OTAN, la riposte serait assurée, a dit Anita Anand en rappelant l’article 5 du traité de Washington. Cet article stipule qu’une attaque contre un des membres représente une attaque contre tous les signataires.

L’Alliance atlantique risque-t-elle d’être aux prises avec une telle situation? Samedi, elle a reçu une mise en garde de la part du vice-ministre des Affaires étrangères russes, Sergueï Riabkov, qui a déclaré que les convois d’armes acheminés à l’Ukraine seraient considérés comme des cibles légitimes par l’armée russe. Cela pourrait entraîner le Canada et ses alliés dans un conflit qu’ils tentent d’éviter.

Anita Anand à droite.

La ministre de la Défense veut aussi que la défense de l’Amérique du Nord soit rehaussée.

Photo : Radio-Canada / Micheline Laflamme

La guerre déclenchée par la Russie contre l’Ukraine ne menace pas seulement la stabilité et la sécurité du continent européen, selon la ministre de la Défense : elle constitue un avertissement pour tous ceux qui se croient à l’abri d’un conflit. Le monde a changé et nous devons nous assurer que nous sommes prêts à toute éventualité, a-t-elle déclaré. Cela signifie qu’il faut fournir aux forces armées les ressources dont elles ont besoin pour faire face aux dangers.

Moderniser le NORAD

Mme Anand dit avoir entamé des discussions avec la ministre des Finances, Chrystia Freeland, à ce sujet. Elle refuse cependant d’indiquer si le prochain budget fédéral comprendra une hausse des dépenses militaires. Elle se garde aussi de dire si son gouvernement arrivera à investir 2 % du produit intérieur brut canadien dans ses forces armées, comme le demande l’OTAN. En ce moment, la part d’Ottawa s’élève à 1,4 %.

Par contre, la ministre Anand mettra en œuvre la politique de défense établie en 2016, qui prévoit une augmentation du budget militaire de 70 % en dix ans. Elle va aussi s’attaquer à la modernisation du NORAD, le système de défense continentale établi avec les États-Unis pour protéger le continent, y compris l’Arctique. Un investissement de 252 millions de dollars a été annoncé dans le dernier budget.

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