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L’armée russe encercle Kiev et bombarde plusieurs villes

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Un immeuble de neuf étages a été la cible d'une explosion à Mykolaïv, samedi.

Photo : Getty Images / ALEXEY KRAVTSOV

Radio-Canada

L’offensive de l’armée russe en Ukraine se poursuit pour une 17e journée samedi. L’étau se resserre sur la capitale, Kiev, et plusieurs villes subissent des bombardements qui n’épargnent ni les hôpitaux, ni les lieux de culte, ni les civils.

Les soldats russes ont tiré vendredi sur des civils qui empruntaient un couloir d'évacuation près de Kiev, tuant sept personnes, dont un enfant, ont affirmé samedi les services de renseignement militaire ukrainiens sur Facebook, indiquant ne pas avoir encore le bilan du nombre de blessés.

Les Russes ont tiré sur une colonne de femmes et d'enfants dans la région de Kiev, a indiqué cette source, expliquant que ces civils étaient en train d'être évacués par un couloir approuvé à l'avance entre les belligérants.

En cette 17ème journée de guerre, la Russie poursuit sa stratégie de destruction des zones civiles. Ceux qui cherchent à fuir les bombardements sont pris pour cible. À Marioupol, où la crise humanitaire s'aggrave, l'évacuation de résidents par couloir humanitaire a une fois de plus échoué. Au Nord du pays, des réfugiés près de Kiev auraient été attaqués : un bilan de 7 morts, dont des enfants, selon les autorités ukrainiennes. La capitale, se prépare à un assaut imminent des forces russes, comme en témoignent ces images de rues barricadées. Reportage de Jean-Philippe Hughes.

Ces personnes tentaient de quitter le village de Peremoha pour rejoindre celui de Gostroluchchia, à environ 36 km des faubourgs nord-est de Kiev.

Après les tirs, les occupants ont forcé le reste de la colonne à retourner au village de Peremoha et ne les ont pas laissés sortir du village, ont-ils encore affirmé, ajoutant qu'il était devenu presque impossible de leur fournir une aide humanitaire.

Une mosquée où 80 civils avaient trouvé refuge a aussi été bombardée à Marioupol, un port stratégique du sud de l'Ukraine, a affirmé samedi le ministère ukrainien des Affaires étrangères.

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Un militaire ukrainien garde sa position à Marioupol.

Photo : Associated Press / Evgeniy Maloletka

La mosquée du sultan Souleïman le Magnifique et de son épouse Roxolana à Marioupol a été bombardée par les envahisseurs russes, a déclaré le ministère dans un message sur Twitter.

Plus de 80 adultes et enfants s'abritaient là, y compris des citoyens turcs, a-t-il ajouté sans préciser quand le bombardement a eu lieu.

Le président de l'Association de la mosquée Souleïman de Marioupol, Ismaïl Hacioglu, joint par la chaîne turque HaberTürk, a confirmé que le quartier avait été bombardé, mais que la mosquée elle-même n'avait pas été touchée.

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Depuis des jours, les troupes russes assiègent et bombardent Marioupol, dans le sud de l'Ukraine.

Photo : Associated Press / Evgeniy Maloletka

Plongés dans la misère

Marioupol, encerclée et constamment bombardée par les Russes, est dans une situation désespérée, selon un haut responsable de Médecins sans frontières (MSF), qui a appelé à agir pour éviter une tragédie inimaginable.

Des centaines de milliers de personnes […] sont littéralement assiégées, a déclaré Stephen Cornish, patron de MSF Suisse et un des coordonnateurs des activités de cette ONG en Ukraine depuis le début de l'invasion russe, le 24 février.

Terrés dans les caves, les habitants sont privés d'eau, de gaz, d'électricité et de moyens de communication. Récemment, on y a vu des gens se battre pour de la nourriture.

Les bombardements empêchent les approvisionnements et l'inhumation des morts. Le bilan des victimes a été estimé à 1500 vendredi, selon le cabinet du maire.

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Un entrepôt de produits alimentaires congelés en feu après un bombardement dans le village de Kvitneve dans la région de Kiev.

Photo : Reuters / Service d'urgence de l'Ukraine

MSF a indiqué que plusieurs mouraient à cause du manque de médicaments. Certains tentent de boire l'eau des radiateurs.

Les conditions de vie dans l'hôpital se sont détériorées : l'électricité y est réservée aux opérations chirurgicales.

Un hôpital pédiatrique et une maternité ont été touchés mercredi, ce qui a suscité un tollé international. Trois morts et de nombreux blessés ont été signalés.

La ville portuaire de Mykolaïv (sud) a été la cible d’un bombardement continu durant la nuit. Les tirs ont touché un centre de soins pour le cancer et un hôpital ophtalmologique, selon une journaliste de l'AFP.

Ils ont tiré sur ces zones civiles sans aucun objectif militaire, a fustigé Dmytro Lagotchev, chef de l'hôpital.

Au moment des frappes, aucun patient ni soignant ne se trouvait dans le centre contre le cancer. Mais l'hôpital ophtalmologique, lui, abritait des patients au nombre non précisé.

« Nous avons passé toute la nuit dans la cave, tout tremblait, les patients étaient terrifiés. »

— Une citation de  Kasimira Rilkova, directrice de l’hôpital ophtalmologique de Mykolaïv

Dans le quartier Ingoulski, les habitants n'ont plus de chauffage et beaucoup sont désormais forcés de partir.

Notre dossier Guerre en Ukraine

Les médias locaux rapportaient samedi matin des sirènes d'alerte aux bombardements sur l'ensemble du territoire ukrainien, notamment dans les grandes villes de Kiev, d'Odessa, de Dnipro et de Kharkiv.

Du côté de la capitale, Kiev, des images satellites montrent que l’armée russe a effectué des mouvements de son convoi stationné depuis plusieurs jours au nord-ouest de la ville.

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Le centre-ville de Kiev est la cible de tirs.

Photo : Reuters / IRAKLI GEDENIDZE

Au même moment, des frappes ont touché samedi matin la ville de Vasylkiv, à une quarantaine de kilomètres au sud de la capitale.

Huit roquettes russes ont notamment frappé l'aéroport local, qui a été complètement détruit, a indiqué la mairesse Natalia Balassinovitch sur son compte Facebook. Un dépôt de pétrole a aussi été touché et a pris feu, a-t-elle ajouté.

Des responsables de l’agence atomique russe, Rosatom, se sont rendus vendredi à la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijia, bombardée le 4 mars et occupée depuis par les Russes. La mission de cette équipe de 11 personnes était de vérifier le niveau de radiation, a expliqué samedi l'agence nucléaire ukrainienne Energoatom.

Le Haut-Commissariat aux droits de l'homme des Nations unies a confirmé vendredi la mort de 564 civils en Ukraine, dont 41 enfants, depuis le lancement de l'offensive russe.

Zelensky veut faire libérer le maire de Melitopol

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Des manifestants dénoncent l'enlèvement du maire Ivan Fedorov devant le bâtiment de l'administration régionale de Melitopol.

Photo : Reuters

Dans le sud du pays, le maire de Melitopol a été enlevé vendredi par des soldats russes qui occupent cette ville, ont affirmé des responsables ukrainiens.

Selon le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, le maire Ivan Fedorov a été enlevé par des soldats russes occupant Melitopol, qui se trouve à mi-chemin entre Marioupol et Kherson, parce qu'il refusait de coopérer avec l'ennemi.

Le président Zelensky a appelé samedi le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Olaf Scholz à exiger la libération du maire Fedorov.

Volodimir Zelensky a également affirmé que la Russie était en train d'envoyer des renforts en Ukraine après avoir subi des pertes élevées, les plus lourdes depuis des dizaines d'années.

Selon lui, l'armée ukrainienne a neutralisé 31 groupes tactiques de bataillons russes.

1300 militaires ukrainiens sont morts depuis le début de l'invasion

M. Zelensky a aussi estimé à environ 1300 le nombre de soldats ukrainiens morts depuis le début de l'offensive russe, le 24 février. Il a affirmé que de 500 à 600 soldats russes se seraient rendus vendredi.

C’est la première fois depuis le début de l’invasion que les autorités ukrainiennes livrent un bilan des pertes parmi leurs rangs.

Le président Zelensky a ajouté que l'armée russe avait perdu environ 12 000 hommes. Toutefois, il n'a pas été possible de vérifier ces déclarations de manière indépendante.

Un troisième général russe aurait été tué au cours des combats, selon Anton Gerashchenko, un conseiller du ministère de l'Intérieur de l'Ukraine. Le major général Andrei Kolesnikov aurait été tué près de Marioupol.

La Russie n'a pas confirmé ce décès.

Le 2 mars, l'armée russe avait annoncé avoir perdu près de 500 soldats. Elle n'a fourni aucun nouveau chiffre depuis. Six jours plus tard, le Pentagone affirmait estimer les pertes russes à un nombre oscillant entre 2000 et 4000 morts.

De son côté, le président russe Vladimir Poutine a appelé le président français et le chancelier allemand à faire pression sur Kiev pour mettre fin à des violations flagrantes du droit humanitaire.

Il a évoqué des assassinats extrajudiciaires d'opposants, des prises d'otages de civils et leur utilisation comme boucliers humains ainsi que le déploiement d'armes lourdes dans des zones résidentielles, à proximité d'hôpitaux, d'écoles et de jardins d'enfants.

Par ailleurs, le vice-ministre russe des Affaires étrangères a menacé de prendre pour cible les livraisons d'armes occidentales à l'Ukraine.

Nous avons averti les États-Unis que la livraison d'armes qu'ils orchestrent depuis un certain nombre de pays n'est pas seulement un geste dangereux, mais aussi un acte qui fait des convois mentionnés des cibles légitimes, a averti Sergueï Riabkov dans une entrevue à la chaîne de télévision Pervy Kanal.

La Maison-Blanche a justement autorisé samedi une nouvelle aide en armes de 200 millions de dollars pour l'Ukraine.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Associated Press

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