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Pandémie : 1 Québécois sur 5 joue à la loterie en ligne

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Depuis le début de la pandémie, 1 Québécois sur 5 joue à la loterie en ligne, une hausse de 8 %, selon un sondage de l'INSPQ.

Photo : getty images/istockphoto / Tero Vesalainen

Radio-Canada

L'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a enregistré une hausse de 8 % des utilisateurs de loterie en ligne depuis le début de la pandémie. Certains ont conservé cette habitude.

Cette augmentation est attribuable à la fermeture des casinos, des salons de jeux et à la suspension de la vente de loterie chez les détaillants.

D'après un sondage de l'INSP (Nouvelle fenêtre), désormais, un Québécois sur cinq joue à des jeux de hasard et d'argent en ligne. Le quart de ces joueurs disent avoir dépassé les limites qu'ils s'étaient fixées.

C'est le cas de François Girard, qui a découvert la loterie en ligne en 2019.

Je jouais un peu dans des machines dans des bars [...], mais la seconde où je suis embarqué sur Internet, ça a été différent, témoigne-t-il.

Une spirale qui l'a entraîné à dépenser jusqu'à 50 000 $ et à s'endetter de plusieurs milliers de dollars en jouant à des jeux de hasard et d'argent en ligne.

La pandémie et les mesures sanitaires, dit-il, ont provoqué des conditions propices au développement d'une dépendance à loterie en ligne : Un manque de social, manque d'activités, plus de temps [...] comme c'est accessible 24 heures sur 24, ben, si t'as plus de temps, c'est plus facile de jouer.

De plus, le caractère immersif des jeux en ligne, la possibilité de consommer alcool, substances illicites et tabac en jouant et l'imprécision des frontières entre jeux d'habileté et jeux de hasard et d'argent sur une même plateforme représentent un risque accru de dépendance, souligne l'INSPQ dans une étude réalisée en 2018.

Fidélisation et marketing personnalisé intrusif

Des publicités ciblées, M. Girard en a vu plusieurs dans son fil d'actualité Facebook.

Quand tu marques ''casino en ligne'', tout sort. [...] dès que tu fais la recherche après, t'as de la publicité. C'est quasiment automatiquement. Puis, quand tu t'inscris à un site, par après, t'as encore plus de publicités, se souvient-il.

« Ça a été pas mal la publicité sur Internet qui m'a orienté vers des sites de jeux en ligne [...] il y a en a tellement. JackpotCity, Spin Palace, ça a été pas mal mes premiers sites où je suis allé au début. »

— Une citation de  François Girard

Ces publicités-là sont problématiques, parce qu'elles dirigent les joueurs vers des sites de jeux qui ne sont pas nécessairement régulés par Loto-Québec, donc qui ne sont pas des sites de jeux qui sont légaux au Québec, explique Andrée-Anne Légaré, professeure au programme d'études en toxicomanie à l'Université de Sherbrooke.

Également, certains sites de jeux illégaux peuvent utiliser des stratégies de marketing qui ne sont pas cautionnées par le gouvernement du Québec, souligne la professeure. Tandis que Loto-Québec a mis à la disposition des joueurs certains mécanismes de contrôle du temps et de l'argent, et un accès restreint aux mineurs, les sites de jeux illégaux ne favorisent pas nécessairement un jeu responsable, dit Mme Légaré.

Les entreprises qui offrent ces jeux sont prêtes à tout pour garder les joueurs captifs, évoque M. Girard. J'ai même fermé mes comptes, j'ai même changé de e-mail, mais ils ont été capables de me retrouver sur Facebook, je reçois ça sur message texte, ils m'envoyaient ça par la poste.

La grosse différence est là : le casino ou les bars, ils ne te harcèlent pas, quand t'es pas là, ils ne t'en parlent plus [...] versus en ligne, quand t'arrêtes de jouer, ils t'envoient des pop-ups [notifications, NDLR] et ils vont te solliciter parce qu'ils vont avoir des bonus. Veut, veut pas, ça te rappelle toujours de jouer, témoigne M. Girard.

Sortir de la dépendance

M. Girard a eu la force d'aller chercher de l'aide. Il a suivi une thérapie de trois semaines à la Maison la Margelle et il poursuit son suivi auprès de l'Alcôve, un centre de thérapie en dépendance. Aujourd'hui, tout va bien, se réjouit-il.

Interrogé sur ce qui pourrait être fait pour aider les autres personnes dépendantes des jeux d'argent en ligne, M. Girard répond que la solution repose en partie sur une meilleure réglementation gouvernementale, mais aussi des banques qui autorisent d'importants versements vers des sites de jeux d'argent en ligne.

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