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« Je sais comment gagner » : Jean Charest est officiellement en campagne

Jean Charest prononçant un discours.

L'ex-premier ministre québécois Jean Charest se lance officiellement dans la course à la direction du Parti conservateur du Canada.

Photo : Reuters / TODD KOROL

Jean Charest part à l'assaut du Parti conservateur du Canada (PCC). L'ancien premier ministre québécois a donné le coup d'envoi de sa campagne jeudi soir à Calgary, un des bastions de la formation politique qu'il espère diriger.

Je suis à Calgary ce soir pour lancer un message, j’ai choisi d’être ici pour commencer ma carrière, a-t-il d'abord lancé aux membres du parti, qui lui avaient réservé un accueil chaleureux dans une brasserie de la ville.

Selon M. Charest, il est temps que l'Alberta prenne sa place au sein de la fédération canadienne. On a besoin d’un pays uni, et l’Alberta doit avoir une voix importante à la table, c’est pour ça que je suis ici ce soir, a-t-il affirmé, promettant de se battre pour l'Alberta et ses ressources naturelles.

Car M. Charest a lancé jeudi soir un vibrant plaidoyer pour l'exportation accrue du pétrole et du gaz canadiens vers l'Europe au moment où l'Ukraine subit l'agression russe.

C’est mon gouvernement qui a construit le dernier pipeline au Québec, s'est-il vanté, faisant référence à l'oléoduc Montréal-Lévis autorisé alors qu'il était premier ministre du Québec, entre 2003 et 2012.

« On a besoin d’un premier ministre qui comprend le fonctionnement de la fédération pour faire avancer de grands projets nationaux, comme des pipelines. »

— Une citation de  Jean Charest, candidat à la direction du Parti conservateur du Canada

Selon lui, le Canada est le meilleur pays au monde, mais son potentiel est inexploité. Le Canada, dit-il, a besoin d’un parti politique national pour l’unir.

Sur les questions d'environnement, M. Charest a convenu qu'il s'agissait de débats importants. Mais on peut marcher et mâcher de la gomme [en même temps], sans laisser tomber des régions du Canada, a-t-il ajouté.

M. Charest a aussi lancé un message d'unité à son parti en disant que le Parti conservateur a été distrait par des débats internes. Il est celui, dit-il, qui peut d'abord unir le parti et ensuite le faire gagner contre les libéraux de Justin Trudeau.

Je veux unir le parti et ensuite planifier la prochaine campagne, a-t-il déclaré. Je sais comment gagner.

Laïcité et fédéralisme

Jean Charest avait débuté sa campagne par une série d'entrevues radiophoniques, jeudi matin, dans lesquelles il avait notamment réitéré son opposition sur le fond à la Loi sur la laïcité de l'État du Québec.

Au micro de l'émission Les matins d'ici, sur ICI Première, dans la région d'Ottawa-Gatineau, le politicien de 63 ans a déclaré qu'il entendait respecter les compétences provinciales s'il devenait premier ministre du Canada. Cela dit, si la question se rend en Cour suprême, le gouvernement s'exprimera, dit-il.

Sur le fond, M. Charest demeure vague. La laïcité, les gens connaissent ma position là-dessus, s'est-il contenté de dire jeudi matin.

La commission Bouchard-Taylor – dont les conclusions ont mené le premier ministre François Legault à interdire le port de signes religieux ostentatoires aux figures d'autorités étatiques – avait été instituée sous le règne de Jean Charest.

Certaines de ses conclusions, cela dit, avaient été jugées à l'époque contraires aux chartes du Québec et du Canada par son gouvernement, dit-il. Celle concernant l'interdiction des signes religieux a d'ailleurs été reniée par les commissaires depuis.

Jean Charest est officiellement candidat dans la course à la chefferie du Parti conservateur du Canada.

Si M. Charest a défendu jeudi matin son bilan à titre de premier ministre du Québec, le communiqué annonçant officiellement sa candidature à la direction du PCC, diffusé jeudi soir, omet de mentionner qu'il a siégé pendant toutes ces années comme membre du Parti libéral du Québec.

Sa biographie mentionne simplement qu'en 1998, il a quitté la politique fédérale pour diriger la seule coalition fédéraliste et s'opposer aux souverainistes et qu'il a été élu premier ministre de la province du Québec en 2003.

Je suis un conservateur, moi – un conservateur qui croit à un certain nombre de valeurs, qui ont toujours guidé mon action politique, a assuré le principal intéressé, jeudi matin, évoquant la gestion des finances publiques, l'économie de marché et un fédéralisme qui respecte les compétences des provinces.

Ce que je vais amener à cette job-là de chef du parti, c'est une compréhension sur comment fonctionne le système fédéral, a-t-il résumé. Ça va être une bouffée d'air frais à Ottawa.

Quatre candidats, bientôt cinq

M. Charest est le quatrième candidat déclaré à la succession d'Erin O'Toole, qui a été poussé vers la sortie le mois dernier par le caucus conservateur à la Chambre des communes.

Des conservateurs de Québec comptent sur lui pour rallier le parti, déchiré entre une frange plus à droite et une autre plus proche des valeurs véhiculées par le défunt Parti progressiste-conservateur du Canada, que Jean Charest a dirigé de 1993 à 1998 avant de faire le saut à Québec.

Les trois autres candidats déclarés sont : le député de Carleton, Pierre Poilievre, considéré comme favori; sa collègue de Haldimand-Norfolk, Leslyn Lewis; et Roman Barber, un député provincial de Toronto opposé aux mesures sanitaires.

Le maire de Brampton et ancien chef du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario (PPCO) Patrick Brown devrait pour sa part lancer sa propre campagne dimanche.

Pas d'entente entre les camps Charest et Brown

Selon le Toronto Star, Jean Charest et Patrick Brown – qui sont de vieux amis – auraient conclu un pacte de non-agression.

Mais en entrevue à 24•60, jeudi soir, l'ex-chroniqueuse Tasha Kheiriddin – qui a elle-même songé à se porter candidate avant de se ranger derrière Jean Charest, lundi, pour devenir sa conseillère principale –  a déclaré que rien n'était plus faux.

J'ai lu ça [et] j'ai ri, parce que non, il n'y a pas d'entente, a-t-elle confié à Julie Drolet, convenant tout au plus que la vision du pays des deux hommes, peut-être, partage certains éléments.

Julie Drolet en parle avec Tasha Kheiriddin, conseillère principale de Jean Charest

Je pense que vous allez entendre beaucoup de choses différentes pendant cette campagne, et de désinformation, a prévenu Mme Kheiriddin. Il faut être prudent, et je pense qu'à la fin de la journée, ce sont les candidats qui vont se définir eux-mêmes.

Moi j'ai hâte aux débats, par exemple, où on va vraiment voir comment les candidats se séparent et se réunissent, a-t-elle conclu.

Avec les informations de Mathieu Gohier

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