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Envoyé spécial

La Roumanie, une escale pour de nombreux réfugiés ukrainiens

Le pays membre de l’Union européenne, qui partage une frontière d’environ 600 kilomètres avec l’Ukraine, est depuis deux semaines un point d’entrée pour de nombreux réfugiés qui fuient le conflit.

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Chaque jour, des milliers de réfugiés prennent un traversier pour franchir le Danube, frontière naturelle entre l'Ukraine et la Roumanie.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair.

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ISACCEA, Roumanie – Dans le sud de la Roumanie, naviguer sur le Danube, fleuve iconique d’Europe, est une activité récréative populaire.

Depuis deux semaines, la traversée du cours d’eau a pris une tout autre signification pour des dizaines de milliers d’Ukrainiens qui montent sur des bateaux pour franchir cette frontière naturelle entre leur pays et la Roumanie, membre de l’Union européenne.

Parmi eux, Natalia, qui a quitté la ville portuaire d’Odessa.

« Mes grands-parents sont restés, j’ai très peur pour eux. »

— Une citation de  Natalia, réfugiée ukrainienne
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Julia et Natalia ont quitté la région d'Odessa, en Ukraine.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair.

Comme elle, beaucoup de femmes et d’enfants qui viennent de toucher la terre ferme viennent de la troisième ville d’Ukraine, un port important où l’on craint les bombardements.

D’autres réfugiés ont quitté des régions du sud en proie aux combats.

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Bill, un Torontois, attend sa femme ukrainienne à la frontière entre l'Ukraine et la Roumanie.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair.

Depuis six jours, le Torontois Bill Jouni attend sa femme, qui se trouvait dans la région de Mykolaïv, une ville située à seulement 130 kilomètres d’Odessa.

Elle était évidemment effrayée. Il n’y avait pas de nourriture, pas d’électricité ni d’eau dans son appartement, explique-t-il. Dans l’attente, Bill a décidé d’aider les réfugiés qui se présentent au poste frontalier d’Isaecca, en attendant de pouvoir rentrer en Ontario avec sa conjointe.

Natalia a elle aussi un plan bien établi : elle ira à Istanbul, en Turquie, où sa compagnie a des bureaux.

D’autres, comme Julia, une amie de Natalia, n’ont pas de plans établis. Elle envisage de rejoindre des proches installés à Montréal, mais ajoute : si ça se termine bientôt, je préférerais rentrer chez moi.

Il y en a qui ont prévu un plan, ils ont des amis qui viennent les chercher, de la famille qui vient les chercher. Et il y en a d’autres qui ont fui, ont pris leurs bagages et y vont étape par étape. ils ne savent pas trop, constate Alice, une bénévole française qui se trouve à la frontière entre l’Ukraine et la Roumanie.

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Des réfugiés ukrainiens montent à bord d'autocars à destination de différentes villes européennes.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair.

Une chose est certaine, un grand nombre des réfugiés qui foulent le sol roumain n’ont pas nécessairement l’intention d’y rester, comme en témoignent les autocars remplis à destination de la Bulgarie, de l’Allemagne ou de l’Italie.

Sur les plus de 300 000 Ukrainiens qui sont entrés en Roumanie, la grande majorité n’y ont séjourné que brièvement.

Nous avons besoin d’aide pour aider

Bien que leur séjour à la frontière roumaine soit temporaire, un grand nombre de réfugiés ont besoin d’y recevoir de l’aide. Les femmes et les enfants se présentent souvent avec uniquement quelques sacs contenant peu de vêtements.

J’ai ma vie et celle de ma fille. Tous les biens matériels sont restés là-bas, témoigne Elizabeth, une ancienne résidente de Kiev rencontrée à Bucarest avant son départ vers l’Italie où elle doit rejoindre des proches.

À leur arrivée en Roumanie, des vêtements, de la nourriture et des cartes pour téléphones portables sont distribués aux réfugiés.

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« Nous avons besoin d'aide pour aider », dit Daniel Radu, un élu d'Isaccea, en Roumanie.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair.

À Isaccea, sur les rives du Danube, le centre sportif a été transformé en centre d’accueil, où des lits ont été installés pour accueillir les Ukrainiens qui franchissent la frontière pendant la soirée ou la nuit.

Lors de notre passage, en fin d’après-midi, des élèves de la petite ville sont venus donner un coup de main pour y entreposer des denrées. Nous y rencontrons également Daniel Radu, un élu local qui se présente sur une base quotidienne.

« Nous avons besoin d’aide pour aider. Nous avons besoin de beaucoup d’aide pour aider. »

— Une citation de  Daniel Radu, élu d’Isaccea

Selon lui, les alliés de la Roumanie doivent appuyer les efforts de son pays, l’un des plus pauvres de l’Union européenne.

De passage à Bucarest en début de semaine, la ministre canadienne des Affaires étrangères Mélanie Joly a reconnu l’importance du rôle joué par les pays limitrophes de l’Ukraine, dont la Roumanie.

Reconnaissant le rôle joué par le gouvernement roumain pour aider des ressortissants canadiens à retourner en sécurité au pays, elle a affirmé à Radio-Canada que maintenant, c’est à notre tour d’aider les Roumains.

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Des bénévoles entreposent des denrées dans un centre sportif d'Isaccea, en Roumanie.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair.

Ottawa a annoncé l’octroi de 150 millions de dollars à différentes agences des Nations unies et à la Croix-Rouge pour appuyer l’effort humanitaire dans les zones frontalières.

En Roumanie, comme en Pologne et ailleurs le long de la frontière avec l’Ukraine, les réfugiés peuvent aussi compter sur l’appui de bénévoles qui ne ménagent pas les efforts depuis le début du conflit.

Parmi eux, des Roumains, des Ukrainiens, mais aussi des gens qui viennent de différentes régions du monde.

Le Canadien Bill Jouni, qui a finalement retrouvé sa femme après de longs jours d’attente, entend continuer de participer à l’effort collectif.

Bien sûr, elle devra se remettre de son traumatisme. Mais notre plan est de continuer à faire du bénévolat avant de rentrer au Canada, dit-il.

Notre dossier Guerre en Ukraine

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