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« Charest ou Poilievre, j’ai peur d’une cassure »

Jean Charest.

Jean Charest, ancien premier ministre libéral du Québec, lance sa campagne pour la chefferie conservatrice en Alberta.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Alors que Jean Charest lance officiellement jeudi sa campagne à la direction du Parti conservateur du Canada, des observateurs craignent un affrontement qui pourrait s’avérer fatal pour le parti.

Je vais être franc, je commence à douter de la viabilité du Parti conservateur du Canada, indique de but en blanc une source conservatrice albertaine qui a oeuvré autant en politique fédérale que provinciale.

Tant dans un scénario de victoire de Pierre Poilievre que de Jean Charest, ce vétéran des rangs conservateurs craint que le parti se divise pour de bon. Les attaques particulièrement virulentes de l’équipe Poilievre, alors que Jean Charest n’était même pas encore officiellement dans la course, lui font dire que l’animosité entre les deux camps serait difficile à oublier une fois la course terminée.

Que ce soit Charest ou Poilievre, je crains une cassure dans le parti.

Cette source conservatrice a requis l’anonymat pour discuter librement. Si elle préfère le style Charest, elle émet toutefois un bémol à propos de la candidature de l’ancien premier ministre québécois.

« Est-ce que c’est la bonne personne en 2022 après 10 ans loin de la politique? Le monde a bien changé depuis 2012. »

— Une citation de  Une source conservatrice

Ce vétéran conservateur croit tout de même que Jean Charest pourra compter sur quelques appuis en Alberta, même si Pierre Poilievre peut déjà compter sur plusieurs élus de l'Ouest.

Je pourrais voir [les députés] Greg McLean et Michelle Rempel Garner être dans le camp Charest, ajoute cette source.

Michelle Rempel Garner a d’ailleurs effectué plusieurs sorties médiatiques récemment, où elle dénonce les politiciens qui font écho aux théories du complot dans leur discours et leurs médias sociaux.

Pierre Poilievre parle debout aux Communes.

Pierre Poilievre peut compter sur l'appui de plusieurs élus de l'Ouest.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Ligne de faille conservatrice

L’Alberta n’est pas monolithique, et Jean Charest peut y faire une percée, rappelle un autre ex-stratège conservateur, surtout dans les régions urbaines. On dit entre nous qu’il y a Redmonton, plus progressiste, et les comtés plus multiethniques de Calgary, qui ont beaucoup changé depuis l’ère Harper.

Selon ce stratège, on se dirige vers un combat de titans, avec deux meneurs au style bien différent, d'après un autre stratège. Pierre Poilievre peut enflammer les foules et motiver la base conservatrice. Quant à Jean Charest, lorsqu'il sort d’une rencontre, les gens partent avec l’impression d’avoir eu une connexion personnelle avec lui.

Dans l’équipe de Pierre Poilievre, on tente de consolider son image de meneur dans la course. Nous avons des tonnes d’appuis et beaucoup d’argent, signale le sénateur Léo Housakos. Nous avons déjà 280 000 $ en banque ajoute-t-il. Selon les règles du parti, les candidats doivent amasser 300 000 $ pour s’inscrire.

Notre réseau de contacts sur les réseaux sociaux est immense, celui de Jean Charest est inexistant, souligne le sénateur Housakos.

Pierre Poilievre a notamment utilisé son appui au convoi de camionneurs qui ont bloqué Ottawa le mois dernier afin de faire circuler une pétition sur les médias sociaux et de récolter les informations personnelles de milliers de sympathisants.

On est en train de faire le tri dans ces informations, explique Léo Housakos, et quand on aura fini, on aura la plus grande banque de données parmi les candidats.

Pierre Poilievre sera dans la région de Toronto de jeudi à dimanche pour des rencontres privées et des rassemblements.

L’équipe de Jean Charest prévoit lancer son compte Twitter officiel dès jeudi, de même que le reste de sa présence sur les réseaux sociaux.

Unir le parti

Alors que les divisions entre progressistes-conservateurs et purs et durs de droite sont plus évidentes que jamais, un nom ferait toutefois l’unanimité, croit une source qui a travaillé à Ottawa à l’époque de Stephen Harper.

Rona Ambrose! C’est LA personne qui aurait le plus d’appuis, elle pourrait gagner au premier tour. Elle n’a aucun ennemi, contrairement aux autres. En plus, ça serait le temps d’avoir une femme pour diriger le parti.

L’ancienne chef intérimaire, qui a quitté la politique active en 2017, mène depuis une carrière dans le secteur privé et ne semble pas sur le point de lancer une campagne.

Il faut que les candidats annoncent bientôt leur intention pour recruter les meilleurs organisateurs et bâtir une équipe, rappelle cet intervenant.

Les prétendants à la succession d’Erin O’Toole ont jusqu’au 19 avril pour déposer officiellement leur candidature et jusqu’au 3 juin pour recruter de nouveaux membres qui pourront élire le prochain chef. Ils pourront dépenser un maximum de 7 millions de dollars durant cette campagne.

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