•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un hôpital pour enfants de Marioupol bombardé par l’armée russe

Chargement de l’image

Une femme enceinte blessée est évacuée de l'hôpital pédiatrique de Marioupol.

Photo : La Presse canadienne / AP/Evgeniy Maloletka

Radio-Canada

Un hôpital pédiatrique de la ville portuaire de Marioupol, dans le sud-est de l’Ukraine, a été touché par des frappes aériennes russes, ont annoncé mercredi le président ukrainien Volodymyr Zelensky et les autorités locales.

L’information n’a pas été confirmée par l’armée russe et ne peut être vérifiée de manière indépendante.

Frappes directes des troupes russes sur la maternité d’un hôpital. Des gens, des enfants sont sous les décombres. Atrocité!, s’est indigné le président Zelensky dans un message publié sur Twitter, accompagné d’une vidéo montrant, selon lui, les lieux.

Combien de temps encore le monde sera-t-il complice en ignorant la terreur? Fermez le ciel immédiatement! Vous avez le pouvoir de le faire, mais vous semblez perdre votre humanité, a-t-il ajouté.

Dans un message vidéo subséquent, M. Zelensky a qualifié le bombardement de crime de guerre.

Le bombardement de l'hôpital avait été annoncé un peu plus tôt par le conseil municipal de Marioupol, ville stratégique assiégée par l'armée russe depuis déjà plusieurs jours.

Les forces d'occupation russes ont lâché plusieurs bombes sur l'hôpital pour enfants. La destruction est colossale, a-t-il annoncé en ligne, sans offrir de bilan.

Un grand immeuble éventré. À l'avant-plan, une voiture écrasée.

Cette image extraite d'une vidéo publiée par le conseil municipal de Marioupol montre les très lourds dommages subis par l'hôpital.

Photo : La Presse canadienne / AP/Conseil municipal de Marioupol

Le gouverneur de la région de Donetsk, qui inclut Marioupol, Pavlo Kirilenko, a également confirmé l'information dans une entrevue à la télévision ukrainienne. Selon lui, 17 personnes ont été blessées.

Sur la vidéo publiée par la présidence ukrainienne, on peut apercevoir de l'intérieur des bâtiments soufflés, des débris, des feuilles de papier et des bouts de verre jonchant le sol.

Une autre vidéo diffusée par la page Facebook de la police nationale et tournée à l'extérieur de l'hôpital montre plusieurs voitures carbonisées et un imposant cratère.

La responsable des droits de la personne auprès du Parlement ukrainien, Liudmyla Denisova, a dénoncé sur sa chaîne Telegram un exemple de crime contre l'humanité et de génocide contre le peuple ukrainien.

La mairie de Marioupol a affirmé sur sa chaîne Telegram que les neuf jours de siège russe dans la ville avaient fait 1207 morts parmi les civils.

Chargement de l’image

Une frappe aérienne a laissé un immense cratère à l'extérieur de l'hôpital pédiatrique de Marioupol.

Photo : La Presse canadienne / AP/Evgeniy Maloletka

L'ONU réclame l'arrêt des attaques contre les hôpitaux

Aucune installation de santé en Ukraine ne doit jamais être une cible, a commenté le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, lors de son point de presse quotidien.

L'ONU et l'Organisation mondiale de la santé ont appelé et continuent d'appeler à l'arrêt immédiat des attaques contre les établissements de santé, les hôpitaux, les travailleurs de la santé, les ambulances, a-t-il ajouté.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, au moins 19 attaques ont été perpétrées contre des établissements de soins, du personnel de santé et des ambulances, faisant au moins 10 morts, depuis le début de la guerre.

Il est atroce de voir le genre d'utilisation barbare de la force militaire contre des civils innocents dans un pays souverain, a commenté la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, lors d'une conférence de presse.

Il y a peu de choses plus immorales que de viser des [personnes] vulnérables et sans défense, a écrit pour sa part le premier ministre britannique Boris Johnson sur Twitter.

Le Royaume-Uni étudie [des moyens d'offrir] plus de soutien à l'Ukraine pour se défendre contre des frappes aériennes et Poutine sera tenu responsable de ses crimes épouvantables, a-t-il ajouté.

Le président Zelensky réclame depuis plusieurs jours à l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) d'imposer une zone d'exclusion aérienne dans le ciel ukrainien pour empêcher des frappes aériennes russes.

Jusqu'ici, les membres de l'alliance militaire ont rejeté cette demande, en faisant valoir qu'une telle approche les entraînerait dans une confrontation directe avec Moscou.

Chargement de l’image

Des colonnes de fumée sont visibles mercredi au-dessus de la ville de Marioupol, assiégée par l'armée russe depuis plusieurs jours.

Photo : La Presse canadienne / AP/Evgeniy Maloletka

Marioupol revêt une grande importance stratégique en raison de sa proximité avec la Crimée annexée et le Donbass, où se trouvent les troupes séparatistes prorusses. Si elle devait tomber aux mains de Moscou, elle lui offrirait une continuité territoriale sur toute la côte de la mer d'Azov.

La ville, qui comptait près de 450 000 habitants avant le début du conflit, est assiégée depuis plusieurs jours et les résidents vivent dans des conditions extrêmement précaires selon les autorités locales.

Au moins 1170 personnes ont été tuées, et 47 ont été enterrées dans une fosse commune aujourd'hui, a commenté le maire adjoint de Marioupol, Sergueï Orlov, dans une publication de l'agence de communication officielle du gouvernement ukrainien. Ces chiffres ne peuvent être vérifiés de façon indépendante.

« Les gens n'ont pas d'eau, de chauffage, d'électricité, de gaz. Les résidents font fondre de la neige pour boire. »

— Une citation de  Sergueï Orlov, maire adjoint de Marioupol

Plusieurs efforts pour évacuer les civils de la ville ont échoué au cours des derniers jours. Selon le ministre des Affaires étrangères de l'Ukraine, Dmytro Kouleba, une nouvelle tentative pour y parvenir jeudi s'est soldée par un échec.

La Russie continue de tenir en otages 400 000 personnes à Marioupol et bloque l'aide humanitaire et les évacuations, et les bombardements aveugles se poursuivent, a-t-il écrit sur Twitter, avant que le bombardement de l'hôpital ne se produise.

Notre dossier Guerre en Ukraine
Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !