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35 000 Ukrainiens ont été évacués, dit le président Zelensky

Un homme pousse une femme couchée dans une brouette.

Un homme qui tente de fuir Irpin, en banlieue de Kiev, pousse une femme dans une brouette.

Photo : Reuters / Pigiste

Radio-Canada

Environ 35 000 civils ont enfin pu fuir, mercredi, par des couloirs humanitaires dans trois secteurs assiégés par la Russie, a indiqué le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Mais ailleurs, les cessez-le-feu localisés prévus ont de nouveau peiné à se concrétiser, notamment à Marioupol, dans le sud du pays, où la situation est particulièrement difficile.

Selon le président Zelenzky, les civils évacués ont emprunté les couloirs humanitaires partant de Soumy, d'Enerhodar et de banlieues de Kiev.

Fruit d'un accord conclu entre Kiev et Moscou, la mise en place de six voies de passage sécuritaires, pendant 12 heures consécutives – entre 9 h et 21 h, heure locale (2 h à 14 h, HNE) –, avait été annoncée en début de journée par la vice-première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk. Celle-ci avait exhorté les Russes à respecter cette fois-ci leur engagement quant aux cessez-le-feu locaux.

Situés dans l'est de l'Ukraine, cinq des couloirs humanitaires prévus devaient rallier Marioupol et Zaporijia, Enerhodar et Zaporijia, Soumy et Poltava, Izioum et Lozova, Volonovakha et Pokrovsk. Le sixième visait à permettre aux habitants d'un ensemble de villes voisines de Kiev, soit Vorzel, Borodianka, Boutcha, Irpin et Gostomel, de rejoindre la capitale, dans le nord du pays.

Plus tôt, l'agence de presse ukrainienne Interfax, citant un proche collaborateur du président Zelensky, avait évoqué un total de 43 000 civils évacués jusqu'ici.

Dans une allocution télévisée diffusée en soirée, le dirigeant ukrainien a par ailleurs annoncé que les autorités planifiaient à nouveau la mise en place de six couloirs humanitaires.

Les efforts, a-t-il indiqué, se concentreront sur Marioupol et Izioum, massivement bombardés par les troupes russes.

Quelques personnes dans les décombres de maisons détruites.

Des résidents de Soumy font des recherches dans les décombres de maisons bombardées par l'armée russe.

Photo : Reuters / ANDREY MOZGOVOY

Pendant la journée, le gouverneur de la région de Soumy, une ville lourdement endommagée par l'offensive russe, avait expliqué que la priorité était donnée aux femmes enceintes ou accompagnées d'enfants et aux personnes âgées ou handicapées.

Mardi, le couloir humanitaire a permis à quelque 5000 personnes de quitter la ville. C'était la première fois qu'un tel couloir permettait d'évacuer des civils d'une zone de combat depuis le début de la guerre.

En après-midi, le New York Times a par ailleurs décrit la scène chaotique de l'exode forcé de civils tentant de fuir les quartiers en périphérie de Kiev.

De là, les personnes évacuées prévoyaient monter dans des trains à destination de régions de l'ouest du pays qui ne sont pas la cible d'attaques russes.

Une femme, les yeux fermés, porte ses mains à son visage.

Une femme ferme les yeux et semble pleurer alors que des proches traversent un pont endommagé et quittent la ville d’Irpin, située au nord-ouest de la capitale Kiev.

Photo : AFP / SERGEI SUPINSKY

Marioupol toujours assiégé

À Marioupol, ville portuaire du sud-est qui devait elle aussi en principe bénéficier d'un cessez-le-feu local pour permettre à ses habitants de fuir, la situation est particulièrement catastrophique. Assiégée par les Russes depuis plusieurs jours, la ville voit ses résidents privés d'eau, d'électricité et de chauffage.

Aucun civil ne peut encore sortir, a affirmé le ministre des Affaires étrangères de l'Ukraine, Dmytro Kouleba, avant un bombardement russe ayant complètement détruit un hôpital pédiatrique de la ville.

La Russie continue de tenir en otages 400 000 personnes à Marioupol et bloque l'aide humanitaire et les évacuations. Les bombardements aveugles se poursuivent, a-t-il déploré sur Twitter. Près de 3000 nouveau-nés manquent de médicaments et de nourriture, a-t-il ajouté.

Marioupol revêt une grande importance stratégique en raison de sa proximité avec la Crimée annexée et le Donbass, où se trouvent les troupes séparatistes prorusses. Si la ville devait tomber aux mains de Moscou, elle lui offrirait une continuité territoriale sur toute la côte de la mer d'Azov.

Plus au nord, le gouverneur de la région de Kharkiv a soutenu que le couloir devant lier Izioum à Lozova n'était pas sécurisé et n'était donc pas utilisé. Des bus attendent à l'entrée d'Izioum, a-t-il dit, précisant en cours de journée que des pourparlers avec les Russes et la Croix-Rouge étaient en cours.

En conférence de presse, le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, a par ailleurs exhorté Moscou à permettre immédiatement aux civils ukrainiens de quitter en toute sécurité les villes et villages d'Ukraine assiégés par les forces russes.

Ces derniers jours, la Russie a rejeté la responsabilité des échecs des tentatives de mise en place de couloirs humanitaires, blâmant plutôt l'Ukraine et démentant prendre des civils pour cibles.

Selon les Nations unies, de 2,1 à 2,2 millions de personnes ont fui l'Ukraine depuis le début de la guerre. Près de la moitié sont des enfants, déplore l'UNICEF.

Les morts s'accumulent

Sur le terrain, l'armée russe ne semble pas progresser de façon significative, mais plusieurs villes ukrainiennes continuent d'être la cible d'attaques.

À Severodonetsk, dans l'est du pays, 10 personnes sont mortes dans des bombardements sur des habitations, selon le responsable de la région administrative de Louhansk.

Et dans la région de Jytomyr, à l'ouest de Kiev, neuf personnes sont mortes dans des frappes aériennes.

Dans la capitale, où les sirènes ont retenti quatre fois dans la nuit, les musiciens de l'Orchestre symphonique de Kiev, dirigés par le maestro Guerman Makarenko, ont donné sur la place Maïdan un concert retransmis en direct à la télévision publique.

Alors que la neige commençait à tomber, ils ont joué l'hymne national ukrainien et l'Ode à la joie de Beethoven, l'hymne européen, selon un journaliste de l'AFP.

Avec les informations de Associated Press, Reuters, Agence France-Presse, BBC, et New York Times

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