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Envoyé spécial

Lviv, une ville refuge à bout de souffle

Fuyant les affres de la guerre, des processions de réfugiés ukrainiens en route vers la Pologne passent par Lviv, où la solidarité agissante des bénévoles côtoie le désarroi de milliers de familles.

Deux femmes sont debout dans un salle convertie en dortoir.

Un monastère situé dans la ville de Lviv accueille les réfugiés qui fuient l'Ukraine en raison de l'invasion russe.

Photo : Reuters / PAVLO PALAMARCHUK

C’est un jour de la marmotte cauchemardesque. Des milliers de personnes envahissent la petite gare. Les réfugiés ne cessent d’arriver.

Malgré tous les élans de solidarité citoyenne, Lviv, centre névralgique de l’ouest de l’Ukraine, est dépassée.

Plus de 200 000 réfugiés y vivent temporairement et 50 000 y transitent chaque jour en direction de la Pologne ou d'autres pays. Le maire de Lviv lance un avertissement : sa municipalité, à bout de souffle, peut difficilement en faire plus.

Nous avons fui Kiev après avoir vécu quelques jours dans un abri, dit une mère de famille désemparée devant la gare. Nous voulons simplement que nos enfants puissent avoir une meilleure vie.

Dans une partie du stade de football Arena Lviv, transformé en centre d’accueil, Sasha attend d’avoir un lit. Elle n’a quitté son domicile de Kiev que pour protéger sa fille de quatre ans Lisa, déjà capable d’identifier le calibre des différentes munitions à son âge.

Je n’en reviens pas de l’accueil ici. Je ne remercierai jamais assez mes bons samaritains. Ils nous ont fourni un toit, un matelas et des vêtements.

Au stade, les réfugiés sont effectivement logés, nourris et habillés temporairement. On les avertit qu’ils peuvent rester sur place quelques jours, mais que le refuge ne doit pas être une solution permanente pour eux, qu’ils doivent trouver un endroit où aller.

Un des responsables, Daniel, est prêt à en faire davantage. Il a le cœur brisé chaque fois qu’il voit de jeunes enfants.

Il y a deux jours, j’ai emmené une femme et son bébé d’un mois et demi chez ma mère, dit-il. Ce ne sont pas des conditions pour un bambin ici. Il n’y a même pas de douche. Un bébé a besoin d’hygiène.

Une femme tient son bébé dans ses bras en descendant du train.

Des civils provenant de la partie est de l'Ukraine descendent du train à la gare de Lviv, située près de la frontière avec la Pologne.

Photo : Getty Images / YURIY DYACHYSHYN

À l’autre bout de la ville, des réfugiés arrivent à l’église Jean-Paul 2 de Lviv. Là, ils pourront rester aussi longtemps qu’ils le désirent.

Dans sa chambre qu’elle partage depuis deux nuits avec six autres membres de sa famille, Ania veille sur son Makar qui n’a que deux mois.

J’ai vu une quinzaine d’édifices effondrés près de chez moi, dans la grande région de Kiev. Je voudrais traverser la frontière en Pologne et me rendre avec toute la famille en Lituanie, loin de l’enfer que j’ai vécu.

Ania espère pouvoir retrouver bientôt son mari, combattant. Même si elle est épuisée, elle essaie de garder l'espoir et le sourire.

Pour ce flot incessant et croissant de réfugiés ukrainiens, c’est tout ce qu’il leur reste. L’espoir. Aussi minime soit-il par moment, ils doivent s’y accrocher.

Notre     dossier Guerre en Ukraine

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