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Analyse

Vers une hausse record des tarifs d’électricité?

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La majoration à venir promet d'être importante, le gouvernement Legault ayant décidé d’arrimer les hausses de tarifs à l’inflation.

Photo : Radio-Canada

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Après une hausse de 2,6 % des tarifs d’Hydro-Québec le 1er avril prochain, les ménages québécois vont recevoir une facture d’électricité encore plus salée pour la prochaine année. Cette hausse, qui pourrait être une majoration record, serait attribuable, dans les faits, au choix du gouvernement Legault d’arrimer les hausses des tarifs à l’inflation.

Résumons : la Loi visant à simplifier le processus d’établissement des tarifs de distribution d’électricité, adoptée en 2019, prévoyait un gel des tarifs en 2020 et un ajustement en fonction de l’inflation en 2021, 2022, 2023 et 2024.

Le calcul de l’inflation, sur laquelle s’appuie la hausse tarifaire dorénavant, c’est celui de la variation de l’indice moyen des prix à la consommation au Québec entre le 30 septembre d’une année et le 30 septembre de l’année suivante, en excluant les boissons alcoolisées, et les produits du tabac et du cannabis récréatif.

Ainsi, la hausse tarifaire du 1er avril 2022 s’appuie sur la variation de l’indice moyen entre le 30 septembre 2020 et le 30 septembre 2021 par rapport à l’indice moyen de la période se situant entre le 30 septembre 2019 et le 30 septembre 2020. Vous comprenez le principe : on fera le même exercice pour le changement tarifaire qui va s’appliquer le 1er avril 2023.

Une hausse de plus de 5 %?

Nous avons, pour l’instant, les données sur l’inflation pour les mois d’octobre, novembre, décembre et janvier. Au cours de ces quatre mois, l’indice des prix à la consommation, en excluant les boissons alcoolisées, et les produits du tabac et du cannabis récréatif, est de 5,1 % par rapport aux mêmes mois lors de l’exercice précédent. 

Si ce rythme se maintenait d’ici septembre 2022, la hausse tarifaire d’électricité le 1er avril 2023 approcherait le niveau de croissance exceptionnel que nous avons connu en 2005, à 5,3 %.

Cela dit, il faut s’attendre à une accélération et non pas une décélération de l’inflation. Le prix du pétrole est en hausse de 70 % depuis le début de l’année, le prix de l’essence est à 2 $ le litre. Les prix records de produits de base et des denrées agricoles vont alimenter une hausse des prix des aliments et d’autres matériaux. C’est un véritable choc inflationniste qui semble s’annoncer avec les effets de la guerre en Ukraine et des sanctions contre la Russie.

Les économistes révisent ces jours-ci leurs prévisions d’inflation et s’attendent maintenant à ce que le niveau de l’indice d’ensemble des prix à la consommation monte au Canada pour atteindre 6, 7 ou peut-être même 8 %.

En supposant que l’inflation monte à 6 % en mars, avril, mai et juin, et qu’elle revienne à 5 % en juillet, août et septembre, on arriverait à un calcul de hausse tarifaire plus élevée, à 5,4 %. En imaginant un taux d’inflation à 7 % durant les mêmes quatre mois cités, on serait à 5,7 %. Et avec un taux d’inflation à 8 %, la hausse tarifaire dépasserait les 6 %.

Il est impossible de vous dire que ces scénarios vont se réaliser. Cependant, la situation actuelle nous oblige à imaginer que la hausse du taux d’inflation pourrait être plus importante dans les prochains mois, ce qui aura un impact direct sur la hausse tarifaire d’Hydro-Québec.

Un choix du gouvernement Legault

Il est raisonnable, à ce point-ci, de prévoir que la hausse des tarifs d’électricité d’Hydro-Québec pourrait dépasser les 5 % le 1er avril 2023. Nous ne pouvons, bien sûr, pas l’affirmer avec certitude. Mais, si la tendance se maintient, comme dirait Bernard Derome, la hausse des tarifs pourrait atteindre un sommet en plus de 15 ans, peut-être même un sommet historique.

Si le gouvernement du Québec n’avait pas modifié la loi pour accoler les tarifs d’électricité à l’inflation, il est probable que la hausse n’aurait pas été aussi élevée. Le calcul aurait continué de se faire en fonction de la croissance des coûts d’Hydro-Québec et non pas en s’appuyant sur une mesure arbitraire comme l’inflation lors d’une période donnée. 

En ces temps de choc inflationniste, Québec devrait-il revoir sa réforme qui, dès le départ, soulevait de sérieuses inquiétudes quant à son impact réel dans le quotidien des Québécois? Le gouvernement affirmait que sa réforme allait apporter de la prévisibilité pour les Québécois. Pour l’instant, c’est surtout un choc tarifaire qui les attend. 

Parions que cet enjeu sera abordé dans le budget que le ministre des Finances, Eric Girard, va déposer le 22 mars… à six mois des élections.

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