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L’Alberta veut ressusciter le projet Keystone XL

Les tuyaux d'un oléoduc, empilés les uns sur les autres.

Le président Joe Biden a révoqué le permis du projet Keystone XL en janvier 2021.

Photo : Getty Images / Andrew Burton

Face aux défis d'approvisionnement liés à la guerre en Ukraine, le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, croit que les États-Unis devraient revenir à la table des discussions pour autoriser le projet de pipeline Keystone XL et accroître les exportations de pétrole canadien au sud de la frontière.

Si le président Biden n’avait pas mis son veto au projet, celui-ci serait terminé cette année. Ainsi, 840 000 barils de pétrole démocratique auraient pu remplacer les quelque 600 000 barils de pétrole russe, a affirmé M. Kenney en conférence de presse lundi.

Dans une de ses toutes premières décisions à son arrivée à la présidence, Joe Biden a révoqué le permis présidentiel de la compagnie TC Énergie. L’entreprise a tiré un trait sur le projet en juin 2021.

Depuis l’invasion russe en Ukraine et l’interdiction des importations de pétrole russe aux États-Unis, de nombreux élus républicains réitèrent leur appel à relancer le projet de pipeline.

M. Kenney s’est insurgé contre les discussions que les États-Unis ont avec l’Iran et le Venezuela pour assurer son approvisionnement en pétrole. Rien de tout cela n’a de sens, a-t-il déclaré.

Selon le premier ministre, si les États-Unis donnent leur feu vert, le projet Keystone XL pourrait être terminé en un an, étant donné que de nombreux travaux de construction sont déjà bien avancés.

Une carte du Canada et des États-Unis. Une ligne verte relie Hardisty, en Alberta, à Steele City, au Nebraska. Une ligne noire relie quant à elle Hardisty à Houston et Port Arthur au Texas.

En vert, le tracé du nouveau pipeline Keystone XL proposé qui aurait relié l'Alberta au golfe du Mexique, et en gris, le tracé du pipeline existant.

Photo : Radio-Canada

En déplacement au Sommet sur le pétrole CERAweek, à Houston, au Texas, la ministre albertaine de l’Énergie, Sonya Savage, a également souligné qu’il n’était pas trop tard pour le projet.

Nous sommes dans une situation où les États-Unis ont le choix entre des barils russes ou vénézuéliens. Ils auraient pu avoir des barils canadiens. C’est frustrant, mais il n’est pas trop tard. Nous pouvons avoir une discussion équilibrée sur la sécurité énergétique, a-t-elle déclaré en entrevue.

De son côté, Ian Cameron, directeur de cabinet du Bureau du ministre des Ressources naturelles du Canada, indique que les pipelines d'exportation canadiens déjà existants fonctionnent presque au maximum de leur capacité.

À court terme, la capacité de transport de pétrole brut canadien supplémentaire vers les marchés de raffinage américains de la côte du Golfe, où ils importent actuellement du brut russe, est limitée, dit-t-il dans un courriel.

Réponse timide

Dans une réponse par courriel, l’entreprise TC Énergie a évité les questions sur son désir de relancer le projet. [Le pipeline existant Keystone] a permis de livrer 3,3 milliards de barils de pétrole depuis 2010. Il continuera de fournir une source stable, sure et unique d’énergie pour répondre aux besoins américains, a indiqué l’entreprise.

Du côté de la Maison-Blanche, la porte-parole Jen Psaki a dit lundi que le pipeline Keystone XL n’améliorerait pas la situation actuelle. Dans son discours mardi, le président américain Joe Biden a plutôt insisté sur l’importance d’une transition accélérée vers des énergies vertes.

Le président Biden en point de presse.

Le président américain Joe Biden a affirmé par le passé que le projet de pipeline ne cadrait pas avec ses mesures de lutte contre les changements climatiques.

Photo : Reuters / LEAH MILLIS

L’ancien cadre de TC Énergie Dennis McConaghy estime que les chances d’une relance du projet Keystone XL sont plutôt faibles, non pas d’un point de vue technique, mais politique.

La logique économique est toujours aussi solide. Le raisonnement en matière de sécurité énergétique est toujours aussi solide, mais le projet va à l’encontre de leur ambition climatique, indique-t-il.

D’autres solutions possibles

De manière plus immédiate, Jason Kenney pense que les pipelines ont encore assez de capacité pour permettre l’exportation d’une quantité plus importante de pétrole. Du bitume pourrait aussi être transporté par train, même s’il s’agit d’une méthode plus chère.

En 2022, il y aura des productions records et, donc, des volumes records de cargaison, a prédit Jason Kenney lundi.

M. McConaghy envisage la même hausse de production. Il estime toutefois qu’à l’échelle internationale la croissance de l’exploitation canadienne sera modeste et insuffisante pour combler les besoins américains. Des pays comme l’Iran ou le Venezuela peuvent beaucoup plus facilement augmenter leurs exportations.

Cependant, il pense que le moment est propice à une discussion sur l’avenir énergétique du Canada et à un investissement accru dans la production d’hydrocarbures comme le gaz naturel liquide.

Avec des informations de Kyle Bakx

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