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Les États-Unis interdisent les importations de pétrole russe

Le Royaume-Uni prévoit de son côté cesser d'importer du pétrole russe d'ici la fin de l'année.

Joe Biden parle en conférence de presse.

Joe Biden, président des États-Unis, annonce une interdiction sur les importations de pétrole, de gaz et de charbon russes, à la Maison-Blanche, le 8 mars 2022.

Photo : Reuters / Kevin Lamarque

Radio-Canada

Le président Joe Biden met un frein aux importations de pétrole, de gaz et de charbon russes aux États-Unis afin de « porter un coup puissant » à la campagne militaire de Vladimir Poutine en Ukraine.

Cette décision a été prise en coordination étroite avec les alliés des États-Unis, a précisé le président américain lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche. Il a affirmé que l'invasion de l'Ukraine par la Russie était un rappel de l'importance d'être autosuffisant en matière d'énergie.

Nous ne contribuerons pas à subventionner la guerre de Poutine, a martelé Joe Biden, concédant que les États-Unis sont exportateurs nets d'énergie, c'est-à-dire qu'ils produisent plus de pétrole et de gaz qu'ils n'en consomment.

Il a du même coup reconnu que certains alliés européens ne peuvent agir aussi promptement que les États-Unis, étant donné leur importante dépendance aux énergies russes.

Le pétrole russe ne représente que 8 % des importations américaines et 4 % de la consommation de produits pétroliers aux États-Unis, qui n'importent pas de gaz russe.

« Nous pouvons prendre cette décision, alors que d'autres ne le peuvent pas. »

— Une citation de  Joe Biden, président des États-Unis

Mais nous travaillons étroitement avec l'Europe et nos partenaires pour mettre en place une stratégie à long terme afin de réduire leur dépendance vis-à-vis de l'énergie russe, a assuré le chef de l'État américain.

Nous restons unis dans notre intention de maintenir une pression croissante sur Poutine et sa machine de guerre, a-t-il ajouté.

Retour sur l'annonce du président américain Joe Biden qui vient d'interdire toutes les importations de pétrole russe aux États-Unis. On en discute avec Patrick Leblond, professeur à l'École supérieure d'affaires publiques et internationales de l'Université d'Ottawa.

Joe Biden a par ailleurs reconnu que cette annonce allait vraisemblablement faire augmenter encore davantage le prix de l'essence aux États-Unis, qui atteint déjà des sommets depuis 2008.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai, le plus échangé à Londres, a clôturé mardi en hausse de 3,87 %, à 127,98 $ US.

À New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI) avec échéance en avril a terminé en progression de 3,60 %, à 123,70 $ US.

L'Europe veut se sevrer

Sans aller aussi loin que les États-Unis, l'Europe, dont environ 30 % des besoins en pétrole et 40 % des besoins en gaz sont comblés par la Russie, a tout de même procédé à certaines annonces mardi.

Le Royaume-Uni a indiqué qu'il allait cesser d'importer du pétrole russe d'ici la fin de l'année, le temps de permettre au marché mondial de s'adapter et d'éviter les achats motivés par la panique au sein de la population anglaise. Pour l'heure, des discussions ont lieu concernant le gaz, mais aucune annonce n'est prévue.

Quant à la Commission européenne, elle a annoncé mardi qu'elle comptait couper des deux tiers sa consommation de gaz russe d'ici la fin de l'année. Elle compte aussi s'en sevrer complètement bien avant 2030.

La Commission compte réaliser ces deux objectifs grâce à d'autres sources d'approvisionnement et à l'accélération de la transition vers les énergies vertes, ce qui incombera largement aux gouvernements nationaux.

La Russie est le deuxième producteur de pétrole et de charbon du monde, après les États-Unis. La Russie n'est pas un producteur dont les extractions peuvent être aisément compensées par d'autres, a ainsi concédé Giovanni Staunovo, analyste chez UBS, une société de services financiers.

De son côté, le géant pétrolier britannique Shell a annoncé mardi qu'il allait se retirer « graduellement » du pétrole et du gaz russes.

Nord Stream 2 est mort, selon Washington

Par ailleurs, les États-Unis ont estimé mardi que le gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie et l'Allemagne est mort et ne pourra pas être ressuscité. Ce gazoduc, dont les travaux ont été achevés en septembre 2021, a été suspendu par Berlin et sanctionné par Washington après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Je pense que Nord Stream 2 est maintenant mort, c'est un gros morceau de métal au fond de la mer, et je ne pense pas qu'il puisse être ressuscité, a dit la numéro trois de la diplomatie américaine, Victoria Nuland, lors d'une audition parlementaire.

Les États-Unis étaient opposés de longue date à ce gazoduc cher à l'Allemagne et à la Russie, car ils estimaient qu'il renforçait la capacité de Moscou d'utiliser l'approvisionnement énergétique à l'Europe comme une arme géopolitique.

Avec les informations de Reuters, Politico, et Agence France-Presse

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