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« Je n’accepte pas l’échec en ce qui concerne la situation en Ukraine », affirme Bob Rae

« Ce serait bien de fermer l'espace aérien ukrainien, mais il faut être conscient des conséquences pour l'OTAN. »

Bob Rae.

Bob Rae a été le premier ministre de l'Ontario sous la bannière du NPD de 1990 à 1995.

Photo : Radio-Canada

Drapé d'un foulard aux couleurs de l'Ukraine, l'ambassadeur canadien aux Nations unies, Bob Rae, applaudit le vote historique de l'Assemblée générale et espère que les pressions internationales vont rapidement mener à un cessez-le-feu en Ukraine.

À l'Assemblée générale de l'ONU, 141 pays membres ont voté en faveur d'une résolution qui exige la fin de l'opération militaire russe en Ukraine, qui réclame un cessez-le-feu immédiat et qui condamne la Russie pour avoir mis ses forces nucléaires en état d'alerte.

Bob Rae s'est entretenu avec notre correspondante à Washington, Azeb Wolde-Giorghis, tout de suite après le vote.


Azeb Wolde-Giorghis : Que signifie ce vote pour vous, M. Rae?

Bob Rae : C'est un vote très fort et il faut que cette résolution soit suivie de mesures concrètes. Seulement cinq pays ont rejeté la résolution : la Russie et quatre autres. Ce vote représente l'opinion publique du monde. Même ceux qui se sont abstenus sont d'accord avec le principe d'un cessez-le-feu immédiat. Si vous écoutez les raisons pour lesquelles certains pays se sont abstenus, c'est pour laisser la porte ouverte à la Russie et pour tenter de jouer un rôle de médiation.


Azeb Wolde-Giorghis : C'est un vote très fort, certes, mais il demeure symbolique, il n'est pas légalement contraignant, n'est-ce pas?

Bob Rae : Pas tout à fait : il représente l'opinion de l'Assemblée générale, il a été référé par le Conseil de sécurité et il constitue quelque chose d'important quant à la façon dont nous pouvons intervenir et quant à nos efforts de médiation. Naturellement, nous, Canadiens, allons poursuivre les sanctions, nous allons continuer à fournir de l'aide et de l'assistance au gouvernement ukrainien. Ce n'est pas seulement un symbole : ça représente un progrès significatif dans les discussions que nous avons.


Azeb Wolde-Giorghis : Vous parliez plus tôt de poursuivre cette résolution avec des mesures concrètes, lesquelles?

Bob Rae : Tout d'abord, des sanctions plus fortes, ça viendra avec nos partenaires. Ça doit continuer : il faut exercer la pression nécessaire sur la Russie. Il faut également continuer le travail à la Cour pénale internationale, à La Haye. Beaucoup de pays sont d'accord avec notre approche. Il faut maintenir l'assistance humanitaire à tous ceux qui sont affectés par cette crise. L'urgence absolue, c'est que M. Poutine arrête ses attaques : c'est ça, l'essentiel. C'est une agression sans provocation dirigée contre toute la population civile de l'Ukraine; il n'y a pas de justification et les Russes le savent très bien. Avec les sanctions, ils vont se rendre compte à quel point ils sont isolés.


Azeb Wolde-Giorghis : Les Ukrainiens réclament la fermeture de l'espace aérien pour empêcher les bombardements russes. Le président Zelensky s'est même adressé au Sénat américain pour exiger l'institution une zone d'exclusion aérienne.

Bob Rae : Ce serait une bonne idée, oui, ce serait un objectif très fort, parce que ça mettrait fin aux attaques aériennes. Le problème que nous avons, c'est que, franchement, ça exige une décision de l'OTAN au grand complet. Cette décision aurait des répercussions sur les relations entre la Russie et l'OTAN. Je ne dis pas que ça ne devrait jamais arriver : c'est une décision non seulement du Canada et des États-Unis mais de toute l'OTAN. Cela entraînerait des conséquences certaines et il faut qu'on soit conscient de ça.


Confiance dans la diplomatie

Azeb Wolde-Giorghis : Croyez-vous encore à une solution diplomatique?

Bob Rae : Oui, la porte diplomatique est toujours ouverte. J'ai discuté avec l'ambassadeur de la Chine pour l'encourager à parler aux Russes pour qu'on arrive à une solution. Il y a des pourparlers au Bélarus, la porte diplomatique est toujours ouverte. Nous reconnaissons tous que la paix est nécessaire. Avec un certain degré de flexibilité, les solutions sont toujours possibles. Malheureusement, il faut reconnaître qu'en écoutant M. Poutine, on n'a pas l'impression qu'il est prêt à faire des concessions.


Azeb Wolde-Giorghis : Vous avez parlé de sanctions plus fortes : quelles seraient-elles?

Bob Rae : Ce n'est pas à moi de le dire : je répète tout simplement ce que Mme Freeland [la vice-première ministre du Canada, NDLR] a dit. Toutes les sanctions possibles sont sur la table, mais il y a encore la nécessité de travailler avec les autres pays, d'avoir une approche commune avec eux. Il faut que tous les pays se coordonnent de façon intelligente pour imposer les sanctions. Ces sanctions ont déjà eu un effet beaucoup plus fort que ce que prévoyait M. Poutine.


Azeb Wolde-Giorghis : L'ambassadrice américaine aux Nations unies, Linda Thomas Greenfield, a dit que c'est la mission même des Nations unies de trouver des solutions diplomatiques pour préserver ou rétablir la paix. Si l'ONU échouait, cela remettrait-il en question sa raison d'être?

Bob Rae: Je n'accepte jamais l'échec comme seul résultat de tous nos efforts, parce que les conséquences d'un échec... C'est notre devoir de continuer, il ne faut pas abandonner.


Azeb Wolde-Giorghis : Comment envisagez-vous une sortie de crise?

Bob Rae: Nous allons tout faire pour qu'il y ait un cessez-le-feu. C'est le premier objectif, il faut tout faire pour y parvenir.

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